La problématique des marchandises en souffrance débattue dans la ville du détroit

La problématique des marchandises en souffrance débattue dans la ville du détroit

Les marchandises en souffrance ou abandonnées affectent négativement la compétitivité et l’image des ports. C’est du moins ce qui ressort de la troisième journée nationale des Capitaineries du Maroc organisée, jeudi 22 mai 2014, à Tanger, autour du thème «Problématique des marchandises en souffrance». Parmi les causes de l’abandon des conteneurs, il y a lieu de citer le refus du destinataire de prendre livraison (non conforme à la commande ou hors délais, marchandises endommagées, …) et l’interdiction d’importation (de produits de contrefaçon, fausse déclaration…).

Selon les participants à cette manifestation, l’occupation des marchandises en souffrance des terminaux à conteneurs perturbe les activités des opérateurs. «Les conteneurs en souffrance présentent un important manque à gagner pour le terminal, notamment au niveau stockage et manutention, ce qui affecte aussi bien sa performance que celle du port en général», a affirmé le président de l’Association du Corps officiers des ports du Maroc (ACOPM), Abdelilah Tamim. Initiée par l’ACOPM, cette édition a été une occasion pour la présentation des expériences des quatre ports, notamment du Havre, de Dakar, de Casablanca et de Tanger-Med, et ce, en matière de gestion des conteneurs en souffrance ou abandonnés. Les organisateurs cherchaient, à cet effet, à capitaliser sur ces expériences en vue de mieux prévenir cette problématique. Selon M’Hamed Atmani, responsable à l’Agence nationale des ports (ANP), celle-ci a réussi, entre 2007 et 2009, et avec le concours des organismes partenaires, à débarrasser le port de Casablanca des conteneurs en souffrance ou abandonnés. Il a poursuivi que près de 5 millions de dirhams y ont été mobilisés pour la destruction des marchandises en souffrance.

«Celle-ci a coïncidé avec l’entrée en vigueur de la loi 15-02 sur la réforme portuaire», souligne M’Hamed Atmani. Entré en service en juillet 2007, Tanger Med se positionne comme une importante plateforme de transbordement de conteneurs. Le port compte quelque 74 conteneurs abandonnés sur ses terminaux. «La durée de l’immobilisation des conteneurs peut atteindre jusqu’à quatre ans pour certains cas», a précisé Rachid Houari, directeur du Port Tanger-Med I.

Il est à noter que parmi les facteurs entravant le traitement de cette problématique dans les zones franches de Tanger-Med, figurent le coût élevé des opérations de destruction (environ 25.000 dirhams/EVP) et la complexité de la mise en vente aux enchères ainsi que le manque de texte traitant les conteneurs en souffrance dans la loi de police portuaire. Ajoutons à cela l’absence de zones dédiées (sous douane) pour le stockage des marchandises en souffrance. Soulignons que les travaux de cette troisième journée ont été clôturés par la présentation des recommandations, dont la mise en place d’une commission ayant pour mission, entre autres, de compléter et d’enrichir le projet de la réglementation spécifique à cette problématique, qui avait déjà été proposée par l’ANP.

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