970x250

La Banque mondiale accorde un prêt de 500 millions de dollars au Maroc

La Banque mondiale  accorde un prêt de 500 millions de dollars au Maroc

Renforcement du capital humain, protection contre les risques sanitaires et gestion des risques climatiques

Le processus d’intégration des bénéficiaires du Ramed à l’AMO démarrera ce second semestre 2022, pour une intégration effective avant la fin de l’année.

Le Maroc et la Banque mondiale ont signé le 25 juillet à Rabat un accord de 500 millions de dollars représentant la première tranche du prêt consacré au renforcement du capital humain pour un Maroc résilient. Cet accord signé par Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès de la ministre de l’économie et des finances, chargé du budget, et Jesko Hentschel, directeur du Département Maghreb et Malte, Moyen-Orient et Afrique du Nord à la Banque mondiale, est destiné à améliorer la protection contre les risques sanitaires, les pertes de capital humain dans l’enfance et la pauvreté pendant la vieillesse. Il vise aussi à améliorer la gestion des risques climatiques et la résilience face aux événements catastrophiques. Ce financement s’articule autour de trois piliers. Le premier a trait aux mesures visant à renforcer les ressources physiques et humaines pour améliorer les services de santé offerts à tous les bénéficiaires.

Il s’agit d’inscrire jusqu’à 11 millions de travailleurs non salariés (TNS) et leurs personnes à charge et à intégrer jusqu’à 11 millions de personnes actuellement inscrites au Ramed dans l’AMO. Le second pilier comprend des mesures visant à mettre en œuvre le programme des allocations familiales et à élargir la couverture des régimes de retraite. Cette réforme comprend l’adoption de décrets et d’autres textes législatifs pour assurer une gouvernance, une identification et un ciblage appropriés de la réforme de la santé et de la protection sociale. Pour ce qui est du troisième pilier, il vise l’amélioration de la résilience aux catastrophes naturelles et aux risques climatiques. Pour cela, il sera procédé au renforcement du cadre institutionnel et de coordination pour la gestion des risques liés aux catastrophes et au climat, la création de comités de coordination réunissant les principales parties prenantes et l’amélioration des mécanismes de transfert des risques tels que l’assurance agricole.

L’intégration des Ramédistes à l’AMO démarrera ce second semestre

Le processus d’intégration des bénéficiaires du Ramed à l’AMO démarrera ce second semestre 2022, pour une intégration effective avant la fin de l’année, a indiqué M. Lekjaa à l’occasion de la signature de cet accord. Ce dernier a précisé que jusqu’à présent, 2 millions de personnes (et 8 millions si l’on ajoute leurs ayants droit) bénéficient de l’AMO, ce qui représente au total 70% de cette catégorie qui compte 11,17 millions d’individus. Le ministre a rappelé que le gouvernement a contribué activement à l’élaboration du cadre juridique avec l’adoption de 14 décrets grâce auxquels 11 millions de travailleurs non-salariés et leurs ayants droit vont pouvoir bénéficier de la couverture médicale et de l’AMO couvrant les frais de consultation médicale, de médication, d’hospitalisation et de soins. Dans l’objectif de poursuivre le déploiement rapide de la généralisation de la protection sociale, en l’occurrence la composante relative à la généralisation de l’AMO et des allocations familiales, plusieurs mesures sont envisagées.

Elles portent sur la poursuite du processus d’adoption et de mise en œuvre de l’arsenal juridique, notamment les décrets relatifs à l’AMO de différentes catégories de professionnels et travailleurs indépendants et personnes non-salariées exerçant une activité libérale, la loi n°65-00 portant code de la couverture médicale de base, la loi-cadre n°34-09 relative au système de santé et à l’offre de soins, le statut particulier des professionnels de santé et la loi relative au régime de la sécurité sociale. Le ministre a aussi signalé la mise à niveau de la gouvernance de la CNSS pour prendre en compte l’octroi de la gestion de la généralisation de l’AMO à cet organisme. Parmi les autres mesures importantes figure le lancement d’une réflexion pour définir le cadre de gouvernance et de gestion des autres composantes du système de protection sociale (allocations familiales, retraite et indemnité pour perte d’emploi) pour assurer une meilleure efficacité dans la gestion de ces régimes.

M. Lekjaa a aussi relevé la poursuite de la mise en place des réformes visant à adapter le système de santé aux risques de santé liés au changement climatique, à améliorer la qualité des soins, à moderniser les infrastructures sanitaires, à mettre davantage l’accent sur la médecine de famille et à renforcer les ressources humaines dans le domaine de la santé. Ces réformes de l’offre permettront une meilleure répartition des prestations de services de santé vers les collectivités territoriales et à accroître leur responsabilité. Enfin, le ministre a rappelé que le personnel de santé sera renforcé par la création d’un nouveau statut, différent du statut général de la fonction publique, et par l’autorisation pour les médecins étrangers d’exercer au Maroc. Les réformes comprendront également des incitations basées sur les performances pour les professionnels de la santé afin d’améliorer la qualité des soins.

Renforcer la résilience face au stress hydrique

Le changement climatique pose de nombreux défis au Maroc. Le pays est dans une situation de stress hydrique structurel et les niveaux de précipitations ont été de plus en plus irréguliers ces dernières années. Dans un communiqué publié le 20 juillet, la Banque mondiale signale qu’entre 1960 et 2020, les ressources hydriques renouvelables disponibles ont diminué, pour passer de 2.560 m3 à environ 620 m3 par personne et par an, entraînant le pays dans une situation de «stress hydrique structurel». Sur la même période, le Royaume a construit plus de 120 grands barrages, multipliant par dix la capacité de stockage de l’eau.

Le volume réel d’eau stocké dans les principaux barrages du pays a toutefois diminué pendant la majeure partie de la dernière décennie. «Et, lors de la dernière sécheresse, le taux de remplissage global n’était que d’environ 33%, menaçant la sécurité hydrique dans certains bassins hydrographiques et conduisant les autorités à adopter des mesures d’urgence», souligne la même source. Le Maroc continuera d’être confronté à des chocs climatiques comme les sécheresses, les inondations et les vagues de chaleur. Ce nouveau financement contribuera à accroître la résilience du Maroc face au climat.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.