Les Suisses intéressés par les infrastructures au Maroc

Les Suisses intéressés par les infrastructures au Maroc

Les perspectives de partenariats avec le pays helvétique débattues à Casablanca

Le Maroc s’est inscrit depuis plusieurs années dans la réalisation des projets d’infrastructures de grande envergure qui lui permettraient de faire partie des grands corridors de transports et d’intégrer un réseau mondial de commerce plus large. Pour y parvenir, le pays relie ses grands pôles industriels et assure une fluidité de son activité portuaire grâce à des stratégies ambitieuses. Partant de là, il a élaboré des plans sectoriels offrant d’importants gisements de croissance, notamment avec le Plan routes à l’horizon 2035, la Stratégie nationale pour le développement de la compétitivité logistique à l’horizon 2030, les réformes entreprises et la libéralisation des différents modes de transport, le Plan national de l’eau, le Plan rail 2040 et la Stratégie portuaire nationale à l’horizon 2030. «Il est très important de souligner que ce sont des projets à long terme et qui transcendent les mandats gouvernementaux. On ne travaille pas dans une logique court-termiste. On s’inscrit plutôt dans une vision pays», tient à préciser Adil Bahi, directeur de la stratégie et des ressources du ministère de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau lors d’un webinaire sur le thème «Infrastructures : Quels grands projets pour améliorer l’attractivité du Maroc et quelles pistes de coopération avec la Suisse ?». Cet échange qui s’est déroulé le 24 juin 2021 a été l’occasion de s’arrêter sur les grands projets d’infrastructures en réalisation ainsi que les perspectives de partenariats avec la Suisse dans ce cadre. Pour mener à bien les différents chantiers d’infrastructures, il est essentiel de s’orienter vers de nouveaux modes de financement et de renforcer les partenariats avec un pays comme la Suisse qui a développé un savoir-faire et des compétences en matière de réalisation et d’exploitation d’infrastructures mais également en termes de financement. Il faut dire qu’entre 2010 et 2020, l’investissement public dans les infrastructures de transport au Maroc s’élève à plus de 320 milliards de dirhams. Le PIB transports a atteint 47 milliards de dirhams en 2019. Les détails.

Un réseau routier structuré

A ce jour, le Maroc est doté d’un réseau routier de 57.334 km avec des autoroutes qui s’étalent sur 1.800 km, 1.334 km de voies express et 44.215 de routes revêtues (13.683 km de routes nationales, 9.813 km routes régionales et 20.719 km de routes provinciales). En termes de perspectives, le pays a mis en place un Plan routes à l’horizon 2035 avec le déploiement d’un programme ambitieux de modernisation du réseau routier. Ce projet consiste à améliorer la qualité de service et à l’aménagement de 7.000 km de routes nationales, 2.000 km de voies express, 45.000 km de routes rurales et 2.000 km/an de routes réhabilitées. Le schéma d’armature autoroutier a lancé la réalisation de 1.700 km d’autoroutes prévoyant d’atteindre à l’horizon 2035 un réseau de 3.500 km. L’objectif étant de doubler la capacité actuelle.

Voies express et autoroutes : Voici les projets en cours

Parmi les projets achevés on compte la voie express entre Taza-Al Hoceima sur un linéaire total de 148 km (composée de 48 ponts et un viaduc) avec un financement de 330 millions de dollars. Actuellement, la voie express du Sud reliant Tiznit-Laâyoune est en cours et l’élargissement et le renforcement de l’axe Laayoune-Dakhla seront achevés à la fin de 2021. Ce projet stratégique est étalé sur un linéaire de 1.055 km et nécessite une enveloppe budgétaire de 8.500 MDH. Il y a aussi la voie express Mohammedia-Berrechid sur 44 km coûtant 41,6 millions de dollars. On notera également la mise en place actuellement du projet de l’amélioration du niveau de service de la route nationale reliant Marrakech et Ouarzazate (195 km) avec un coût global de 160 millions de dollars. Le ministère planche aussi sur le triplement de la voie de contournement de Rabat (17 km) avec un financement de 60 millions de dollars, la réalisation de la voie express Tétouan-Chefchaouen (48 km) nécessitant un financement de 70 millions de dollars et le déploiement de l’autoroute reliant Fès-Oujda- Berkane- Saidia (53 km) pour un budget de 43 millions de dollars. Pour ce qui est des futurs projets express, on compte : Tanger- Ksar Sghir (25 km-25 millions de dollars), Tanger-Asilah (26 km-30 millions de dollars), Sidi Lyamani-Tétouan (51 km-80 millions de dollars), Fès-Moulay Yacoub (16 km- 9 millions de dollars), Fès-Taounate (73 km- 140 millions de dollars), Allal Al Bahraoui -Khémisset (46 km- 46 millions de dollars), El Hajeb-Ifrane (31 km- 18,7 millions de dollars), Casablanca-Had Soualem (20 km- 12 millions de dollars) et Settat- El Brouj- Fkih Ben Saleh (123 km-85 millions de dollars).

Les autoroutes futures

Le déploiement du réseau autoroutier est sur les bons rails. Il est prévu donc de réaliser le triplement de l’autoroute de contournement de Casablanca sur un linéaire de 31 km avec un budget de 85 millions de dollars, le triplement de l’autoroute Casablanca-Berrechid sur un tracé de 26 km avec un financement de 75 millions de dollars et la réalisation de l’autoroute Guercif-Nador (77 km- 90 millions de dollars). Parmi les projets futurs, il y a aussi l’autoroute continentale Casablanca-Rabat (60 km pour un budget de 280 millions de dollars avec un trafic prévisionnel de plus de 25.000 véhicules par jour), le projet de l’autoroute desservant le nouveau port de Safi sur un linéaire de 18,5 km. Ce projet nécessite un financement atteignant 90 millions de dollars et connaîtra le trafic de plus de 1.000 véhicules par jour. Par ailleurs, il est envisagé de réaliser un projet d’autoroute de contournement d’Agadir (80 km- 370 millions de dollars).

Renforcer le rail

Les projets de développement pour le réseau ferroviaire dans le cadre du Plan rail 2040 vont surtout concerner le Train à grande vitesse avec la perspective de 1.200 km supplémentaires avec un budget prévu de 13,5 milliards de dollars, incluant la ligne Marrakech et Agadir. Il s’agit aussi de développer le réseau conventionnel avec l’amélioration du triangle Casa Voyageurs, Casa Port et l’aéroport pour fluidifier le trafic et gagner en temps de trajet. Il est donc prévu l’extension du réseau conventionnel (3.800 km pour un budget de 20 milliards de dollars) et améliorer le réseau existant au niveau de 1.500 km (2,5 milliards de dollars).

Chantiers portuaires

Pour compléter le réseau autoroutier, plusieurs projets portuaires sont en cours de construction tels que celui de Nador West Med qui a atteint un taux de réalisation de 52%, le projet de port ambitieux de Dakhla Atlantic (échéance 2021-2027) et le projet du nouveau port de Kénitra Atlantic qui va adosser le port de Casablanca assurant ainsi une capacité supplémentaire. L’activité portuaire sera également soutenue par des projets d’extension au niveau de plusieurs ports (port d’El Jadida, port de Jorf Lasfar, port de Casablanca et le port d’Agadir.

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