Le repreneur du raffineur national Samir, ayant hérité d’une plate-forme ancienne le rendant responsable de la pollution de l’aire suite aux émissions des voitures en circulation, s’est fixé pour objectif de changer le mode de raisonnement et de passer à une vision plus commerciale. La Samir cherche à anticiper. Elle a même clairement avoué que “si elle n’investit pas sur de nouvelles normes beaucoup plus sévères, elle en mourra”. Comme expliqué à plusieurs reprises par Abderrahmane Saaïdi, PDG du groupe, des fabricants de mauvais carburants, il y en a partout qui ne cherchent que les marchés qui les acceptent. “Si au Maroc, les normes restent ce qu’elles sont, elles vont attirer ces gens, qui, eux, ont des coûts bien inférieurs aux nôtres… et nous sommes morts” avait-t-il déclaré en marge de la présentation de son projet d’investissement. En étroite collaboration avec les pouvoirs publics qui en produisent des normes plus sévères, non seulement, la population marocaine et les touristes s’en trouveront mieux mais le pays fera barrage aux raffineries qui voudraient se servir du Maroc comme « d’une poubelle ».
Dans ce sens, l’état-major de La Samir s’appuie sur l’accord d’association signé avec l’Europe et qui sera en plein effet au plus tard en 2012. Un ambitieux programme d’investissement ne demande qu’à voir le jour. Pour la mise en phase des normes, elle doit construire une raffinerie. Le plus gros des investissements annoncés concernerait l’hydrocraker. L’installation qui était prévue était obsolète avant même la privatisation de la Samir. Cet hydrocraker était supposé produire un diesel de 2.000 ppm (particules par millions) (2 g/kg de teneur en soufre dans le diesel). Or, à la privatisation du raffineur, la norme européenne était déjà à 500 ppm (500 mg/kg). À titre de rappel, la réglementation marocaine est toujours à 10.000 ppm, soit 10 g/kg de teneur en soufre. Mais les importateurs de voitures, les touristes et les MRE veulent du diesel au standard européen, actuellement à 350 ppm (350 mg de soufre/kg de diesel). C’est chose faite actuellement. Il est désormais possible d’acheter un ce type de diesel dans plusieurs stations nationales. Ainsi, le Maroc s’est aligné sur la norme européenne. Mais le raffineur ambitionne d’aller encore plus loin.
Même si l’Etat s’arrête au standard de 2.000 ppm, l’objectif de la Samir est d’aller vers 50 ppm (50 mg/kg). S’aligner derrière l’Europe est une décision stratégique affichée. C’est pour cela que la société envisage d’investir 7 milliards de dirhams. Selon les dernières informations de la société, une tranche de 40 millions de dollars a déjà été engagée. Trois entreprises internationales sont en lice pour la construction de l’hydrocraker. Elle a même déjà reçu les offres techniques. Mais tout est bloqué en attendant l’aboutissement des négociations avec l’Etat.









