Le Patrimoine financier des ménages franchit la barre des 876 MMDH

Le Patrimoine financier des ménages  franchit la barre des 876 MMDH

Constitué de 82,7% des dépôts bancaires, de 10,8% des placements en assurance vie et de 6,5% des actifs sous forme de valeurs mobilières

Contrairement aux attentes, le patrimoine financier des ménages ne s’est pas détérioré en cette période de crise. Il s’est, en effet, consolidé de 43 milliards de dirhams en 2020 atteignant ainsi un total de 876 milliards de dirhams. C’est ce que l’on peut relever du dernier rapport de Bank Al Maghrib sur la stabilité financière, élaboré conjointement avec l’ACAPS et l’AMMC. Le patrimoine des ménages est constitué à hauteur de 82,7% des dépôts bancaires, de 10,8% des placements en assurance vie et de 6,5% des actifs sous forme de valeurs mobilières. S’agissant de son rythme de progression, la Banque Centrale relève un léger ralentissement en 2020. Le patrimoine financier des ménages a ainsi accru de 5,1% contre une croissance de 5,3% en 2019 et une moyenne de 5,5% sur les cinq dernières années. « Ce rythme demeure, toutefois, soutenu en 2020 malgré le contexte de la crise Covid-19 », explique Bank Al Maghrib qui observe sur la même période une baisse de la consommation finale des ménages notamment au deuxième trimestre de l’année, et ce du fait des mesures de restrictions et de confinement sanitaire. Le repli relevé est de 20,5% au deuxième trimestre et de 9,8% au troisième trimestre. Sur l’ensemble de l’année, la consommation finale des ménages affiche une baisse de 4,1%.

Les dépôts bancaires en consolidation de 38 MM DH

D’après les constats faits par Bank Al Maghrib dans le cadre de son rapport sur la stabilité financière, on note une progression vigoureuse des dépôts bancaires des ménages au titre de l’exercice 2020. Ces derniers se sont élevés à 724 milliards de dirhams en amélioration de 5,5% soit un additionnel de 38 milliards de dirhams. Dans le détail, 534,3 milliards de dirhams des dépôts reviennent aux résidents (+6,6%) contre 189,7 milliards de dirhams pour les MRE (+2,6%). On note également une croissance à deux chiffres des dépôts en devises des particuliers résidents.

Ils ont grimpé de 12,8% en 2020 contre 2,8% en 2019. Toutefois, leur part dans le total des dépôts des particuliers résidants demeure limitée à 1,1%. S’agissant des dépôts à vue, ils ont connu une accélération de 10% en glissement annuel se situant ainsi autour de 456 milliards de dirhams soit 63% des dépôts. Pour leur part, les comptes d’épargnes affichent une nette décélération passant d’une croissance de 4,7% à 1,9%. Ils atteignent à fin 2020 les 166,5 milliards de dirhams. Une évolution, qui selon Bank Al Maghrib, reflète que les dépôts à terme se sont de nouveau contractés de 6,4%, soit un retrait de 6,5 milliards de dirhams en une année.

Leur part dans le total des dépôts s’est ainsi réduite à 13% au lieu de 14,6% en 2019 et 17,2% en 2016. «Cette évolution s’expliquerait, entre autres, par la tendance baissière des taux d’intérêt rémunérant les dépôts à terme, observée ces dernières années, qui n’encourage pas les particuliers à faire des placements en ces produits», fait savoir Bank Al Maghrib. Et de préciser qu’en 2020, «les taux moyens pondérés des dépôts à 6 mois et 12 mois se sont établis respectivement à 2,56% et 2,87% après 2,72% et 3,01% en 2019 et 2,77% et 3,09% en 2018 ».

Les placements en valeurs mobilières impactés par la Covid

Par ailleurs, les régulateurs observent dans leur rapport une progression de 9,1% du montant global des placements des ménages sous forme de contrat d’assurance vie et ce après une croissance de 12,4% une année auparavant. « Ce type de placements reste attrayant en raison de ses avantages fiscaux », relève-t-on de la Banque Centrale.

En revanche, l’impact de la crise sanitaire s’est fait sentir sur les placements des ménages en valeurs mobilières. Une contraction de 5% a été relevée en 2020 contre une hausse de 7,4% en 2019. Ces placements se sont chiffrés à 57 milliards de dirhams composés à hauteur de 97% d’actions et de titres d’OPCVM. La part des titres de créance privés a, pour sa part, reculé en 2020. Elle est revenue à 2,9% après 7,4% en 2019.

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