Economie

Le Maroc appelle à la coopération Sud-Sud pour sortir de l habitat insalubre

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Le ministre de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville a placé la conférence internationale sur les bidonvilles dont les travaux débuteront la semaine prochaine à Rabat sous le signe –marquant- de la volonté du Maroc de contribuer au renforcement de la coopération Sud-Sud. Dans une déclaration faite en préambule de la présentation de cette  manifestation, il a déclaré que l’objectif final de la conférence est de promouvoir les actions communes dans le domaine de l’habitat et de la construction et «faire bénéficier les pays partenaires du savoir-faire marocain», somme de connaissances qui, selon lui, ont fait leurs preuves à l’international. Il a également annoncé que les perspectives offertes à l’exportation des techniques du bâtiment marocain sont appréciables.
Nabil Benabdellah a estimé au cours de sa conférence de presse de mercredi que «Sortir des bidonvilles : un défi mondial pour 2020» est un thème pertinent tant au regard de l’urbanisation galopante que connaissent la plupart des pays dans le monde- africains plus particulièrement- qu’à l’aune de la concentration croissante de l’habitat humain. Partant du constat que l’urbanisation effrénée a été «fortement associée à une croissance de la pauvreté et à l’expansion des bidonvilles», le ministre a affirmé que la conférence de Rabat est organisée dans le but d’amener les pays participants à échanger notamment et notablement dans le domaine de la réduction de l’habitat insalubre. Il a annoncé qu’une quarantaine de pays sont invités à la réunion, dont «20 parmi les plus performants en la matière». Le ministre qui a fait remarquer que la lutte contre l’habitat insalubre s’inscrit dans le cadre des Objectifs de développement du millénaire (OMD) a également dit l’urgence qu’il y a à se mettre à l’écoute de la performance en le domaine et à y  entreprendre avec célérité et méthode. Car, a-t-il estimé, «la majorité des populations en milieu urbain est soumise à de multiples contraintes d’ordre économique, social, culturel et environnemental». Le ministre a considéré que cette complexité a amené le Maroc à mettre en œuvre le programme national «Villes sans bidonvilles» qui vise «à améliorer les conditions de vie de plus de 1.742.000 habitants vivant dans des logements précaires et insalubres, contribuant ainsi à garantir une meilleure intégration urbaine et une plus grande cohésion sociale». Réalisé à hauteur de 70%, ce programme lancé en 2004 a eu pour effet de concrétiser la démocratie locale et a valu au Maroc «une reconnaissance internationale couronnée par le prix d’honneur pour l’habitat 2010 qui lui a été décerné par ONU-Habitat», a-t-il ajouté. Cependant, a-t-il laissé entendre, le Maroc ne doit pas s’arrêter en chemin parce que l’urbanisation s’accroît annuellement de 2,2%, que 13% de la population urbaine résident en insalubre et qu’il faut ouvrir 3.000 ha à l’urbanisation annuellement pour y construire 170.000 logements chaque année. Précisant les contours de lutte contre les bidonvilles, il a déclaré que sur la voie de l’objectif de l’amélioration des conditions de vie de près de 1.800.000 habitants dans 85 villes avec une subvention étatique de 10 milliards DH, plus d’un million – 55% de la population cible – ont vu leur situation se normaliser dans 45 villes.
Il a, en outre, annoncé que dans le cadre du programme de mise à niveau urbaine pour généraliser l’accès aux équipements de base et améliorer le cadre du bâti et la qualité des espaces urbains, 424 opérations ont été menées et ont amélioré les conditions de vie de 944.580 ménages. Nabil Benabdellah qui a paru être particulièrement sensible à la question de l’habitat menaçant ruine a affirmé que l’intervention dans les médinas, ksour, casbahs et quartiers non-réglementaires a permis d’améliorer les conditions d’habitabilité de 44.114 ménages avec une enveloppe budgétaire de 880 millions de dirhams. Il a toutefois estimé que c’est là un domaine mouvant car «ce qui ne menace pas ruine aujourd’hui peut être dans cette situation 2 ans plus tard». Le ministre a également déclaré que l’objectif de la promotion de l’habitat social est de réduire de 50% le déficit constaté à ce niveau en le ramenant de 850.000 à 420.000 unités à travers des modes aussi variés que les opérations de lotissement, la construction, des opérations mixtes et les zones d’urbanisation nouvelle. Il a précisé que cet objectif global d’amélioration du cadre de vie des citoyens est aussi l’affaire de la politique de la ville dont l’un des objectifs essentiels est de «promouvoir des villes inclusives, productives et durables». Pour le ministère, la conférence «Sortir des bidonvilles : un défi mondial pour 2020» est une manifestation internationale qui s’inscrit dans le cadre de l’examen à mi-parcours des OMD et qui intervient à la suite du couronnement des succès engrangés par le Maroc sur le plan de l’amélioration des conditions d’habitat des populations les plus défavorisées durant la dernière décennie.
Le ministre précise que le prix d’ONU-Habitat a été remis à SM le Roi lors de l’assemblée générale de l’organisation internationale sur les OMD en novembre 2010.

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