Le Maroc au centre du corridor atlantique avec l’UE, la Méditerranée et l’Afrique

Le Maroc au centre du corridor atlantique avec l’UE, la Méditerranée et l’Afrique

Avec ses infrastructures, sa dynamique industrielle et les perspectives de nouveaux partenariats


Le Maroc jouerait un rôle central dans le corridor atlantique au sein d’un nouveau partenariat UE-Afrique-Méditerranée. Ce positionnement lui correspond de par les projets d’infrastructures à dimension internationale qu’il conduit depuis plusieurs années et de par sa volonté exprimée d’accélérer le codéveloppement avec ses différents partenaires à l’échelle africaine et européenne. Selon un «Policy Paper» réalisé par Tayeb Ghazi, économiste au Policy Center for the New South, en collaboration avec l’ex-ministre de l’économie et des finances, Fathallah Oualalou (sous le thème «Le Corridor atlantique au sein d’un partenariat UE-Afrique-Méditerranée»), un nouveau partenariat euro-méditerranéen-Afrique s’impose.

«Le renouveau du partenariat Euro-Méditerranée-Afrique devrait s’inscrire dans une logique de codéveloppement et de coproduction, car les problématiques de la jeunesse et de la société civile, de l’emploi, de l’intégration et de la transformation économique, préoccupent tout autant l’une que l’autre. Un levier du renouvellement serait de mettre le corridor atlantique au service d’un partenariat UE-Afrique-Méditerranée», expliquent les auteurs de cette analyse. Dans le corridor Atlantique Europe-Afrique, le Maroc jouerait un rôle central. Il faut dire qu’il est plus efficace de miser sur la connectivité dans une perspective de corridor plutôt que dans une perspective nationale ou segmentée.

Des infrastructures à vocation industrielle

Tourné vers l’avenir du continent, le Maroc travaille depuis quelques années sur un corridor commercial entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe occidentale. La dynamique enclenchée se voit «à travers ses efforts considérables en matière du développement simultané de l’infrastructure de transport et de la base industrielle du Maroc», précise ce document ajoutant que la construction par le Royaume de la ligne ferroviaire à grande vitesse Al boraq et la construction du nouveau port marocain ultramoderne Tanger Med sont deux choses qui ont établi la position inégalée du Maroc en tant que corridor commercial Afrique-Europe. Il s’agit d’un corridor qui ancre la connectivité commerciale transméditerranéenne émergente du Maroc dans les chaînes de valeur manufacturières. Pour argumenter ces propos, les auteurs de cette analyse font référence aux projets structurants menés par le Maroc. Ils citent Tanger Med qui est «un port d’envergure internationale».

Cette infrastructure dont la deuxième tranche a été ouverte en 2019 s’inscrit dans le cadre d’un plan portuaire marocain Stratégie 2030. «Avec une capacité totale de 9 millions d’équivalents vingt pieds (EVP), Tanger Med est devenu le plus grand port de la Méditerranée», précise la même source. Une autre composante s’ajoute à ces infrastructures de grande importance, on citera la ligne Al boraq, inaugurée le 15 novembre 2018, qui lie sur 362 km Tanger, et son port, et Casablanca, le centre économique, en passant par de nouveaux pôles industriels. Ce projet réalisé s’intègre dans le Plan Rail Maroc 2040 qui vise à maintenir et améliorer la robustesse du réseau existant et à renforcer la performance de l’outil de production tout en prenant en compte le volet du développement durable. En plus de la perspective de mettre en place des projets de connexion ferroviaire avec de nouveaux ports, ce plan englobe des projets d’extension du réseau par des lignes à grande vitesse reliant les hubs entre eux. Le choix est fait pour l’adoption des systèmes autorisant des vitesses allant de 220 à 320km/h pour garantir une meilleure efficience des projets, indique ce Policy Paper.

Des opportunités d’investissements

«Avec l’installation des industriels le long de ce nouveau composant du système ferroviaire (Ligne Al boraq), le Maroc a déjà commencé à s’imposer comme vecteur du transport terrestre d’une chaîne industrielle Afrique-Europe. L’usine Renault Tanger Med est un exemple édifiant de cette articulation corridor et chaînes de valeur, car elle est bâtie sur un partenariat Europe-Afrique de coproduction et de co-investissement», relèvent les auteurs de cette analyse donnant comme exemple l’installation du Groupe PSA à Kénitra. A ce stade, la priorité serait aussi la création d’une liaison ferroviaire à grande vitesse entre Tanger et Lagouira, rapporte la même source ajoutant que cela permettra d’avoir un corridor de transport commercial à grande vitesse entre les rives de la Méditerranée occidentale et la frontière de l’Afrique de l’Ouest.

L’autre chantier prometteur est celui du nouveau port de Dakhla Atlantique, dont la construction nécessite un investissement de 10 milliards de dirhams. Ce projet répond à la logique du corridor axé sur l’infrastructure de transport et la base industrielle. «En effet, la réalisation du port de Dakhla Atlantique avec les infrastructures de connectivité y afférentes vise, entre autres, la mise en place d’un parc d’activités industrielles halieutiques, le développement d’une nouvelle zone industrielle et logistique à proximité du port, et l’accroissement des opportunités de navigation vers l’Afrique de l’Ouest», argumentent les auteurs de cette analyse.

Exemple du Gazoduc Maroc-Nigeria

Parmi les grands projets en cours, il faut dire que le gazoduc Maroc-Nigeria est «un réel témoin de la place marocaine dans le corridor Atlantique Europe-Afrique», explique ledit document relevant que cette initiative permettrait de connecter les ressources gazières nigérianes aux pays de l’Afrique de l’Ouest et au Maroc pour desservir l’Europe par la suite. «Il permettrait aussi le développement d’industries connexes le long du gazoduc. Il s’agit là encore de chantier qui répond à cette logique du corridor axé sur l’infrastructure de transport et la base industrielle», selon les auteurs de cette étude. A cela s’ajoute le Groupe OCP qui place le développement agricole en Afrique au cœur de ses priorités. «Le nouvel accord entre le Maroc et le Nigeria visant le développement d’une plateforme d’engrais pour un investissement de 1,3 milliard de dollars est une réelle manifestation de l’engagement du Maroc en faveur du développement agricole en Afrique et pour la mise en place d’un corridor atlantique articulé autour de la connectivité, de l’industrialisation et de la création de complémentarités régionales», peut-on lire dans ce document.

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