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Investissement étranger en instruments financiers : 207 milliards de dirhams en 2022

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L’analyse par nationalité fait ressortir une prédominance des investisseurs du Moyen Orient et de l’Europe.

Selon la récente publication de l’AMMC le montant des investissements des étrangers et des MRE ressort à un niveau proche de celui enregistré à fin 2021.

La part de l’investissement étranger en actions cotées a connu une nette rétractation en 2022 Un fléchissement de 25,3% a été relevé au titre dudit exercice soit des stocks de l’ordre de 156 milliards de dirhams contre 208,9 milliards de dirhams fin 2021.Une tendance relevée par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) dans son rapport sur l’investissement étranger en instruments financiers. «À périmètre et à prix constants par rapport à 2021, le montant des investissements des étrangers et des MRE aurait atteint 207 milliards de dirhams à fin 2022, UN niveau qui s’approche de celui enregistré à fin 2021 (209 milliards de dirhams)», peut-on relever dans ce sens. Et de préciser que durant les cinq dernières années, la part des investissements étrangers dans la capitalisation boursière a évolué en deux phases. Une stagnation a été observée sur la période allant de 2018 à 2020. Durant ce cap le taux de détention s’est maintenu selon l’AMMC, aux alentours de 33%. La deuxième phase couvre pour sa part la période allant de 2020 à 2022. Elle s’est caractérisée par des baisses de 2,2 % en 2021 et de 2,5% en 2022. «À fin 2022, la part des investissements étrangers dans la capitalisation s’est établie à 27,8%», précise l’AMMC dans sa publication. L’Autorité indique par ailleurs que près de la moitié des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca sont détenues à plus de 10 % par des étrangers.

Dans le détail,l’investissement étranger représente moins de 10% de la capitalisation boursière pour 42 sociétés. Cette part oscille entre 10 et 25% pour 8 sociétés au moment où pour 13 autres, l’investissement étranger représente une part comprise entre 25 et 50%. Il ressort par ailleurs que 8 sociétés ont une part du capital détenue par les étrangers entre 50 et 75% tandis que 5 ont une part du capital détenue par les étrangers de plus de 75%. L’AMMC relève aussi une prépondérance des participations stratégiques. Elles représentent en effet presque 92 % du total des montants investis, accusant ainsi un repli de 1% comparé au niveau atteint en 2021. «En pourcentage de la capitalisation boursière, le poids des participations stratégiques représente 25,5% contre 28,2% en 2021», précise l’AMMC dans son rapport. La répartition sectorielle des participations stratégiques place l’électricité en tête des branches et ce avec un taux de détention de près de 86%. Le secteur «Télécommunications» arrive en deuxième position avec un taux de détention de 53%, suivi des «boissons» (48%) et «Pétrole et gaz» (40%). Pour ce qui est des participations minoritaires, elles captent 2,3% de la capitalisation boursière globale en 2022 et ce en légère amélioration comparé à une année plus tôt (2,1%). Rapportée à la capitalisation flottante, la part minoritaire de l’investissement étranger représente 9% en 2022 contre 8,2% en 2021. A noter que le secteur «Distributeurs» enregistre le taux de détention des participations minoritaires par les étrangers le plus élevé, soit 9,5%, suivi par les secteurs «Matériels, Logiciels et Services informatiques», «Santé» et «Agroalimentaire et Production» avec des taux de détention respectifs de 7,7, 4,5 et 4%.

