La dynamisation de l’export : Un pivot de la relance

La dynamisation de l’export : Un pivot  de la relance

Redressement des équilibres extérieurs

La dynamisation des exportations figure parmi les orientations du projet de loi de Finances 2021 visant à redresser les équilibres extérieurs. L’engagement étant de développer une offre exportable ciblée pays/produits ainsi que de mettre en place un dispositif de veille et d’intelligence économique pour une meilleure connaissance des marchés et l’accompagnement spécifique des entreprises exportatrices sur le marché africain. Des actions qui devraient s’inscrire en continuité avec l’effort consenti depuis l’éclatement de la crise sanitaire au niveau national.

Les mesures de soutien à l’export portent essentiellement sur l’accompagnement de l’Association marocaine des industries du textile et d’habillement et des entreprises produisant les masques et casques en vue d’explorer des marchés à haut potentiel. De même, un appui est accordé aux secteurs industriels pour renforcer son positionnement à l’international sans oublier le développement et la promotion de la marque Maroc aussi bien sur le plan national qu’international. Impactant la chaîne de valeur, la Covid-19 a eu de lourdes répercussions sur les exportations marocaines. Les ventes à l’export se sont rétractées de 10% au cours du premier trimestre. Cette baisse s’est creusée au deuxième quart de l’année pour atteindre un repli de 26% pour s’atténuer entre juillet et août (-6%). L’automobile, l’aéronautique et le textile sont les secteurs les plus impactés de cette conjoncture marquant ainsi une baisse cumulée d’environ 25%. Pour leur part, l’industrie électrique et électronique, les phosphates et dérivés et l’agroalimentaire ont vu leur baisse osciller entre 3 et 6% au titre des 8 premiers mois de l’année 2020.

Malgré ce contexte difficile, les exportations du secteur agricole ont affiché un comportement plus résilient. Cette dynamique est portée par la poursuite des activités tout au long de la période du confinement sanitaire. Dans cette perspective de relance, le «Made in Morocco» se veut un gage de confiance. Le regain de confiance du consommateur marocain dans la production locale favoriserait en effet l’émergence industrielle et créerait les conditions nécessaires pour une montée en gamme de la production et le renforcement de la compétitivité de l’industrie marocaine.

Notons que le plan de relance industrielle défini pour la période 2021-2023 a pour objectif de substituer 34 milliards de dirhams d’importations par la production locale. Cet objectif sera porté par 8 filières, notamment le textile, les transports, les industries mécanique et métallurgique, la plasturgie, l’électrique et électronique, l’agroalimentaire, la parachimie et le cuir. Rappelons qu’une première banque de 100 projets est mise en place dans les différentes filières avec un accompagnement des entrepreneurs marocains dans le montage de leurs projets et dans les démarches d’obtention de leurs financements.
En effet, une batterie de mesures incitatives est prévue pour pouvoir atteindre cet objectif de substitution, et de facto créer de l’emploi. Les engagements pris portent également sur la levée des freins à l’investissement, l’appui des porteurs de projets et la structuration, dans le temps, de l’effort de l’industrie nationale sur le marché intérieur.

Covid-19 : Quel impact sur l’automobile, l’aéronautique et le textile

Automobile : Depuis le déclenchement de la Covid-19, l’industrie automobile s’est vue confrontée à un énorme choc. Au Maroc l’approvisionnement s’est contracté de 56% durant la période mars-mai 2020. Le secteur a vu ses exportations nettement baisser sur les trois premiers mois de la crise sanitaire. Ainsi, les expéditions ont fléchi de 79% en mars, de 76% en avril et 41% en mai. Des évolutions qui interviennent consécutivement à l’effondrement de la demande dans les principaux marchés à l’export, notamment la France et l’Espagne. A cet effet, le chiffre d’affaires à l’export du secteur automobile s’est rétracté de 23,3% à fin août revenant à 39,4 milliards de dirhams contre 51,3 milliards de dirhams générés à la même période de l’année passée.

Aéronautique : Le secteur a été fortement frappé par la crise sanitaire. L’annulation des commandes d’aéronefs s’est faite en cascade a plongé les industriels dans le flou. Rien qu’au mois de mars, le chiffre d’affaires du secteur au Maroc a baissé de 25%. Suite au ralentissement de l’activité du secteur, les exportations aéronautiques ont marqué un repli de 23,8% sur les huit premiers mois de l’année avec une baisse plus prononcée en juillet (-51%). Pour ce qui est de l’évolution de l’emploi, les arrêts de travail dans le secteur ont atteint les 13% en avril, 22,4% en mai et 22% en juin.

Textile : Du fait qu’elle est fortement concentrée sur les marchés européens, l’industrie nationale du textile et habillement a encaissé un coup dur des suites de la crise sanitaire. Les exportations de cet écosystème ont reculé de 26,3% sur la période allant de janvier à août 2020, affichant des baisses beaucoup plus accentuées en avril (-85%) et mai (-71%). Les taux d’arrêt d’emploi se sont pour leur part élevés à 81% en avril et 80,% en mai pour se situer à 37,6 % en juin.

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