Le Royaume se trouve à la 18ème place mondiale sur un total de 82 pays et régions évalués, se positionnant devant plusieurs grandes économies minières.
Nouveau dispositif : Le Maroc est considéré comme le pays africain le plus attractif dans le secteur des mines. Le Plan Maroc Mines, lancé en juin 2021, est une sorte de feuille de route avec pour objectif d’impulser une nouvelle dynamique au secteur minier national.
Selon le rapport annuel publié en juillet 2025 par le Fraser Institute, un centre de recherche canadien reconnu, le Maroc est considéré comme le pays africain le plus attractif dans le secteur des mines. En d’autres termes, le Royaume se trouve à la 18ème place mondiale sur un total de 82 pays et régions évalués, se positionnant devant plusieurs grandes économies minières. Deux critères déterminent le classement : le potentiel géologique et l’environnement politique et réglementaire influençant les décisions d’investissement. Avec 89,9 points sur 100, le Maroc devance notamment des pays comme le Brésil (56ème), le Ghana (46ème), l’Afrique du Sud (68ème) ou encore la Colombie (66ème).
En 2023, le Royaume occupait la 27ème place. Une progression qui traduit une nette amélioration du climat d’investissement et une plus grande stabilité des règles encadrant le secteur. Bien sûr il y a le Plan Maroc Mines lancé en juin 2021, une sorte de feuille de route avec pour objectif d’impulser une nouvelle dynamique au secteur minier national pour rehausser ses performances et son impact socio-économique. Ce plan est venu ainsi apporter les ajustements nécessaires et appropriés en tenant compte des impératifs conjoncturels et de la convergence des intérêts des différentes parties prenantes. Une évaluation de cette stratégie a été établie à mi-parcours permettant d’identifier un bon nombre d’enjeux.
A commencer par la dynamisation de la recherche et de l’exploration minières, le renforcement de la professionnalisation des opérateurs miniers, l’adaptabilité de l’organisation du secteur ainsi que la valorisation de l’image du secteur et l’amélioration de son acceptabilité sociale et de son impact sur le développement local. L’impératif étant également de doter le secteur d’un capital humain qualifié et de capitaliser sur le savoir-faire nécessaire au développement et à la pérennité du secteur minier national. Il est également question d’adapter le cadre juridique, les moyens financiers et fiscaux aux spécificités du secteur. Il faut dire que ce nouveau dispositif ambitionne de faire du secteur minier national un secteur performant et compétitif apte à jouer le rôle de locomotive d’un développement responsable et durable.
Et il y a des objectifs opérationnels à atteindre pour le Plan en question comme de tripler le chiffre d’affaires du secteur à plus de 15 milliards de dirhams alors qu’il se situait autour de 6,5 milliards de dirhams en 2020. La finalité étant également de multiplier par 10 le volume d’investissement dans l’exploration et la recherche minières à près de 4 milliards de dirhams et de doubler le nombre d’emplois générés par le secteur à plus de 30.000 emplois directs.
Comment supporter et accompagner…
Pour implémenter le Plan Maroc Mines il faut un ensemble de mesures de support et d’accompagnement. On peut citer le renforcement du rôle de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM). Acteur public de référence, l’Office sera chargé, dans le cadre de cette nouvelle vision, d’appuyer à la fois l’effort d’exploration et de recherches dans un zonage élargi et l’exploration et la recherche des minerais stratégiques au niveau national. Il s’agit aussi de développer un laboratoire minier ainsi que de renforcer et développer des missions de la direction géologique. On peut également citer, en tant que mesure, l’accompagnement des TPME minières ainsi que l’émergence d’une industrie de valorisation des produits miniers à travers la mise en place d’une réglementation souple ainsi que des mesures fiscales adaptées. Le développement de la formation et des ressources humaines qualifiées figure également parmi les priorités. A cet égard, de nouveaux instituts de formation seront créés dans les régions à vocation minière. Il sera également procédé à la mise en place d’un observatoire minier. A cela s’ajoutent le développement d’un laboratoire minier ainsi que le développement de la recherche et de l’exploration des minerais stratégiques. Ceci passe par la création d’une commission dédiée ainsi que l’identification des minerais et l’actualisation des listes pour répondre aux besoins du marché. Ainsi, si le Maroc occupe déjà la première place sur le continent africain, suivi du Botswana (74 points) et de la Zambie (72 points), il se hisse également à des niveaux proches de régions minières de référence telles que l’Ontario (15ème) au Canada et l’Australie-Occidentale (17ème).
Grande nouveauté : Un régime fiscal adapté
Instaurer un régime fiscal adapté à ce secteur est considéré comme une grande nouveauté du Plan Maroc Mines. Ce volet concerne aussi bien l’exploration et la recherche que l’exploitation et l’enrichissement. Pour ce qui est du premier volet, il est prévu d’exonérer les prestations de services en phase de recherche minière des droits de douane sur les biens d’équipement et de la TVA. Il y a aussi l’admission temporaire de tous matériels et consommables durant la durée de validité des titres miniers ainsi que l’augmentation des montants de rémunérations pour les services rendus lors de l’attribution des titres miniers. Concernant l’exploitation et l’enrichissement, le Plan prévoit l’exonération de l’impôt sur la société durant les cinq premières années d’exploitation des sociétés minières exportatrices à l’instar des entreprises des autres secteurs. Il est également proposé de mettre en place un crédit de recherche de gisement minier ainsi que l’actualisation des taux d’amortissement des biens d’exploitation dans le secteur minier.










