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Le Maroc relève le pari technologique à la 4ème édition du GITEX Africa

Photo : ALM Chafik Arich

Souveraineté numérique . Plateforme majeure de coopération panafricaine, Le Gitex Africa Morocco revient avec une nouvelle édition tournée vers des enjeux phares de l’industrie numérique, en l’occurrence l’intelligence artificielle que le Maroc décline en choix stratégique pour asseoir son ambition de hub technologique.

Le Maroc est en passe de devenir un hub technologique continental. Une vocation réaffirmée par le Chef du gouvernement lors du coup d’envoi, mardi 7 avril à Marrakech, de la 4ème édition du Gitex Africa Morocco. La grand-messe de la technologie et de l’innovation réunit cette année 50.000 participants et plus de 1.450 exposants issus de 130 pays, faisant de Marrakech un carrefour d’innovation où s’accélère le déploiement de solutions numériques à fort impact et se posent les fondations de la résilience économique future de l’Afrique. Organisée par le ministère de la transition numérique et de la réforme de l’administration, en partenariat avec l’Agence de développement du digital (ADD) et KAOUN International, filiale du Dubai world tradecentre, cette édition explorera les moyens pour catalyser l’économie numérique africaine à l’ère de l’intelligence artificielle. « Le Maroc s’impose aujourd’hui comme une plateforme fiable pour les infrastructures à forte valeur ajoutée, la recherche et l’innovation», affirme le Chef du gouvernement dans son mot d’ouverture. Et d’ajouter en s’adressant aux investisseurs du numérique présents : « Le Maroc est prêt à accueillir vos investissements.Cette préparation repose sur : une stabilité institutionnelle solide, un choix politique clair, des compétences humaines qualifiées et des infrastructures modernes». En ce qui concerne le Gitex Africa, le Chef du gouvernement rappelle que cet événement est né d’une idée essentielle : Offrir à l’Afrique une plateforme pour s’exprimer. «Après quatre éditions, ce pari est réussi. L’Afrique dispose de la jeunesse, de l’énergie et d’ambition. Elle a besoin aujourd’hui de routes numériques, financements adaptés, formations créatrices d’emplois, et marchés interconnectés», peut-on retenir de M.Akhannouch. Et de poursuivre : « La technologie n’a de valeur que lorsqu’elle améliore concrètement la vie des citoyens: un jeune qui trouve un emploi, un entrepreneur qui développe son projet, un citoyen qui accède facilement aux services. C’est pour cela que nous avons agi, et c’est pour cela que nous devons continuer».

Un choix politique tourné en une vision intégrée
L’appel à l’action lancé par le Chef du gouvernement lors de la cérémonie inaugurale du Gitex Africa Morocco illustre l’engagement du Maroc à faire de la donne numérique un catalyseur de développement et de la transformation digitale une politique publique de première importance. C’est d’ailleurs dans ce sens que l’Exécutif a consacré tout un département à ce secteur et a mis en œuvre une vision intégrée incarnée par la Stratégie nationale «Maroc Digital 2030». Ce choix politique transforme les initiatives dispersées en une feuille de route globale et cohérente. Une vision articulée autour de deux composantes, en l’occurrence «l’Etat numérique» à travers une cartographie de registres de données, la restructuration de plateformes administratives et le déploiement de solutions numériques, notamment dans le secteur de l’éducation, ainsi que « l’économie numérique» comme levier de création de valeur et d’emplois. Pour aligner les ambitions aux capacités, des moyens et ressources colossaux ont été mobilisés lors de cette mandature. Citons dans ce sens la consolidation du budget d’investissement passant de 11 millions de dirhams à 1,7 milliard de dirhams entre 2021 et 2024. Et pour promouvoir l’économie numérique, un contrat programme 2024-2030 a été signé pour le secteur de l’offshoring et des exportations numériques. Il a été procédé également à la publication d’une nouvelle circulaire encadrant ce secteur. L’objectif étant d’atteindre 270.000 emplois et près de 40 milliards de dirhams d’exportations à l’horizon 2030. Les résultats d’ores et déjà obtenus sont significatifs. Aziz Akhannouch énumère la création de 148.500 emplois et plus de 26 milliards de dirhams d’exportations de services à fin 2024.

