Les agriculteurs en détresse

Les agriculteurs en détresse

C’est un véritable appel au secours que viennent de lancer les agriculteurs du pays au gouvernement. Réunis mardi dernier à Rabat, les membres de la Chambre d’agriculture et des associations professionnelles nationales ont dressé un constat de la situation sans équivoque : le secteur est bel et bien sinistré. Une qualification qui, sous d’autres cieux, implique la mise en place par le gouvernement d’une série de mesures d’aide aux sinistrés. Pour l’heure, les professionnels tentent de faire une évaluation des dégâts et pertes enregistrées. Le gouvernement a été invité, dans ce cadre, à travailler dans ce sens: établir d’urgence un diagnostic précis de la situation en partenariat avec les professionnels, déclarer les zones sinistrées et arrêter une enveloppe financière destinée à la compensation des personnes touchées.
Auprès du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes, le constat se veut plus nuancé. Ainsi, on précise que les basses températures accompagnées de gelées et de chute de neige, ont eu «des impacts très variables» selon les régions, les types de cultures et les plantations. Les superficies touchées sont localisées essentiellement au niveau du Gharb-Loukkos, du Prérif, de Tadla-Haouz et de Saïss. Les cultures et les plantations les plus touchées sont les légumineuses alimentaires (fèves et petit pois), l’arboriculture fruitière (bananier, avocatier et amandier) et la canne à sucre.
L’impact du déficit hydrique commence à affecter les cultures dans certaines régions où le cumul pluviométrique est très faible, notamment dans la région du Tensift et l’Oriental. Certaines cultures ont fait l’objet d’un traitement particulier, à l’image de la canne à sucre. Selon les premières estimations, les attaques du gel sont presque généralisées sur l’ensemble des plantations au niveau des deux périmètres du Gharb et du Loukkos. Pour atténuer les effets du gel, plusieurs dispositions sont actuellement prises : augmentation de la cadence d’usinage pour éviter la dégradation accentuée de leur qualité, production des boutures à partir des cannes légèrement gelées, afin d’assurer la réalisation des programmes de plantation futurs, notamment en automne 2005.
Toujours selon le ministère de l’Agriculture, le degré des dégâts diffère d’une exploitation à l’autre, et ce selon les techniques employées et les types de culture. Sur le terrain, des commissions mixtes, regroupant les services du département de l’Agriculture, des Chambres d’agriculture et des associations professionnelles, mènent actuellement des prospections pour évaluer l’ampleur des dégâts.
Ces opérations vont-elles donner lieu à l’indemnisation des agriculteurs touchés ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus que la problématique des catastrophes naturelles ne fait l’objet d’aucun dispositif d’aide au niveau étatique. La situation est d’autant plus problématique que les agriculteurs ne pensent pas à s’assurer contre ce genre de risque. Une réflexion entamée par la CDG, depuis le séisme d’Al-Hoceima, s’oriente vers la mise en place d’un fonds national d’indemnisation en cas de catastrophes naturelles. En attendant, le problème persiste. Jusqu’à quand ?

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