L’analyse par nationalité fait ressortir une prédominance des investisseurs du Moyen-Orient et de l’Europe. Ils représentent à eux seuls plus de 93% du total des investissements étrangers et 26% de la capitalisation boursière globale. Dans l’ensemble, la part de l’investissement provenant du Moyen-Orient dans l’investissement étranger global a connu une légère augmentation en 2022, passant de 49,9% en 2021 à 51% en 2022. Leur part dans la capitalisation boursière a légèrement diminué. Elle est passée de 15,1% en 2021 à 14,2% en 2022. En parallèle, la part de l’investissement européen dans l’investissement étranger global a connu une légère baisse, passant de 44,3% en 2021 à 42,5% en 2022. Leur part dans la capitalisation boursière a également diminué revenant à 11,8% en 2022 contre 13,4% en 2021. Les investissements provenant des autres régions du monde demeurent relativement faibles, ne représentant que 6,5% de l’investissement étranger et 1,8% de la capitalisation boursière en 2022. A souligner que la valeur des investissements du Moyen-Orient et de l’Europe a baissé de 26% par rapport à fin 2021, passant de 197 à 146 milliards à fin 2022. De même, la valeur des investissements de l’Afrique et de l’Asie a reculé de 20%, passant de 10 milliards de dirhams à fin 2021 à presque 8 milliards de dirhams à fin 2022. Se référant au rapport de l’AMMC, les effets de la fluctuation des prix et des stocks sur le montant des investissements étrangers varient en fonction de la zone géographique. A cet égard, l’encours des investissements du Moyen-Orient a reculé de 24,7 milliards de dirhams suite à la baisse des prix des actions détenues par les investisseurs originaires de cette zone géographique, dont 20,7 milliards sont imputables à la contre-performance enregistrée par Itissalat Al-Maghrib.

De même, l’encours des investissements européens a baissé de 26,3 milliards DH. «Cette dépréciation est expliquée majoritairement par la baisse des prix des actions détenues par les investisseurs originaires de cette zone géographique (17,1 milliards de dirhams) et dans une moindre mesure par la baisse de leurs participations dans le capital du Crédit du Maroc (4,2 milliards de dirhams), et la sortie de la cote de Centrale Danone et de Lydec (5 milliards de dirhams)», explique l’AMMC. En outre, la baisse de l’encours des investisseurs africains est estimée à 800 millions de dirhams. Aussi, l’encours de l’investissement de l’Asie a baissé de 1,1 milliard de dirhams et ce suite à la baisse des prix des actions détenues par les Asiatiques. Pour ce qui est de la contribution des investisseurs nord-américains, sud-américains et océaniens, elle est restée relativement faible, soit un encours total de 3,4 milliards de dirhams en 2022.
La répartition du montant de l’investissement par type d’investisseurs laisse apparaître une dominance des personnes morales étrangères non résidentes. En 2022, la part des investissements des personnes morales étrangères non résidentes s’est maintenue au même niveau que l’année dernière, soit 99% du total de l’investissement étranger en actions cotées. La proportion des autres catégories est restée quasiment inchangée.Par lieu de conservation, près de 99,99% de la capitalisation boursière est conservée auprès des teneurs de comptes marocains affiliés au Dépositaire Central Maroclear.

Légère amélioration des titres de créance détenus par les étrangers et MRE

Amélioration 
En ce qui concerne les titres de créance, l’encours détenu par les étrangers et les MRE s’est élevé à 3,9 milliards de dirhams contre 3,6 milliards de dirhams en 2021. L’investissement étranger représente uniquement 0,42% de l’encours global des titres de créance à fin 2022. Aussi, plus de 86% de l’encours appartient aux personnes morales étrangères non résidentes, suivies par les personnes physiques étrangères résidentes (5,6%). Parmi les constats relevés à ce niveau, on note une prépondérance de la part des bons du Trésor et ce à hauteur de 68% contre 78% en 2021. En valeur, l’investissement étranger a enregistré une légère diminution, passant de 2,78 milliards de dirhams en 2021 à 2,63 milliards de dirhams en 2022, et a porté sur des maturités allant de 91 jours à 30 ans. La part de l’investissement étranger en obligations s’est inscrite quant à elle en nette augmentation, passant de 8,7% en 2021 à 19,6% en 2022. En valeur, l’encours des obligations s’est élevé à 757 millions de dirhams à fin 2022 contre 310 millions de dirhams à fin 2021.