Le nouveau modèle de développement trace des pistes de développement de la logistique marocaine : Vers l’éclosion d’un secteur moderne, compétitif et résilient

Le nouveau modèle de développement trace des pistes de développement de la logistique marocaine : Vers l’éclosion d’un secteur moderne, compétitif et résilient

Un plan national de formation dans les métiers logistiques devrait être élaboré apportant ainsi une réponse aux impératifs de la demande en services logistiques nationales et internationales.

Déficit de régulation, faiblesse de coordination entre les acteurs, qualité insuffisante de l’offre de service de transport routier et faible recours des entreprises marocaines à la démarche «Supply Chain Management»…. Autant de lacunes relevées par la Commission spéciale sur le nouveau modèle de développement. Le diagnostic établi dans ce sens a mis l’accent sur les principales contraintes qui bloquent le développement du secteur de la logistique au niveau national. Face à cela, quatre objectifs majeurs ont été définis. Le but étant de favoriser l’éclosion d’un secteur à la fois moderne, compétitif et résilient. Le premier objectif fixé est de diminuer le coût du transport et de la logistique à 12% du PIB à l’horizon 2035. Il est également recommandé de faire émerger un tissu dense d’acteurs structurés et innovants de taille moyenne, de réduire nettement la part de l’informel dans le secteur particulièrement dans le transport routier et l’entreposage ainsi que de renforcer la multimodalité et augmenter la part du transport ferroviaire dans le transport de marchandises. La réalisation de ces objectifs dépend de la mise en œuvre de leviers stratégiques (voir encadré).

«La mise en œuvre explicite de la vision du nouveau modèle de développement gagnerait à intégrer ses recommandations opérationnelles dans la stratégie de développement logistique 2030 en cours de déploiement moyennant une évaluation à mi-parcours rigoureuse de cette stratégie», peut-on relever dans ce sens. Il est recommandé de développer le réseau national intégré des zones logistiques multi-flux avec une couverture géographique qui tient compte des vocations sectorielles des territoires et d’une connectivité multimodale appropriée entre les zones de production, d’approvisionnement et de commercialisation. L’idée étant de garantir l’optimisation des flux de marchandises et par conséquent renforcer la compétitivité logistique nationale. La modernisation de la profession et l’émergence d’acteurs logistiques performants sont également de mise.

Ceci passe par le développement de compétences tant opérationnelles que managériales. A cet égard, un plan national de formation dans les métiers logistiques devrait être élaboré apportant ainsi une réponse aux impératifs de la demande en services logistiques nationales et internationales. Parmi les recommandations formulées, on relève l’évaluation du processus de la logistique. Cette dernière devrait être établie sur le plan territorial en tenant compte des spécificités de chaque région et de son potentiel d’intégration sectorielle.

Les quatre leviers identifiés

1) La gouvernance s’érige en priorité. En effet, le développement intégré et cohérent du secteur dépend d’une gouvernance renforcée. Pour ce faire, il est proposé de mettre en place un pôle étatique intégré pour piloter l’ensemble de l’activité logistique ainsi que de renforcer le rôle de l’Agence marocaine du développement logistique (AMDL) en tant que coordinateur des initiatives des opérateurs du secteur.

2) La création de corridors nationaux intégrés fait partie des leviers identifiés dans le cadre du nouveau modèle de développement. La priorité étant d’œuvrer en faveur de l’organisation des flux autour d’un schéma logistique lisible partant des principaux passerelles (gateways) internationales du Maroc à l’instar de Tanger Med et Casablanca et desservant les centres de communication et de production au niveau des territoires via des hubs multimodaux tels que les ports, villages de fret et zones logistiques. Il est proposé dans ce sens d’encourager la sortie des activités logistiques actuelles vers l’extérieur des villes, moyennant des solutions alternatives structurées qui présentent des coûts compétitifs en termes de location d’espace et de service.

3) Le troisième levier proposé dans le cadre du nouveau modèle de développement n’est tout autre que l’émergence d’acteurs logistiques privés compétitifs. L’idée étant de soutenir l’émergence d’une nouvelle génération de prestataires logistiques qui répondent aux normes internationales et offrent des services intégrés. Il est également préconisé d’encourager l’agrégation des acteurs autour d’entités de taille moyenne à travers des coopératives ou des groupements d’intérêt économique tout en favorisant la digitalisation du secteur via des plateformes multifonction.

4) Le ferroviaire jouerait également un rôle important dans cette dynamique. D’où l’intérêt de privilégier le développement de ce secteur comme vecteur de la mobilité durable. Se référant aux recommandations du nouveau modèle de développement, le réseau ferré devrait s’ériger en épine dorsale de la multimodalité assurant ainsi une complémentarité entre les différents modes de transport. Il est proposé dans ce sens de promouvoir l’intervention de l’initiative privée par l’ouverture du marché du ferroviaire à la concurrence avec une expérimentation préalable sur des tronçons cibles.

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