Economie

Les finances marocaines résistent aux crises : Les voies de l’émergence économique

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Crise économique, Printemps, et d’autres aléas n’ont pas réussi à affaiblir la cadence du Maroc sur le plan financier. Et pour preuve, une dynamique économique prometteuse s’est déclenchée sous l’égide de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dotant l’économie nationale d’une résilience particulière dans un contexte régional et mondial peu favorable. C’est ce dont témoigne Othmane Gair, enseignant chercheur à l’université Hassan II, Mohammedia-Casablanca (voir entretien). Pour raffermir ses structures et consolider son positionnement à l’échelle internationale, le Royaume a ouvert un large chantier sectoriel, donnant un nouvel élan à l’économie nationale.

Le Maroc mise grand sur des secteurs majeurs. Citons dans ce sens l’agriculture, l’industrie et services. Ces trois pôles offrent dans leur globalité d’importantes opportunités de croissance en termes de rentabilité et d’emploi. Selon M. Gair, «le Maroc, en voulant développer divers secteurs en parallèle cherche à renforcer son autonomie face aux fluctuations des prix au niveau mondial (nourriture et énergie), rééquilibrer sa balance commerciale (production industrielle), tout en se focalisant sur de nouvelles niches de croissance de nature tertiaire (centre d’appels, NTIC)». Ce vent de renouveau inscrit, donc, le marché économique national dans une sphère beaucoup plus compétitive. Cette transition a été accompagnée d’un mouvement de réformes institutionnelles. Le Maroc a migré vers une législation économique performante le distinguant ainsi des autres pays voisins.

De même, le Royaume a procédé à l’actualisation de son produit financier en tablant sur de nouveaux modèles économiques. Citons dans ce sens le projet Casa Finance City qui transformera ainsi la gouvernance économique en une vision plus globale et mondiale. «Casa Finance City est le prolongement de la dynamique régionale du Royaume. C’est un nouvel élan que ce projet donnera aux orientations touchant l’économie réelle, à travers l’attractivité des capitaux étrangers venant chercher des opportunités d’investissement et de placement prometteuses», explique dans ce sens Otmane Gair. Le Maroc a révisé, par ailleurs, sa loi bancaire modernisant ainsi les structures financières.

L’adoption de projet de banques participatives vient enrichir l’offre bancaire drainant ainsi de nouveaux instruments de placement. En dépit de tout ce mouvement restructurant, le Maroc fait toujours face à des défis majeurs. Le prochain cap resterait de maîtriser la capacité d’endettement pour atteindre l’équilibre micro et macroéconomique à l’image des pays les plus développés.

Trois questions à Otmane Gair, enseignant-chercheur à l'Université Hassan II, Mohammedia-Casablanca

Comment se manifeste le boom financier du maroc ?
Otmane Gair : Il faut signaler que l’amélioration du positionnement marocain à l’international va de pair avec l’accomplissement des chantiers de réformes économiques et institutionnelles. L’engagement ferme par le Maroc sur la voie de la démocratie et l’État de droit offre autant de confiance et de crédibilité vis-à-vis de l’économie nationale comme à l’égard de l’État et de ses engagements.  C’est d’ailleurs ce qui a encouragé de nombreux grands opérateurs mondiaux à accompagner les projets structurants du Royaume. La soutenabilité de la réforme et du changement dans la stabilité, au-delà des effets de la conjoncture, constituent autant de facteurs ayant contribué fortement à doter le Maroc d’un statut particulier, se répercutant positivement sur la notation de la solvabilité du pays et de son attractivité.

Après avoir effectué plusieurs sorties à l’international,le Maroc s’expose-t-il au surendettement ?
Depuis le début des années 2000, le Maroc a accompli des efforts notables en matière de réforme des finances publiques, dont notamment la réduction de la dette extérieure, ce qui a permis au pays de mener sa politique économique de façon autonome ; la crise économique mondiale et l’aggravation du déficit budgétaire, à cause de l’explosion des charges de la compensation, font qu’il y a un besoin croissant de financement du budget de l’État, mais en même temps, le recours excessif à l’endettement porte des risques majeurs quant à la soutenabilité des finances publiques, et la souveraineté de la décision économique nationale. Cela renvoie à la nécessité, pour le gouvernement, de mener de façon urgente les principales réformes en attente comme celle relative à la Caisse de compensation et celle de la retraite.

Le Maroc est en phase d’être un hub régional. Cet objectif serait-il facile à atteindre ?
A la lumière des potentialités dont dispose le Maroc, et des choix stratégiques menés dans ce sens, je pense qu’il ne serait pas difficile pour notre pays de devenir un hub régional. La preuve en est le renforcement des liens économiques, commerciaux et politiques entre le Royaume et ses principaux partenaires en Afrique occidentale se manifestant par le nombre croissant des liaisons aériennes, les filiales des banques marocaines accompagnant les entreprises nationales entreprenant en Afrique.  Il ne faut pas négliger non plus le caractère déterminant des liens séculaires liant le Maroc à son entourage africain, lui permettant de mieux répondre aux exigences et besoins de ces marchés prometteurs.