Une stratégie qui porte ses fruits
M.Akhannouch est par ailleurs revenu sur les principaux résultats atteints dans le cadre de la Stratégie « Maroc Digital 2030». « La stratégie prévoit un écosystème complet d’accompagnement des startups, incluant des aides financières de subsistance, des prêts d’honneur, des financements d’amorçage, le soutien aux incubateurs et l’appui à la levée de fonds», a-t-il relevé. Et de préciser : « Cela s’est concrétisé notamment par une convention stratégique réunissant le ministère de l’économie et des finances, le ministère de la transition numérique, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, la Caisse de dépôt et de gestion et le programme Tamwilcom ».

Le Chef du gouvernement a assuré à cet effet que neuf sociétés de gestion ont été sélectionnées pour investir jusqu’à 2,5 milliards de dirhams dans les startups marocaines. L’ambition étant de lever les obstacles freinant leur croissance et de favoriser l’émergence de champions nationaux. En termes de formation, la convention signée avec le ministère de l’enseignement supérieur a permis de doubler le nombre de diplômés dans les métiers du numérique passant de 11.000 étudiants en 2022 à 22.000 à partir de 2024. Le programme JobInTech vient compléter ce dispositif en formant les jeunes aux métiers les plus demandés, avec plus de 2.800 bénéficiaires à ce jour.

IA : Le Maroc incarne la 3ème voie
Par ailleurs, la maîtrise de la révolution de l’intelligence artificielle figure parmi les choix stratégiques pris par le Maroc. Conformément aux Hautes Orientations Royales, le Royaume a privilégié la souveraineté technologique.
Une approche qui lui a fait gagner 14 places dans l’indice de préparation des gouvernements à l’IA en 2025. « L’arrivée de l’intelligence artificielle accélère le changement du paradigme digital mais aussi sociétal. L’IA peut également accélérer la fragmentation du monde et conduire au repli, sur fond de compétition exacerbée entre puissances pour dominer les chaînes de valeur de GPU et des supercalculateurs afin d’envisager de nouvelles méthodes d’analyse, de calcul et de décision», explique dans ce sens Amal Fellah Seghrouchni, ministre de la transition numérique et de la réforme de l’administration. «Notre ambition marocaine ne consiste pas à se positionner comme un poids plume face à des poids lourds. L’enjeu est d’inventer un nouveau jeu. C’est la troisième voie. C’est le pari technologique marocain au service du citoyen. C’est l’authenticité et la modernité». Tel qu’il est pensé par la tutelle, le pari technologique marocain se veut être « une initiative audacieuse» qui consiste à démontrer qu’il est possible de construire une puissance technologique qui ne se définit pas par la domination, mais par sa capacité à fédérer, à mettre l’innovation au service du développement et du bien commun, à l’échelle globale. A cet égard, le Maroc pourra incarner la troisième voie du digital et de l’intelligence artificielle en s’appuyant sur 4 piliers. Citons en premier une souveraineté technologique opérationnelle, orientée vers l’intérêt général et la transformation des secteurs stratégiques. A cela s’ajoute la modernité authentique, fondée sur un digital et une intelligence artificielle adaptés aux réalités économiques, sociales et culturelles du Royaume ainsi qu’une puissance technologique d’équilibre, capable de relier l’Europe, l’Afrique et l’Atlantique dans la recomposition des rapports de force à l’échelle mondiale et une boussole stratégique pour le dialogue international sur le digital et l’intelligence artificielle. «En se positionnant comme puissance technologique d’équilibre, capable de relier l’Europe, l’Afrique et l’Atlantique dans la recomposition géopolitique en cours, le Royaume du Maroc offre plus qu’un hub, il offre un liant», précise la ministre. Pour ce faire, un programme multi-générationnel et transverse et des actions opérationnelles et mesurables ont été engagés. Parmi les initiatives lancées, on cite la création de l’institut «Jazari Root» ainsi que l’initiative « Intelligence artificielle made in Morocco » visant à faire de l’IA un levier de souveraineté, de justice territoriale et de développement inclusif. Sur le plan des infrastructures, le Royaume a modernisé sa compétitivité à travers le lancement effectif de la 5G avec une ambition de couverture de 45 % de la population d’ici fin 2026 et 85 % d’ici 2030. L’Internet fixe à très haut débit continue de se généraliser, avec plus de 1,4 million d’abonnements fibre à fin 2025 au moment où un programme cible 1.800 communes rurales pour éliminer les zones blanches. Le Maroc a également accueilli un premier grand investissement d’un acteur mondial du cloud, avec la création de centres de données et d’un centre R&D à Casablanca, générant plus de 700 emplois qualifiés.

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