La CGEM et l’IFC s’engagent pour l’employabilité des femmes

La CGEM et l’IFC s’engagent pour l’employabilité des femmes

Afin de créer un mouvement d’entreprises championnes de la diversité

2020 est l’année de toutes les disruptions. Au sein des entreprises, la pandémie Covid-19 pousse vers une véritable rupture avec l’organisation d’avant-coronavirus. Sur le plan social, les effets de cette crise n’ont pas été les mêmes pour tout le monde. Il s’avère que les femmes sont l’une des catégories qui ont été les plus touchées par les répercussions de cette pandémie. Partant de là, une meilleure diversité des genres dans le domaine professionnel permettrait de faire avancer les choses. Plus qu’une question d’équité, il s’agit d’une problématique sociale et économique. C’est dans ce sens que la CGEM et IFC – International Finance Corporation – organisent une série de webinaires sur la promotion de l’employabilité des femmes. Des recommandations seront issues de ces diverses rencontres pour aider les pouvoirs publics et les principaux acteurs à aller vers plus de diversité des genres dans le monde professionnel. Ainsi, le premier webinaire de cette série de e-conférences sur le thème «Voies stratégiques pour promouvoir la diversité des genres en entreprise» s’est tenu le 25 novembre 2020 avec la participation d’expert (e)s sur ce sujet. La finalité étant d’établir un bilan de la situation professionnelle des femmes au Maroc et échanger autour des leviers à activer pour renforcer durablement la stratégie des entreprises en matière de promotion de l’égalité professionnelle homme/femme.

Un gain de compétitivité certain

Les femmes constituent plus de la moitié de la population et pourtant cela ne se reflète pas dans le monde du travail. En termes de chiffres, le constat est très parlant. A cet égard, Saadia Bennani Slaoui, présidente de la Commission entreprise responsable et citoyenne- CGEM souligne que «seulement une femme sur 5 est active au Maroc et ce chiffre est en recul. Cela montre à quel point ce sujet est d’actualité» rappelant que les femmes entrepreneurs ne représentent que 10% dans le pays. «Les femmes chefs d’entreprises sont de 3% à 17% en fonction des secteurs», relève-t-elle faisant remarquer également que le taux de présence des femmes est de 5% dans le public contre 7% dans le privé. Quelle que soit la taille des entreprises, les femmes restent sous-représentées. «Si l’on regarde au niveau des entreprises cotées (73), seulement 5 sont dirigées par les femmes», indique Mme Bennani Slaoui. Sur le plan de la performance, il n’est plus à démontrer à quel point les femmes peuvent engendrer un gain de compétitivité certain pour les entreprises. Elles constitueraient un levier de relance économique important. C’est ce qu’elle confirme en se basant sur de récentes études sur le sujet : «A l’échelle mondiale, s’il y avait plus de femmes dans les entreprises on pourrait gagner jusqu’à 30 milliards de dollars à l’horizon 2025». Pour elle, au-delà de la question d’équité, le sujet est d’ordre social mais aussi économique.

Constituer une force de proposition

De son côté, Xavier Reille, directeur IFC pour le Maghreb, affirme : «Ce qu’on essaie de faire avec la CGEM c’est de créer un mouvement d’entreprises championnes de la diversité» ajoutant que l’objectif serait de changer la donne au Maroc.
Cette approche permet d’intervenir sur plusieurs plans en faveur du développement économique et social. Le directeur IFC pour le Maghreb souligne que «le premier niveau c’est de s’engager nous-mêmes à essayer de promouvoir dans nos entreprises le recrutement, la formation et la promotion des femmes. Le deuxième niveau c’est de partager les bonnes pratiques et les «success stories» sur l’employabilité des femmes parce que celles-ci sont un vecteur important pour la performance des entreprises». Il explique qu’il est essentiel d’être force de proposition. En effet, à l’issue de ces webinaires un nombre de recommandations seront faites afin de les remettre aux entreprises. L’objectif serait d’essayer d’améliorer la participation des femmes à la vie économique et de faire bouger les lignes. Lors de son intervention, Xavier Reille est revenu sur l’engagement de l’IFC affirmant qu’il fait partie de l’une des priorités stratégiques de l’IFC dans le monde et au Maroc en particulier. Cet engagement se traduit entre autres par le slogan «No women no growth» (s’il n’y a pas de participation des femmes il n’y aura pas de croissance et pas de développement économique équitable). Il revient dans ce cadre sur le gain en PIB qui serait l’une des opportunités à saisir. «S’il y avait autant de participation des femmes que d’hommes dans l’économie au Maroc, c’est-à-dire 71% des deux côtés, on aurait un PIB 40% supérieur», conclut-il. Notons que ce webinaire a connu la participation de Bghiel Ikram, Directrice RSE AtlantaSanad, Magali Saul, conseillère client principale EDGE Stategy, Khadija Boujanoui, directrice financière et contrôle de gestion de 2M et présidente du Comité parité et diversité, Aicha Del Lero, responsable genre au sein de l’IFC, et Djamila Zouyene, spécialiste des questions d’égalité et conseillère du programme pour l’emploi des femmes IFC.

 

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