La CGEM pragmatique face au Covid-19

La CGEM pragmatique face au Covid-19

Des propositions sont soumises au comité de veille économique

Le gel d’activités et la chute des carnets de commandes entraîneront sans doute un chômage technique auquel les entreprises marocaines ne sont pas du tout préparées. C’est à cette problématique que le patronat tend à trouver une issue et ce en commun accord avec les pouvoirs publics.

Pas de répit pour les membres de la CGEM. Le patronat enchaîne ses concertations pour faire face au Covid-19, un virus aux effets économiques «très indésirables». A l’heure où nous mettions sous presse, Chakib Alj, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), présente les propositions du secteur privé au comité de veille économique mis en place pour le suivi des répercussions de cette situation sanitaire et l’identification des mesures d’accompagnement à mettre en place. Les revendications de la confédération se veulent pragmatiques et logiques permettant à l’entreprise marocaine de passer ce cap. L’engagement étant d’éviter la destruction de l’économie marocaine et l’éventuelle perte d’emplois dans les secteurs les plus vulnérables. Chakib Alj a donné un avant-goût de ce qu’il compte soumettre aux pouvoirs publics lors de son passage dimanche à une émission diffusée sur la 2ème chaîne marocaine «2M».

Une première sortie médiatique de Chakib Alj porteuse d’importants messages. Deux choses à retenir à ce propos: la prise de conscience généralisée des enjeux liés à cette situation inédite ainsi que la solidarité de l’ensemble des acteurs de l’écosystème des affaires, en l’occurrence grandes entreprises, syndicats et opérateurs bancaires..

En quête de solutions intelligentes

La situation sur le terrain est le moins que l’on puisse dire alarmante, notamment pour les entreprises qui opèrent dans l’hôtellerie, l’événementiel et le textile. Le gel d’activités et la chute des carnets de commandes entraîneront sans doute un chômage technique auquel les entreprises marocaines ne sont pas du tout préparées. C’est à cette problématique que le patronat tend à trouver une issue et ce en commun accord avec les pouvoirs publics. Les attentes sont grandes et les aspirations positives. «Les pouvoirs publics sont vraiment à l’écoute. Je n’ai pas senti de réticence ni d’opposition à quoi que ce soit. Je pense qu’en bons partenaires on va arriver à des solutions intelligentes», confie dans ce sens Chakib Alj.

La CGEM aspire, dans sa démarche, à être inventive en vue d’accompagner au mieux le tissu entrepreneurial, notamment les TPME qui par leur configuration restent fragiles au moindre choc. Les principales doléances ayant surgi en cette conjoncture particulière sont celles liées à la réduction des charges fixes.

Les six recommandations du patronat

Les recommandations formulées par la CGEM portent autour de six points. Le patronat a proposé dans ce sens la suspension des charges fiscales au 31 mars et des charges salariales pour tous les secteurs, sauf ceux ne souffrant pas de la crise. La CGEM ordonne également un moratoire sur les échéances bancaires pour les entreprises et les particuliers impactés, en particulier les TPME. Il est également proposé de suspendre les contrôles fiscaux et les ATD, CNSS, DGI et la Douane jusqu’à nouvel ordre. Parmi les mesures à maintenir jusqu’à nouvel ordre on note aussi la mise en place d’une indemnité perte d’emploi pour les salaires bas, à activer via la CNSS pour pallier les pertes d’emplois ayant pour cause le licenciement économique. Les patrons appellent, en outre, à mettre en place un fonds de soutien aux secteurs touchés pour lesquels les mesures précitées ne seront pas suffisantes et déclarent le Covid-19 comme cas de force majeure, notamment pour ce qui est des marchés publics.

Vers la réinvention du modèle économique

En dépit de sa difficulté, ce cap est riche en enseignements pour l’ensemble des économies. Le post coronavirus impose un changement des modes opératoires existants. Le Maroc est appelé à repenser son modèle économique et développer une économie axée sur la demande interne.

En effet, ce dont souffrent les entreprises marocaines aujourd’hui est étroitement lié à ce qui se passe en Europe, le nouvel épicentre du Covid-19. Il est ainsi temps de réduire la dépendance de l’extérieur, notamment du partenaire européen et d’être plus serein et ce en développant des modes de consommation locaux et en encourageant le produit national.

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