Une rencontre organisée par l’ Office du développement de la coopération
Outil stratégique : À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des coopératives, placée cette année sous le thème «Les coopératives, vecteurs de paix par l’économie sociale et la solidarité», l’ Office du développement de la coopération, à travers sa délégation régionale de Béni Mellal-Khénifra, en coordination avec le Comité provincial du développement humain de la province de Béni Mellal, a organisé, lundi 6 juillet 2026, à la Chambre régionale d’agriculture de Béni Mellal, une rencontre de communication consacrée au rôle des coopératives dans le développement économique et social.
Dans son allocution d’ouverture, Taoufik Riad, délégué régional de l’ODCO à Béni Mellal-Khénifra, a souligné l’importance de cette rencontre, qui vise à mettre en lumière la contribution du secteur coopératif au développement socio-économique du Royaume. Il a rappelé que le modèle coopératif constitue un outil stratégique permettant d’atteindre des objectifs de développement tout en tenant compte des spécificités de chaque secteur d’activité. Ce modèle répond aux besoins des adhérents en facilitant l’accès aux moyens de production à moindre coût et en améliorant les conditions de commercialisation des produits.
Le responsable a également mis en avant le rôle de la mutualisation des ressources et de la coopération entre les unions de coopératives dans la valorisation de la production et l’amélioration des performances économiques. Selon lui, le mouvement coopératif représente un levier essentiel pour l’amélioration des conditions socio-économiques des populations, notamment à travers la promotion de l’auto-emploi, la création de richesses et le développement de revenus durables. Il contribue également au développement territorial grâce à la valorisation des produits du terroir et à la promotion des potentialités touristiques locales, tout en s’inscrivant dans une démarche de développement durable fondée sur le travail décent, la préservation de l’environnement et le bien-être des familles.
Taoufik Riad a, par ailleurs, indiqué qu’au niveau national, les coopératives contribuent actuellement à hauteur de 3% du produit intérieur brut (PIB), précisant que l’ambition nationale consiste à porter cette contribution à 8% à l’horizon 2035, avec un objectif de création de 50.000 emplois. Il a rappelé que le Royaume compte aujourd’hui près de 69.000 coopératives regroupant plus de 825.954 adhérents, confirmant ainsi le rôle majeur de ce secteur dans le développement économique et social.
Pour sa part, Abderrahmane Jaber, chef de la division de l’action sociale (DAS) dans la province de Béni Mellal, a souligné que cette célébration constitue une occasion privilégiée pour mettre en lumière le rôle des coopératives dans le renforcement de la cohésion sociale et la pérennisation des projets de développement. Il a précisé que cette rencontre a réuni l’ensemble des partenaires intervenant dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, dans le but d’évaluer les réalisations accomplies à l’échelle provinciale, d’identifier les contraintes rencontrées par les coopératives et de recueillir leurs propositions afin d’améliorer la qualité des interventions et de renforcer l’efficacité des programmes d’accompagnement.
Le responsable a rappelé qu’entre 2019 et 2025, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) a contribué au financement de 215 projets relevant de l’économie sociale au niveau de la province de Béni Mellal, dont 187 projets portés par des coopératives. Il a précisé que les coopératives féminines représentent 54% des projets soutenus, tandis que les femmes constituent plus de la moitié des bénéficiaires de l’ensemble des initiatives financées. Il a également indiqué que les zones montagneuses concentrent près de 30% des projets réalisés, alors que plus de 80% des initiatives sont implantées en milieu rural.
Concernant les secteurs d’activité, Abderrahmane Jaber a souligné que l’agriculture et les activités connexes occupent la première place, suivies de l’artisanat, les services et le tourisme. Il a estimé que le secteur coopératif constitue un outil efficace pour atteindre les objectifs du développement durable sur les plans économique et social, notamment à travers la lutte contre la pauvreté, la réduction des inégalités et l’intégration des petits producteurs dans les circuits économiques.
À cette occasion, une présentation a été consacrée au rôle de l’Initiative nationale pour le développement humain, lancée en 2005, et plus particulièrement à son programme dédié à l’amélioration des revenus et à l’inclusion économique des jeunes, qui vise à renforcer l’insertion économique des femmes et des jeunes.
Les données présentées lors de cette rencontre révèlent qu’à fin 2025, la région de Béni Mellal-Khénifra comptait environ 5.140 coopératives regroupant 83.944 adhérents. Le secteur agricole arrive en tête avec 3.319 coopératives, suivi de l’artisanat (1.061), du commerce et des services (173), de la lecture (156), du tourisme (72), des plantes médicinales et aromatiques (67), de la forêt (67), des industries alimentaires (34), du logement (43), du recyclage (29), des arts et de la culture (24), de l’imprimerie (19), du transport (16), de la gestion et du conseil (10), de l’exploitation des carrières (8), du commerce électronique (6) et des coopératives de main-d’œuvre (6).
La répartition territoriale fait ressortir une forte concentration des coopératives dans la province de Khouribga avec 1.426 structures, suivie d’Azilal (1.282), de Khénifra (851), de Fquih Ben Salah (808) et de Béni Mellal (773).
S’agissant de l’entrepreneuriat féminin, la région compte 576 coopératives féminines, soit 11% du total régional, regroupant 5.092 adhérentes, représentant 13% des membres au niveau régional et 6% à l’échelle nationale. Ces coopératives opèrent principalement dans les secteurs de l’agriculture (185 coopératives), de l’artisanat (118), du commerce (20), des industries alimentaires (17), de l’éducation (11) ainsi que des produits pharmaceutiques et de parfumerie (11).
En conclusion, les intervenants ont souligné que l’économie sociale et solidaire constitue aujourd’hui un levier stratégique pour la création de richesses, le développement territorial, la stabilité sociale et le maintien des populations dans leurs territoires, particulièrement dans les zones rurales, tout en contribuant à la consolidation de la paix sociale et du développement durable.










