Entretien avec Lamiae Benmakhlouf, directrice générale de MITC
[box type= »custom » bg= »#eeedeb » radius= »5″]La capacité d’un pays à innover est une composante clé de la compétitivité économique. Les vallées de l’innovation telles que «la Silicon Valley» en sont le parfait exemple. Ces zones d’activités abritent les grandes entreprises qui révolutionnent le monde actuellement. A l’échelle africaine, le succès de ces géants américains motive les différents acteurs pour créer des projets plus adaptés à la réalité du continent. Au Maroc, le technopark constitue la plus grande concentration d’entreprises. En quelques années, cet espace s’est transformé en une véritable pépinière de l’innovation. Lamiae Benmakhlouf, directrice générale du MITC, «Moroccan Information Technopark Company», société gestionnaire des technoparks, nous en dit davantage.[/box]ALM : Le 11 mars est la journée mondiale des startups. L’occasion de s’arrêter sur les réalisations du technopark en tant qu’acteur majeur dans le développement de ces entreprises. Quel bilan dressez-vous pour l’année 2021 ? Quel est le profil des startups accueillies au sein du technopark et dans quels secteurs d’activités opèrent-elles le plus ?
Lamiae Benmakhlouf : Le technopark a célébré ses 20 ans le 22 décembre dernier en présence de nos actionnaires et partenaires stratégiques. Un bilan très positif en termes d’indicateurs de performance mais aussi un développement honorable en termes de projets réalisés.
Depuis l’ouverture du premier technopark en 2001, nous avons accompagné plus de 3.000 startups innovantes. L’introduction de ces entreprises dans un écosystème entrepreneurial riche et dense leur confère un taux de réussite de 86% dans la phase d’incubation et un taux de pérennité de 89% à 5 ans d’existence. Ces entreprises accompagnées ont généré plus de 15.000 créations d’emplois directs et indirects.
Dans les 4 sites des technoparks (Casablanca, Tanger, Rabat et Agadir), nous avons en permanence 450 startups hébergées. Ces entreprises génèrent un chiffre d’affaires annuel cumulé de 900 millions de dirhams et emploient plus de 2.500 salariés qualifiés.
Nos trois secteurs de prédilection sont les NTIC, les Genentech et les industries créatives quoique l’IT reste prépondérant et représente 80% de notre communauté de startups. Plus de 19 segments IT sont couverts, big data, intelligence artificielle, fintech, cloud, cybersécurité, e-commerce, IoT, développement web et mobile, gaming, blockchain… 25% des startups du technopark exportent leurs services et solutions innovantes aux 4 continents, particulièrement en Afrique subsaharienne.
Les startups féminines nécessitent un coup de pouce supplémentaire en raison de la difficulté pour les femmes de lancer leurs projets, notamment en période de crises. Quels types d’incitation le technopark offre-t-il à ces jeunes femmes ?
Le technopark encourage tous les jeunes porteurs d’idées à entreprendre qu’ils soient hommes ou femmes. Il offre une panoplie de services à des tarifs préférentiels comprenant l’hébergement, l’accompagnement, les services de proximité, l’accès au réseau, la facilitation à l’accès au financement et au marché. De plus, le technopark organise tout au long de l’année une série de workshops sur l’entrepreneuriat, le développement personnel, le leadership féminin, la finance pour les non financiers… et programme des visites d’immersion pour les lauréats fraîchement diplômés afin de les encourager à poursuivre un parcours entrepreneurial. D’ailleurs cette année, à l’occasion de la 12e édition de la journée internationale des droits des femmes, le technopark a mis en place un programme riche et varié en faveur de toutes les femmes jeunes et moins jeunes afin de les sensibiliser à l’entrepreneuriat en général et particulièrement dans les STEM «Science, Technology, Engineering and Mathematics) à travers des rencontres avec des rôles modèles et des séminaires sur les dispositifs d’accompagnement entrepreneurial.
Notre objectif est d’améliorer le taux de représentativité des femmes cheffes d’entreprises. La moyenne nationale n’atteint pas les 10%. Le taux au technopark est un peu plus élevé, 15%, sachant que nous sommes dans des domaines très techniques. Nous souhaitons que ce taux soit plus élevé les prochaines années et que les femmes puissent profiter pleinement de l’environnement du technopark pour transformer leurs projets en entreprises performantes.
Contrairement à d’autres zones d’activité réservées aux entreprises, le technopark ne polarise pas ses activités à Casablanca mais se déploie dans d’autres villes. Pouvez-vous nous parler un peu plus de cette stratégie de proximité que vous avez adoptée depuis quelques années ?
Depuis 2010, le technopark a adopté une stratégie d’expansion régionale avec l’objectif de dupliquer le modèle du Technopark Casablanca dans d’autres villes du Royaume. Ainsi, le Technopark Rabat a ouvert en 2012, Tanger en 2015 et Agadir en 2021. Nous offrons les mêmes services sur tous les sites et avec les mêmes standards. Nous sommes très satisfaits de l’impact créé au niveau de ces villes. Nous avons fédéré tout un écosystème d’acteurs entrepreneuriaux autour de nos startups. Ces dernières bénéficient d’un accompagnement sur mesure et d’une facilitation à l’accès au financement ainsi que d’une visibilité au niveau national et régional.
Fès aura bientôt son technopark. Quelles sont les prochaines villes sur la liste ?
Notre développement régional se poursuit vers d’autres villes comme Fès, Tiznit et Oujda. Nous sommes fiers de la confiance de ces régions et leur implication dans la mise en place des technoparks. Nous sommes conscients que les talents existent partout au Maroc et que notre jeunesse est très connectée au digital.
Le digital est un levier à l’insertion, à l’emploi et l’inclusion sociale. Il représente une formidable opportunité professionnelle pour les jeunes et une véritable création de valeur pour les entreprises et les territoires.
Quels sont vos perspectives et vos objectifs pour 2022 ?
Un des objectifs majeurs de 2022 est de renforcer notre offre accompagnement à travers la création d’un pôle dédié. Cette nouvelle stratégie va assoir la position du technopark en tant que fédérateur de l’écosystème entrepreneurial marocain. Notre objectif est de remettre l’entrepreneur au cœur de cet écosystème pour lui offrir un environnement favorable à la création de projets et à la croissance au niveau national et international.
Nous menons aussi une politique de partenariat avec les acteurs institutionnels publics, privés et académiques pour promouvoir l’entrepreneuriat et la création d’entreprises. Cette politique est aussi en faveur de l’expansion régionale et l’installation des technoparks dans toutes les régions du Royaume.
En parallèle, le technopark est un membre actif de l’association internationale des parcs scientifiques et technologiques IASP (International Association of Science & Technology Parks) qui regroupe 400 membres de 70 pays à travers le monde. Le technopark est ancré dans son environnement marocain, africain et international et il œuvre pour le développement de l’entrepreneuriat.
Technopark a aussi des partenariats avec des acteurs internationaux et porte des initiatives comme Meet Africa pour la diaspora marocaine qui veut entreprendre au Maroc.










