Economie

Le solaire marocain s’exporte en Afrique

L’Agence marocaine pour l’énergie solaire (Masen) vient d’annoncer hier, lundi, la création d’Alsolen, une société qui se chargera du développement, de l’industrialisation et de la commercialisation de centrales solaires thermodynamiques. Particularité de ce nouveau venu : il sera essentiellement tourné vers des marchés internationaux.

Alsolen est le fruit d’un accord tripartite signé hier, lundi, entre Masen, le Commissariat français à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et le groupe industriel  français Alcen. La société sera codétenue par Masen et Alcen, à hauteur de 50% pour chaque partie. Le financement est, lui aussi, partagé à parts égales par les deux entités qui fourniront un budget de départ de 30 millions d’euros, soit un peu moins de 300 millions de dirhams chacun. «Ses missions se déclinent en trois axes principaux : l’industrie, la recherche et développement, ainsi que la mise en place de projets dans plusieurs pays», a précisé Mustapha Bakkoury, président de Masen.
Alsolen prévoit, dans un premier temps de lancer deux projets vitrines de référence au Maroc, avec l’objectif de répondre aux besoins de zones agricoles, industrielles, ou encore de zones non connectées au réseau. Les activités de l’entreprise marocaine seront, ensuite, essentiellement dirigées vers l’international, notamment les pays d’Afrique subsaharienne. «Je ne peux pas donner de noms de pays à ce stade, mais pensez aux pays africains avec un grand potentiel solaire comme la Mauritanie ou le Sénégal», a noté Bakkoury.
La société proposera deux types de produits. Des centrales de moyenne puissance, jusqu’à 200MWe de capacité, destinées à des pays au réseau électrique peu développé, aux régions isolées et aux industriels, ainsi que des centrales de forte puissance, à partir de 50MWe de capacité, qui devront s’insérer dans les réseaux électriques nationaux ou régionaux. «Alsolen détiendra deux sociétés, chacune chargée d’un type de centrale», a précisé Pierre Prieux, président du Groupe Alcen. Alsolen se distinguera, par ailleurs, par la technologie qu’elle utilise. Ces centrales placeront la chaleur au centre de leur processus industriel, ce qui permet plusieurs utilisations, au-delà du processus traditionnel : conversion de la chaleur en électricité ou en froid, utilisation directe de la chaleur ou encore dessalement de l’eau de mer.

Un second accord, conclu entre Masen et le CEA, prévoit une collaboration entre les deux entités en matière de recherche et de développement. Il se traduira, entre autres, par la mise en place d’un laboratoire de recherche commun au Maroc et le lancement de plusieurs projets de collaboration et de transfert de compétences.

«Il s’agit de moissonner l’expertise qu’a accumulée Masen pendant ces cinq ou six dernières années», a déclaré Daniel Verwaerde, administrateur général du CEA. Les recherches menées dans le cadre de cette coopération prendront place dans la centrale thermique d’Ouarzazate et serviront à accompagner les projets d’Alsolen. De manière globale, certains des axes de recherche seront le dessalement de l’eau de mer, l’étude de la durabilité des centrales d’énergie solaire, la sécurité des grandes installations solaires ainsi que la question du stockage de l’électricité.
 

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