La crise du ciment inquiète: Les ventes ont régressé de 4,46%

La crise du ciment inquiète: Les ventes ont régressé de 4,46%

Décidément, ça ne s’arrange pas. En effet, face à la morosité que connaît le secteur immobilier, les ventes de ciment au Maroc n’arrivent toujours pas à décoller en ce début d’année 2014. Les chiffres des ventes poursuivent leur recul et s’inscrivent même en grande baisse au mois de mai écoulé alimentant la baisse annuelle enregistrée depuis janvier. Aussi, comparées à fin mai 2013, les ventes de ciment ont régressé de 4,46%.

Un repli qui vient creuser encore plus le recul annuel des ventes chiffré à 3,37% et témoigner de l’impact grandissant de la conjoncture très difficile que vit le secteur depuis plus de deux ans déjà. C’est ce qui se dégage des chiffres relatifs à l’évolution de la consommation nationale de ciment à fin mai 2014 publiés par le ministère de l’habitat et de la politique de la ville.

En effet, depuis l’année 2012, les ventes de ciment se sont inscrites en repli de 1,6%, puis de 6,4% en 2013. Un recul qui risque fortement de se confirmer en 2014 vu l’évolution foncièrement négative des chiffres des ventes de ciment. Une situation qui trouve son origine dans le climat d’attentisme qui caractérise le comportement des investisseurs et dans le recul de la demande, aussi bien nationale qu’étrangère. De plus, la rareté et la cherté du foncier, notamment dans les régions de Casablanca et Rabat, et le renchérissement du coût de la construction demeurent un handicap pour les promoteurs.

À noter que les évolutions des ventes de ciment par région laissent paraître que la région de Oued Eddahab-Lagouira a accusé la plus forte baisse des ventes de ciment sur tout le Royaume au cours de la période allant de janvier à fin mai 2014.

Les ventes y ont reculé de 18,5% passant de 16.288 tonnes à fin mai 2013 à 13.273 tonnes à fin mai de l’année en cours. Pour sa part, la région du Grand Casablanca, qui détient le record des ventes de ciment en termes de quantité, avec 835.469 tonnes de ciment écoulé à fin mai 2014, a enregistré un recul de 1,9% d’une année à l’autre. Par contre, la région Guelmim-Es-Smara aura consommé à fin mai 2014 près de 97.353 tonnes de ciment contre seulement 76.412 tonnes à la même période en 2013, marquant, ainsi, la hausse la plus importante des ventes de ciment du Royaume chiffrée à 27,4%.

Loin derrière la deuxième marche du podium revient à la région de Tanger-Tétouan avec une évolution de seulement 6,8% sur la même période.

Cependant, selon les analystes de la place et les professionnels du métier, la reprise sera bientôt au rendez-vous. En effet, eu égard au déficit actuel non encore résorbé en termes de logements sociaux évalué à 645.000 logements à fin 2013 et au coefficient relativement faible en termes de consommation de ciment évalué à 487 kg/hab/an en 2012 contre 645 kg/hab/an pour la Tunisie, le potentiel de développement du secteur demeure très important.
 

Secteur cimentier : Une décennie de gloire

Face à la montée de la demande pour le ciment sur la dernière décennie, les cimentiers nationaux avaient procédé à d’importants programmes d’investissements. Les investissements réalisés se sont situés à 7,5 milliards de dirhams sur la période 2005-2008, puis à près de 6 milliards de dirhams sur la période 2008-2011. Ce qui s’est traduit par une augmentation de la capacité totale installée, passant 14 MT/an en 2008 à 20,9 MT/an en 2013.

Aussi, cette dynamique qu’a connue la branche cimentière a été soutenue par une politique volontariste de l’Etat visant à permettre un large accès au logement.

Dans ce sillage, plusieurs mesures avaient été adoptées par l’Etat incluant, notamment, la mise en place d’un cadre fiscal incitatif, la lutte contre l’habitat insalubre à travers le lancement du Programme «Villes sans bidonvilles», la mobilisation de fonds financiers, la création de mécanismes et fonds de garantie permettant un élargissement de l’accès aux crédits et la mobilisation de la réserve foncière publique. Une évolution fulgurante qui voit son élan cassé par la morosité que connaît le secteur du bâtiment et de l’immobilier depuis 2012.

 

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