Investissement dans le secteur du palmier : Le bilan détaillé du contrat-programme du palmier dattier 2010-2020

Investissement dans le secteur du palmier : Le bilan détaillé du contrat-programme  du palmier dattier 2010-2020

Ce contrat-programme qui a été signé en 2010 entre le gouvernement et l’interprofession a été pensé pour accompagner le programme de plantation de 3 millions de palmiers dattiers. L’objectif étant de développer les différentes chaînes de valeur de la filière palmier dattier à l’horizon 2020 avec un investissement de base global de 7,6 milliards de dirhams.

Une production record de 143.000 tonnes est prévue pour la campagne 2019-2020 et l’objectif de plantation des 3 millions de pieds de palmiers sera atteint fin 2019, c’est-à-dire un an avant l’échéance fixée par le contrat-programme. C’est ce qu’a annoncé le département de l’agriculture lors du Salon international des dattes qui s’est tenu à Erfoud du 24 au 27 octobre 2019. Parallèlement, le bilan détaillé de ce contrat programme a été dévoilé lors du 8ème Forum sur l’investissement dans le secteur du palmier dattier qui s’est déroulé dans la matinée du 25 octobre 2019 en présence des représentants du département de l’agriculture, des cadres du Crédit Agricole du Maroc et des experts dans le secteur.

Ce contrat-programme qui a été signé en 2010 entre le gouvernement et l’interprofession a été pensé pour accompagner le programme de plantation de 3 millions de palmiers dattiers. L’objectif étant de développer les différentes chaînes de valeur de la filière palmier dattier à l’horizon 2020 avec un investissement de base global de 7,6 milliards de dirhams. Selon les statistiques dévoilées lors de ce forum, il est donc prévu d’atteindre 3,068 millions de pieds de palmiers dattiers à fin 2019.

La valorisation des produits du secteur phoenicicole et les initiatives d’investissement entreprises dans ce cadre en appui aux agriculteurs ont permis de réaliser certaines avancées. En effet, durant la période 2010-2018, la production des bourgeons végétatifs par variété se répartit comme suit : 38% pour «Najda», 32% pour «boufeggouss», 23% pour «Mejhoul», 4% pour «Bouskri» et 3% pour les diverses autres variétés. Des efforts ont été déployés pour renforcer les capacités nationales de production de bourgeons végétatifs et augmenter la production des différentes souches de dattes, à travers par exemple la création par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) d’un laboratoire à Errachidia d’une capacité de 40.000 bourgeons et le doter d’un séquenceur.

L’objectif fixé a également été de multiplier la capacité de production du laboratoire de Marrakech pour atteindre 20.000 bourgeons végétatifs, sachant que le nombre total de bourgeons produits par l’Institut national de la recherche agronomique durant la période 2010-2018 a atteint 283.000 unités. Pour ce qui est des capacités nationales de production de plant obtenu en laboratoire «vitroplants», la tutelle a dévoilé que le nombre produit annuellement atteint désormais les 800.000 grâce à la mobilisation d’investissements importants et la création de cinq nouveaux laboratoires à El Jadida, Erfoud, Agadir, Meknès et Marrakech. Dans le même sens, on compte 427.000 «vitroplants» à ce jour au titre de la campagne agricole actuelle dont 65% sont de la variété «Mejhoul» et 25% de la variété «Boufeggouss». Jusque-là, 2,7 millions d’arbres de palmiers dattiers ont été plantés dont 78% sont des «vitroplants». Par ailleurs, 63% des du total des palmiers plantés sont dans les palmeraies traditionnelles et 37% sont situées dans les nouveaux espaces créés pour le développement de cette culture.

Dans le top 3, «Najda» arrive en première place avec 1,12 million de plantations, soit 40,6% du total des arbres palmiers plantés, suivi de «Boufeggouss» avec 887.192 arbres palmiers (soit 32,1%), puis du «Mejhoul» avec 572.333 palmiers dattier plantés (20,7%). Du côté de la création d’exploitations modernes en dehors des oasis traditionnelles, il s’avère qu’une assiette foncière de 28.400 ha de terrains adaptés à la culture du palmier a été mise à la disposition des investisseurs. Géographiquement, ces espaces se situent principalement dans les régions de Drâa-Tafilalet et Souss-Massa. Les investisseurs ont pu y planter 980.000 arbres de palmiers dattiers durant la période 2010-2018, ce qui représente 7.976 ha. En termes de construction et d’équipement des unités de valorisation des produits, il ressort que 48 unités sont mises en œuvre dont 29 sont créées par l’Etat et 19 par le privé. Pour ce qui est de la capacité de stockage, celle-ci peut atteindre 6.505 tonnes (dont 930 tonnes relèvent du privé).

Notons que dans l’ensemble, la filière du palmier dattier participe aujourd’hui à hauteur de 60% dans la formation du revenu agricole au sein des oasis et fournit 3,6 millions de journées de travail pour plus de 2 millions d’habitants. De plus, le patrimoine phœnicicole national connaît une évolution croissante de la surface cultivée, qui atteint 61.000 ha cette année, contre 48.000 ha en 2010. Ajoutons à cela que l’écosystème oasien bénéficie de l’activité phoenicicole, qui est aujourd’hui le principal pilier de son économie. Elle génère un chiffre d’affaires moyen annuel qui peut atteindre 2 milliards de dirhams et a procuré aux phoeniciculteurs une valeur ajoutée moyenne de 1,42 milliard de dirhams entre 2015 et 2018.

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