Cette rencontre a réuni environ 40 ministres chargés des transports et de l’aviation civile issus des différentes régions du monde, ainsi que le président et le secrétaire général de l’OACI.
Stratégie : Les ministres présents ont adopté à l’issue d’une rencontre, à huis clos, la déclaration «Call to Action», traduisant des engagements politiques forts en faveur d’un développement plus sûr, plus durable et plus inclusif de l’aviation civile, en cohérence avec la stratégie à moyen et long termes de l’OACI.
Une table ronde ministérielle s’est tenue le 14 avril 2026, à huis clos, à Marrakech en marge de la 5ème édition du ICAO Global Implementation Support Symposium (GISS 2026), organisée par le Royaume du Maroc en partenariat avec l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), et placée sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Cette réunion de haut niveau s’est tenue sous le thème «Veiller à ne laisser aucun pays de côté dans l’aviation». Cette rencontre a réuni environ 40 ministres chargés des transports et de l’aviation civile issus des différentes régions du monde, ainsi que le président et le secrétaire général de l’OACI.
Le Maroc, «un exemple pour le reste du monde»
En réponse à une question posée par ALM lors d’un point-presse qui s’est tenu à l’issue de la rencontre ministérielle de haut niveau, le SG de l’OACI, Juan Carlos Salazar, affirme : «Depuis près d’un an, nous travaillons aux côtés du Royaume du Maroc, en étroite collaboration avec les responsables et les équipes de professionnels du ministère, à l’organisation de cet événement qui positionne aujourd’hui le Maroc comme un véritable carrefour mondial de l’aviation civile. Cet événement réunit plus de 1.000 professionnels de l’aviation civile, avec la participation de plus de 100 pays, ainsi que des représentants de l’industrie, des institutions de formation et des ministres. Comme nous l’avons souligné, le Royaume du Maroc constitue un exemple pour le reste du monde quant à l’importance des secteurs aéronautique et du transport aérien dans le développement et la diversification de l’économie, le renforcement de sa connectivité avec le reste du monde, ainsi que l’utilisation de l’aviation civile au service du bien commun». Le responsable n’a pas manqué, à cette occasion, de féliciter le Maroc pour les efforts accomplis.
Engagements
Le Maroc réaffirme son ambition de s’imposer comme un acteur majeur du transport aérien mondial. À l’occasion de la réunion ministérielle de haut niveau, le ministre du transport et de la logistique, Abdessamad Kayouh, a souligné l’engagement du Royaume en faveur d’un secteur aérien sûr, durable et résilient, capable de s’adapter aux mutations rapides et de relever les défis futurs. «La coopération internationale et l’échange d’expertises sont essentiels pour bâtir un système aérien performant et garantir une croissance durable», a-t-il affirmé.
Cette dynamique s’appuie sur une mobilisation de l’ensemble des acteurs du secteur. L’Office national des aéroports (ONDA) déploie ainsi sa stratégie «Aéroports 2030», qui prévoit une modernisation en profondeur des infrastructures aéroportuaires. L’objectif étant d’augmenter la capacité d’accueil de passagers d’ici 2030. Cette transformation passe notamment par le développement d’aéroports intelligents, fondés sur la digitalisation et les technologies de pointe, afin d’améliorer l’expérience des voyageurs et de fluidifier les procédures.
Dans cette optique, les dispositifs de contrôle ont été revus en coordination avec les différents services concernés, notamment le ministère de l’intérieur, la Sûreté nationale, la Gendarmerie royale et l’Administration des douanes. Une approche intégrée a été adoptée, reposant sur des solutions innovantes et des systèmes intelligents destinés à optimiser le parcours passager, renforcer les infrastructures numériques et améliorer la coordination entre les intervenants, dans le respect des standards internationaux.
Parallèlement, Royal Air Maroc a lancé un ambitieux plan de développement visant à moderniser sa flotte, qui devrait atteindre près de 200 avions à l’horizon 2037. La compagnie entend également étendre son réseau et renforcer les liaisons nationales et internationales, contribuant ainsi à consolider la position du Maroc en tant que hub aérien de référence à l’échelle continentale et internationale.
Le Royaume poursuit, en outre, ses efforts pour développer une industrie aéronautique en plein essor. Le secteur compte aujourd’hui environ 150 entreprises, génère plus de 25.000 emplois directs et affiche un chiffre d’affaires annuel de près de 26 milliards de dirhams, témoignant de son intégration croissante dans les chaînes de valeur mondiales. Récemment, plusieurs accords stratégiques ont été conclus avec des groupes internationaux, portant notamment sur la création d’un atelier de maintenance de moteurs d’avions et le lancement d’une unité industrielle dédiée à la fabrication de trains d’atterrissage. Autant d’initiatives qui renforcent l’attractivité du Maroc comme plateforme industrielle de premier plan dans l’aéronautique.
Un appel à l’action pour l’aviation mondiale
Les échanges durant cet événement ont permis de réaffirmer l’engagement des États en faveur d’un transport aérien international sûr, durable, accessible et résilient. Alignée sur le plan stratégique 2026-2050 de l’Organisation de l’aviation civile internationale, cette rencontre a mis en avant des objectifs ambitieux, notamment la réduction à zéro des accidents mortels et l’atteinte de la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Dans la continuité de l’initiative «No Country Left Behind», les participants ont insisté sur la nécessité de garantir un accès équitable aux bénéfices de l’aviation civile pour tous les États, quel que soit leur niveau de développement. S’inscrivant dans le prolongement de la septième Conférence mondiale du transport aérien (ATConf/7), cette réunion sert de plateforme de dialogue et de partenariat.
Les discussions ont porté sur plusieurs priorités stratégiques comme le renforcement de la gouvernance des autorités de l’aviation civile, la mobilisation de financements durables pour les infrastructures, le développement du capital humain et l’intégration de l’aviation dans les politiques nationales de développement durable.









