Les banquiers d’affaires de la City menacés par des suppressions d’emplois

«Nous pensons maintenant qu’entre ses niveaux les plus élevés en 2000 et son plancher en 2003, la City va perdre 20.000 emplois», a déclaré cette semaine Douglas McWilliams, directeur du Centre for Economics and Business Research. Le chiffre de 17000 suppressions d’emplois cité jusque-là pour l’ensemble des services financiers de Londres pourrait s’avérer en effet trop prudent. Car depuis dix-huit mois, c’est une véritable déferlante de réductions d’effectifs qui touche le secteur des banques d’investissement. «Si, en pourcentage, les licenciements représentent moins de la moitié de ceux décidés au début des années 90, il s’agit d’un ajustement de taille, comparé à la tendance précédente», ajoute Douglas McWilliams. Ainsi, pas plus tard que la semaine dernière, la banque Suisse UBS a annoncé 200 suppressions d’emplois à Londres, où elle emploie quelque 6.000 personnes dans sa filiale UBS Warburg. Vendredi dernier, le Times de Londres affirmait que la Deutsche Bank s’apprêtait à annoncer des milliers de suppressions d’emplois, en plus des 9200 déjà programmées l’an dernier au niveau mondial.
À Francfort, la direction de la première banque allemande a démenti ces informations, les qualifiant de pure spéculation. Pourtant, la Deutsche avait indiqué en avril qu’elle voulait réduire ses coûts de deux milliards d’euros, ce qui selon les analystes devait se traduire par la suppression de 5000 emplois. Une autre banque allemande, la WestDeutsche Landesbank, a également annoncé le mois dernier qu’elle comptait réduire de 16 % les coûts de sa filiale WestLB Panmure, qui a déjà supprimé 430 postes l’an dernier à Londres.
Si la première vague de licenciements, à partir de la fin 2000, s’est limitée aux activités administratives et aux employés juniors des salles de marché, la décision d’UBS de licencier 55 de ses banquiers d’affaires les mieux payés suggère que cette fois, le couperet risque de passer plus près des banquiers seniors. La nouvelle vague de licenciements qui secoue la City et les 600000 âmes qui y travaillent fait suite à un recul prolongé des marchés boursiers qui se retrouvent actuellement au même niveau qu’il y a quatre ans.
Certes, les banques sont parvenues dans un premier temps à résister en restant actives sur les marchés obligataires et en réduisant les primes et les coûts non salariaux. Mais aujourd’hui, elles se retrouvent directement menacées, car les marchés obligataires se replient à leur tour, le marché jugeant imminente une prochaine hausse des taux d’intérêts qui pèsera sur les valeurs des obligations.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *