La RAM casse les prix

La RAM casse les prix

Sur l’année budgétaire allant du premier novembre 2003 au 31 octobre 2004, Royal Air Maroc déclare un résultat net de 250 millions de dirhams contre 150 pour l’exercice précédent. Fort de cette belle progression, le P-dg de la compagnie, Mohamed Berrada envisage avec beaucoup d’optimisme, l’année 2005 charnière, compte tenu des importants choix opérés ces derniers mois à la RAM, notamment avec la mise en place d’Atlas Blue.
La nouvelle compagnie a hérité de six avions de la compagnie-mère, d’un marché, ainsi que du chiffre d’affaires correspondant. «Mais pas des mêmes charges», rappelle M. Berrada très satisfait du reste de la «structuralité de la croissance», «une croissance plus qualitative que quantitative» observée à la RAM depuis 2001.
Pour 2005, la RAM annonce une véritable offensive de prix sur les vols intérieurs.
Objectif recherché, développer ce marché, seulement 11% du chiffre d’affaires de la compagnie. Avec 3,7 millions de passagers en 2004, la RAM a connu un accroissement de son trafic de l’ordre de 14% et une augmentation de 17% du flux sur le régulier. La plus forte progression est à mettre sur le compte de l’Afrique subsaharienne (+35%) contre 22% pour l’Amérique du Nord, 19% pour l’Europe et 9% pour le Maghreb.
Grâce à la politique de hub sur Casablanca, le trafic passera à un rythme de 50% dès le mois de janvier. Malgré cet élan de croissance, des pôles déficitaires subsistent toujours. Outre le marché intérieur, l’Allemagne, l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient font toujours perdre de l’argent à la compagnie nationale. Mais on note une certaine tendance à la reprise. Ainsi, annonce M. Berrada, en 2005, pour la première fois de l’histoire de la RAM, l’Amérique du Nord sera rentable. Même tendance pour le Moyen-Orient, où au lieu des 75 millions de dirhams, la RAM a limité ses pertes à 30 millions de dirhams au cours de cet exercice. Les différents ajustements annon-cés sont en liaison avec le processus de libéralisation du transport aérien.
Les négociations avec l’Europe commencent dès le mois de janvier avec pour enjeu l’intégration de l’espace aérien marocain à l’Europe. La gestion de cette étape délicate passera par des alliances. Un accord de code share avec Emirates est finalisé et dans deux mois, la compagnie national rejoindra Skyteam, deuxième réseau mondial.
La concurrence ne se fera pas seulement dans le ciel mais aussi sur terre avec le démarrage des activités du deuxième opérateur de handling, opérationnel depuis le 10 décembre 2004. Pas question toutefois de toucher aux effectifs, rappelle la direction, qui reste attachée aux acquis sociaux de son personnel. Depuis 2001, il n’y a pas eu de recrutement mis à part le choix porté sur 30 jeunes managers, des profils pointus qui formeront l’élite de demain. Les départs à la retraite n’ont pas été remplacés. En conséquence, la compagnie est passée d’un effectif de 6 600 personnes à 5 300 aujourd’hui.
Côté investissement, la RAM a consacré 2 milliards de dirhams durant l’exercice qui vient de finir pour l’achat d’appareils, la modernisation de son système de gestion et l’ouverture de nouvelles lignes. Sur ce dernier volet, avec 85 liaisons aériennes supplémentaires cette année dont 45 de point à point, l’exercice 2003-2004 restera certainement une référence. D’ici l’été 2005, la RAM reliera Istanbul Doha et Séville à partir du hub Casablancais.
Sur le plan de la gestion, un logiciel pour fixer les prix en fonction des saisons et de la demande a été mis en place pour maximiser les recettes. En outre, deux Boeing 737 800 et 737 – 700 se sont ajoutés au parc en 2004, cela après les deux appareils (B 737 et B 767) acquis en 2002. La compagnie annonce aussi deux réceptions de Boeing dans les trois prochains mois. Par ailleurs, l’effort est porté aussi sur les points de vente. Après l’acquisition d’un local à Montréal, c’est Rabat et Al Jadida au plan national qui verront deux nouvelles agences dans mois de deux semaines. En complément des agences, la commercialisation par Internet est en plein essor. Cet axe représente désormais 2% du chiffre d’affaires de la compagnie.
Ce qui est important compte tenu que la commercialisation des billets par Internet et en prolongement, le e-ticketting, sont encore récents à la RAM. En comparaison, Air France est à seulement 4,5 de son CA par Internet.
Sur le plan managérial, la politique de filialisation mise en place depuis l’année dernière commence à donner ses fruits. Les six «business units» ou pôles de croissance (entre autres, Atlas Blue, Atlas Cargo, ou Atlas Hospitality, Atlas Handling ou Atlas Online) évoluent comme prévu dans le business plan.
L’offensive des prix sur le plan intérieur et l’ouverture de nouvelles dessertes (Casablanca-Essaouira et Casablanca-Errachidia dernièrement) est rendue possible en partie grâce à l’alliance avec Regional Airlines dans le cadre du pôle régional de la RAM.
Rappelons que la RAM est en train de finaliser avec les états de l’Afrique centrale la mise en place d’une compagnie régionale calquée sur Air Sénégal International. De quoi donner plus de connectivité au hub Casablancais.

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