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Le Maroc a doublé ses exportations en 20 ans

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Un chiffre de 456 milliards DH à l’export en 2024, 252 produits expédiés et une croissance annuelle moyenne de 8,6%

Montée en gamme : Le Maroc a réussi, durant ces deux dernières décennies, de transformer son profil exportateur. La valeur des exportations de biens a doublé, atteignant 456,3 milliards de dirhams en 2024.Une performance tirée par l’essor de secteurs industriels comme l’automobile, l’électronique ou l’aéronautique.

Au cours des deux dernières décennies, les efforts déployés par le Maroc pour développer son offre exportable, en améliorer le contenu et diversifier ses marchés lui ont permis de consolider un positionnement de plus en plus affirmé à l’international. En effet, le Maroc s’est engagé au titre des vingt dernières années à faire de ses exportations un levier de compétitivité. Pari gagné puisque le Royaume a réussi à atteindre des performances notables à l’export, à la fois en termes de volume, de structure sectorielle et de diversification géographique. Ce constat est confirmé par Bank Al-Maghrib dans son récent rapport annuel. «Après des décennies où ses exportations étaient axées essentiellement sur les produits agricoles, les minerais bruts et sur certains produits à faible valeur ajoutée, le Maroc a consenti, depuis le début du millénaire, des efforts considérables pour développer et diversifier son offre exportable», rappelle dans ce sens la Banque centrale. Et d’énumérer: «Il a ainsi élaboré et mis en œuvre une série de stratégies et de plans sectoriels parallèlement au renforcement de sa politique d’ouverture, à travers la conclusion de nombreux accords commerciaux, et à une mise à niveau significative de ses infrastructures logistiques et de transport».

Le cap 2004-2024 a été marqué par un redressement des exportations marocaines de biens s’élevant ainsi à 456,3 milliards de dirhams. La progression annuelle moyenne sur les 20 dernières années est estimée à 8,6 %. Ainsi, le ratio des exportations au PIB doublé se hissant à 29 %. «Cette amélioration s’est accompagnée d’un changement de leur structure, notamment avec le développement des métiers mondiaux du Maroc», relève-t-on de la Banque centrale. En effet, l’automobile a connu une expansion notable s’érigeant à partir de 2014 en tant que premier secteur exportateur, captant ainsi 22,5 % des expéditions. Cette part n’a cessé de se renforcer se situant en 2024 autour de 34,5 %. La même tendance a été suivi par les industries «électrique et électronique» et «aéronautique». Pour les exportations de phosphate et dérivés, la part du phosphate brut s’est rétractée passant du tiers au début des années 2000 à 10 % en 2024. Selon la classification de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), 48 % des exportations marocaines de l’industrie manufacturière en 2023 proviennent d’industries à technologie et compétences moyennes, contre 14 % en 2004. Par ailleurs, la part des industries à forte intensité de main-d’œuvre et fondée sur l’exploitation des ressources naturelles est revenue à 20 % contre 54 % .

En termes de diversification, le nombre de biens exportés s’est légèrement consolidé sur les vingt dernières années. Il est passé de 245 produits en 2004 à 252 en 2023. « Une évolution comparable à celles observées dans de nombreux pays qui ont connu une trajectoire relativement similaire en matière de développement des exportations », commente dans ce sens Bank Al-Maghrib citant à cet égard la Malaisie (de 258 produits à 261), l’Afrique du Sud (de 260 à 261 produits), la Thaïlande (de 257 à 258 produits) ou la Turquie (de 255 à 259 produits). Il est à noter que ce degré de diversification, tant en termes de produits que de marchés, peut être apprécié par plusieurs indicateurs, allant du nombre de produits ou de marchés à l’export à des indices plus élaborés tels que l’indice de concentration de Herfindahl-Hirschman (HHI). Appréhendé par la métrique HHI, le niveau de diversification ressort toutefois en légère baisse sur la période étudiée. Se référant à Bank Al-Maghrib, la valeur de l’indice est passée de 0,16 à 0,21. «Cette évolution reflèterait le fait que, malgré la relative hausse du nombre de produits, un nombre limité d’entre eux accapare une part importante des exportations, comme les industries de l’automobile et des fertilisants », lit-on dans ce sens. Et de poursuivre : « En comparaison internationale, la diversification des exportations marocaines en 2023 ressort moins marquée que celle de certains pays comme la Turquie (0,06), la Thaïlande (0,08), l’Égypte (0,10), l’Afrique du Sud (0,14) ou l’Indonésie (0,15), relativement similaire à celles du Vietnam (0,17) et du Cambodge (0,19) et plus importante que celle de la Malaisie (0,26) ».

Pour ce qui est de la diversification des marchés, le nombre de pays destinataires des exportations marocaines est passé de 154 en 2004 à 186 en 2023. On note également un recul de la part des 10 premiers marchés passant de 81,8 % à 70,5 %. «La liste de ces derniers a connu une légère modification avec la sortie de la Belgique et l’entrée de la Turquie grâce à la hausse des expéditions de véhicules automobiles et d’engrais vers ce pays», explique Bank Al-Maghrib. En ce basant sur l’indice de concentration de Herfindahl-Hirschman (HHI), la diversification en termes de marchés ressort également en relative amélioration. Il est revenu de 0,35 en 2004 à 0,27. Les exportations marocaines restent toutefois plus concentrées que celles de pays comme la Turquie (0,11), l’Égypte (0,13), la Roumanie (0,14), la Malaisie et l’Afrique du Sud (0,18) ou encore le Vietnam (0,20). Elles sont en revanche plus diversifiées en comparaison avec l’Indonésie (0,30) ou le Cambodge (0,38).

Analysée par groupement de produits, la diversification des marchés ressort la plus faible pour les produits textiles, avec un indice atteignant 0,57 en 2023, et la plus importante pour la chimie (0,19). En termes d’évolution, la branche « machines et matériel de transport», constituée essentiellement de véhicules automobiles a connu la plus forte amélioration. La valeur de l’indice est ainsi revenue de 0,76 en 2004 à 0,34.

C’est le titre de la boite

Un positionnement à renforcer face aux enjeux mondiaux

Défis. Malgré ce saut significatif, des défis persistent et ce compte tenu des mutations qui s’opèrent au niveau international marquées par des bouleversements profonds, une intensification de la concurrence, une montée du protectionnisme et des exigences accrues notamment en matière climatique. Face à ce contexte complexe, la Banque centrale exhorte le Maroc à renforcer son positionnement sur le marché international en consolidant son action sur plusieurs volets. Le Maroc est ainsi appelé à continuer de se hisser dans les chaînes de valeur mondiales et de consolider la diversification des marchés et des produits. De même, l’un des grands défis pour le pays reste l’amélioration de la valeur ajoutée des exportations afin d’accroître les effets d’entraînement sur le tissu productif et, in fine, améliorer la croissance et l’emploi.

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