La maison du gourmet sur le grill

La maison du gourmet sur le grill

Les bonnes surprises arrivent rarement par hasard ; installée depuis quelques 2 ans et demi dans une rue débouchant sur le Boulevard d’ Anfa… LA MAISON DU GOURMET après une période d’acclimatation nécessaire aux contraintes du marché local en approvisionnement, a une clientèle forcément différente de ce qu’ils ont connu, (nos deux jeunes gens arrivent de France)… c’est maintenant que ce restaurant trouve sa «vitesse de croisière !»
J’avais remarqué sans la connaître à l’époque, au petit marché du Maarif, cette jeune femme qui faisait le tour des marchands d’herbes, et autres légumiers… retournant les cageots de légumes, allant d’un étal à l’autre… jaugeant du regard la qualité de tel ou tel produit ! refusant la marchandise, démarche pas commune …
La salle n’est pas follement amusante tout en longueur, son côté salle à manger bourgeoise rassure… les murs habillés de panneaux de bois, une petite exposition par le nombre mais d’une grande qualité du peintre Benasahraoui (spécialisé dans la gravure sur plaque de bois de thuya)…
Salle au rez-de-chaussée pleine, le mari du Chef de Cuisine nous reçoit, en tenue de «cuisinier» tiré à 4 épingles, un peu guindé mais professionnel – lui même cuisinier – il a abandonné la cuisine à son Epouse – original -… et quadrille la salle de son oeil connaisseur prend les commandes et explique les compositions des plats… (formation Georges Blanc à Vonnas, le Majestic ou il rencontre sa future femme, le Connaught Hôtel à Londres, et en Bretagne dans 1 relais chateaux «le Château de Loguenelé»).
Démarrage délicat pour cette soirée, notre choix d’entrées «malheureux» Foie gras à la plancha (en fait un foie baignant dans une soupe de lentilles… imprévu !) et un Fourme d’Ambert chaud posé sur un lit de roquette (façon chèvre chaud, passé à la friteuse et dont la saveur salée ressortait trop) nous incitaient alors à une prudence pour la suite des événements…
Le chausson aux cèpes et ris de veau qui me fut servi ce soir-là frisait la perfection, perfection du feuilletage (à tomber à la renverse), perfection de la sauce légèrement caramélisée (bonheur des yeux et des papilles), cèpes et ris de veau goûteux! le bonheur… un ange passait !
Le convive qui m’accompagnait se vit servir un carré d’agneau, paré, servi rosé «à coeur» parfumé à la marjolaine, accompagné d’ une sauce délicieuse, succulente, aérienne… un plat dans la grande tradition de nos anciens!
Escoffier n’aurait pas désavoué cette façon de faire et de présenter…
Pour arroser ce dîner de fête, un bourgueil (vin rouge de la Région de Touraine) qui me semble bien sortir tout droit de la Corbeille Gourmande à Mâarif, à un prix tout à fait abordable 285 DH, élégant, racé, fort en bouche… En prime la Chef Meyriem Cherkaoui fait le tour des tables « élégante et professionnelle à la fin du service, écoute les critiques, argumente à la suite Explique les difficultés de tenir une brigade de cuisine, regrette qu’après avoir «appris» certains de ces commis partent ! rien que de bien classique dans nos métiers de bouche…
Le baromètre professionnel de telles tables, ce sont les Chefs de Cuisine «concurrents» qui passent prendre la température en fin de service… en voisin, ce soir là le Chef du Hyatt… Nadi ! (le Café M dont je vous ai déjà parlé, autre adresse sérieuse).
Plats inventifs, et cuisine «classique» au top de mon classement casablancais… une table de grande volée qui mérite assurément le détour !
Comptez 400 à 500 DH par personne.

• Pandore

159, rue Taha Houcine, Gauthier
Casablanca

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