Latifa Yaacoubi : «Plus de 500 articles scientifiques ont été publiés dans le cadre du Congrès international de l’arganier»

Latifa Yaacoubi : «Plus de 500 articles scientifiques ont été publiés dans le cadre du Congrès international de l’arganier»

Entretien avec Latifa Yaacoubi, directrice de l’ANDZOA

La directrice de l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier revient sur les moments forts de la 5ème édition du Congrès international de l’arganier tenu à Agadir du 10 au 12 décembre.

ALM : Quelles sont les nouveautés qui ont marqué cette cinquième édition du Congrès international de l’arganier ?

Latifa Yaacoubi : Les nouveautés c’est que pour le congrès on a continué sur la même vision des choses, c’est-à-dire les chercheurs qui travaillent pendant deux ans, et qui font donc le bilan de leur travail. On est également à la dixième année et ce n’est pas rien. La nouveauté aussi c’est que nous avons organisé en parallèle un salon de l’arganier pour les professionnels et pour les coopératives et les ayants droit. On a ouvert ce dernier sur toutes les forces vives de la ville dont les élèves des établissements scolaires qui ont participé pas uniquement à travers des visites sur place mais ont contribué aux différentes activités du salon à travers des créations artistiques que nous avons exposées lors de cet évènement qui ont été primées par Monsieur le ministre Aziz Akhannouch en personne. Nous avons également eu la participation des artistes plasticiens qui ont fait des créations artistiques autour de la thématique de l’arganier, ainsi que les photographes qui ont fait la même chose, et on a quand même au niveau du salon réservé une partie purement professionnelle et digitalisée dans laquelle tous les messages sont autour de l’arganier, notamment au niveau de la préservation et de la dynamique du Plan Maroc Vert.

Cette édition a été marquée par l’ouverture de six places autour de la ville dans lesquelles les coopératives exposent et vendent leurs produits, et où nous avons reconstitué l’esprit et la thématique du village amazigh et rural et où il y a des femmes qui préparent du thé et du pain chaud toute la journée, tout le monde a été servi, et les touristes étaient contents de trouver cette animation. Au total on a permis à 140 coopératives issues des huit provinces de l’arganeraire d’exposer et de vendre leurs produits pendant cinq jours.

Quel bilan dressez-vous des cinq éditions passées du Congrès ?

Il y a pratiquement 500 articles scientifiques qui ont été publiés, plus de 2.000 participants et un parterre de journalistes locaux nationaux et étrangers y ont également collaboré. Nous avons instauré depuis la première édition un esprit d’encouragement des jeunes chercheurs à travers des bourses qui sont données par des sociétés privées qui nous accompagnent, il y a également un jury qui suit le travail des jeunes au niveau du Master et du doctorat, et à l’occasion du congrès des prix pour les encourager leur ont été décernés des mains de Monsieur le ministre pour les pousser à aller plus loin dans la recherche scientifique dans le domaine de l’arganier.

Quelles sont les retombées de cet événement bimensuel sur le développement de la filière de l’arganier ?

C’est clair que la filière a besoin aujourd’hui de la recherche scientifique, les chercheurs sont amenés à travailler sur plusieurs choses, et c’est le principal objectif de ce congrès, et ce pour orienter la recherche scientifique et faire converger les synergies. Il faut que la recherche scientifique puisse répondre à des besoins que ce soit au niveau du capital naturel qui est la thématique de cette année, ou au niveau de l’organisation et de la valorisation, et au niveau de la plantation. D’ailleurs on a commencé un projet très ambitieux de 10 mille hectares dans le cadre du Plan Maroc Vert et on ambitionne de faire plus à partir de l’année 2021-2022, c’est-à-dire pratiquement 40 mille hectares au total. Tous ces volets-là ont besoin de recherche pour développer des variétés performantes qui puissent encourager les grands investisseurs et agriculteurs pour pouvoir planter l’arganier et en connaître la rentabilité, ce qui est très important, un investisseur a besoin de cela, il y a donc énormément de volets qui restent à découvrir. L’arganeraie nous a dévoilé peu de ses facettes.

Un mot pour présenter le projet de l’arganier durable?

Ce projet est une initiative à travers laquelle nous souhaitons, comme c’est déjà le cas à travers la reconnaissance de la Réserve biosphère de l’arganeraie par l’Unesco set la reconnaissance des pratiques et savoir-faire liés à l’arganier en tant que patrimoine matériel et immatériel de l’humanité, attirer l’attention du monde comme nous l’avons fait au niveau de l’ANDZOA sur la partie oasienne sur le fait que l’arganier est une solution incontournable pour les changements climatiques.

De ce fait il faut constituer des lobbies et des groupes forts pour qu’on puisse défendre cela à l’échelle internationale, et pouvoir capter tout le travail  et toute la dynamique et le financement au niveau international pour qu’on puisse continuer au niveau du Maroc à préserver cette arganeraie pour le monde entier. C’est le dernier rempart contre la désertification et c’est un univers dans lequel opèrent énormément de synergies et d’acteurs.

Aujourd’hui l’initiative arganier durable sera un point fort et une plate-forme à travers laquelle nous allons pouvoir capitaliser et capter les synergies mais également trouver des solutions pour tout ce qui est changement climatique.

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