Economie

Le temps est à la réflexion à la CGEM

Au-delà de la course à la candidature à la présidence de la CGEM des trois prétendants, Hassan Chami candidat à sa propre succession, Adnnane Dabbagh dauphin déclaré et Mourad Bellemaachi qui tente sa chance encore une fois, le temps est plutôt à la réflexion. Le comité d’éthique de la confédération s’est penché sur la manière permettant de hausser le degré de la compétitivité de l’économie nationale à travers la pratique d’une bonne gouvernance.
À l’aide des expériences réelles que les intervenants ont tenu à partager avec l’assistance, des contributions, riches en informations, ont alimenté le débat. Parmi elles, l’intervention de Dounia Taarji, DG du CDVM qui, à travers l’expérience des marchés financiers, a lancé un appel à des initiatives réalisables afin de mieux encourager l’approche. Les membres du comité ont souligné que l’amélioration, l’adaptation continue et le strict respect des codes déontologiques ne sont plus facultatifs, applicables selon les circonstances ou l’humeur du chef d’entreprise, mais une option stratégique. «Cette révolution managériale à laquelle appelle le patronat doit être soutenue par un nouvel arsenal de mesures permettant à l’économie marocaine d’être au diapason des mutations qui s’opèrent aux plans régional et international » affirme Mohamed Soual, membre du comité d’éthique. De son côté, Abdessalam Sijelmassi, membre du comité a résumé les origines de la non-appliquabilité des lois au manque de maturité démocratique, à la gestion archaïque des entreprises et au déficit de contrôle.
Selon une enquête réalisée par un organisme international en 2002, auprès d’un échantillon de 201 investisseurs dans 31 pays, 85% considèrent que les pratiques de la gouvernance d’entreprise (GE) sont au moins aussi importantes que la performance financière dans l’évaluation des opportunités d’investissement dans les pays, et 73 % sont prêts à payer davantage pour les actions d’une entreprise bien gouvernée. «Cette étude montre que la prime à la bonne gouvernance varie de 11% à 41% (Maroc 41%), avant de résumer qu’une bonne GE peut constituer un puissant avantage concurrentiel pour l’entreprise ’ précise Rachid Belkahia membre actif du comité.  La gouvernance d’entreprise est par ailleurs devenu un critère d’attente des analystes et des investisseurs. Les acteurs du marché boursier se sont préoccupés d’assurer une mise en place de la «gouvernance d’entreprise» à l’occasion des privatisations et face à l’importance fondamentale des investisseurs étrangers, dont les fonds de pension américains.
«La gouvernance d’entreprise peut être considérée comme un équilibre entre la primauté inconditionnelle de l’actionnariat et les excès de l’ère managériale» explique Abdessalam Aboudrar, l’autre membre du comité éthique. Ainsi, l’éveil à la gouvernance d’entreprise des opérateurs boursiers traduit la préoccupation des gérants de fonds de développer la valeur des investissements de leurs clients en exerçant tous les droits que leur confère le statut des actionnaires. Il s’agit d’une participation active aux assemblées mais aussi de ne pas se contenter de la «Wall Street Walk», mais d’exercer leur influence sur la gestion en exerçant si besoin les recours contentieux. En ce qui concerne les dirigeants, il s’agit de la nécessité pour les administrateurs d’exercer un rôle actif, pour les dirigeants de démontrer le respect des actionnaires et de veiller à la création des valeurs pour les épargnants.