La délocalisation selon Mezouar

La délocalisation selon Mezouar

«Il faut donner du sens à ce mouvement planétaire que nous sommes en train de vivre». C’est de cette manière que Salaheddine Mezouar, ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l’économie, est intervenu lors d’une rencontre organisée dernièrement en France par le Centre des jeunes dirigeants (CJD) autour de la délocalisation. Un sujet qui interpelle plus d’un tant en Europe qu’au Maroc, en passe de devenir l’une des destinations favorites des entreprises européennes. « Je suis issu du monde de l’entreprise. J’ai eu à vivre une expérience d’externalisation d’une PME espagnole au Maroc, une entreprise de textile. Cette expérience a conditionné mon approche », a-t-il déclaré d’emblée. « Je considère que la problématique aujourd’hui est celle du sens.
Comment s’inscrire dans ce mouvement pour ne pas rester à la marge ? Que faut-il faire aujourd’hui pour se positionner et anticiper au lieu de vivre le mouvement brutalement ? La nouvelle division du travail est inégale. Les problèmes de la concentration de la distribution conduisent à une pression sur les prix et à une localisation concentrée sur la Chine et l’Inde», a-t-il ajouté. Pour répondre à la question : «Comment faire pour que le client reste au niveau de notre sphère d’influence ?», le ministre a évoqué, à plusieurs reprise, au secteur du textile qu’il connaît bien. «Il faut raisonner en termes de territoire national et régional, développer les conditions de compétitivité au niveau des pôles régionaux. Dans le textile par exemple, il faut donner une réponse collective euroméditerranéenne par rapport au bloc asiatique, construire une logique de partenariat avec le client européen et le garder dans sa sphère d’influence. Il est possible de faire que l’emploi, le savoir-faire, la proximité ne se perdent pas », a précisé le ministre, tout en insistant sur la stratégie adoptée par le Maroc en la matière. « L’intelligence consisterait à anticiper le mouvement sachant que le cycle de production est un cycle de plus en plus court dans des marchés matures.
Je ne suis pas là pour vendre le Maroc. Le Maroc a sa stratégie et doit se moderniser, il doit sortir des produits du secteur moyen/bas pour aller vers des produits à main-d’oeuvre plus qualifiée et à technologie plus avancée », a précisé Salaheddine Mezouar.
Cette politique se résume en un partenariat durable entre les entreprises marocaines et françaises. « Il nous faut aller vers les PME françaises pour aller vers une logique de partenariat parce qu’il ne s’agit pas de régler nos problèmes au détriment des autres. C’est l’approche que vous devez développer. Vous avez une avance en matière de savoir et de compétences, pour envisager une internationalisation progressive et vous maintenir au coeur du métier et du business », a-t-il conclu.
Il est à signaler que cette rencontre s’inscrit dans un climat de psychose engendré par le mouvement de délocalisation, qui est de plus en plus fréquent chez les entreprises européennes. Selon une étude menée dernièrement par le CJD, 8 % des entreprises dans l’Hexagone ont une expérience de délocalisation. 47 % des personnes concernées par l’étude indiquent remarquer un accroissement des biens et services d’origine étrangère dans leur secteur d’activité. 20 % des entreprises du panel ont baissé leurs tarifs en 2004 et cette baisse est supérieure à 10 % pour 35 % d’entre elles, alors que 20 % seulement des entreprises ont une forme de veille concurrentielle internationale.

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