Les villes étant au premier rang des consommateurs : Nécessité d’installer l’efficacité dans la gestion de l’énergie

Les villes étant au premier rang des consommateurs : Nécessité d’installer l’efficacité  dans la gestion de l’énergie

Quand énergie et gouvernance sont en phase, cela donne l’efficacité énergétique. Et, accessoirement, cela fait plancher ceux qui ont la responsabilité de la gestion municipale. Tel a été le cas lors du séminaire sur «les villes face aux enjeux de l’efficacité énergétique» organisé mardi à Rabat.

Parce que le problème ne peut laisser indifférent au moment «où la structure de l’existant est en train de muter plus rapidement qu’annoncé», les organisateurs ont voulu cette manifestation comme un exemple de partenariat public-privé. Villes et collectivités territoriales, ministères, sociétés de production et de prestation de services, le séminaire a lancé des appels dans toutes les directions afin de sensibiliser à la nécessité d’installer l’efficacité dans la gestion de l’énergie dans les agglomérations urbaines, réputées grandes consommatrices d’électricité.

Les villes et les agglomérations sont au premier rang des consommateurs «par leur patrimoine immobilier, mais aussi par leurs infrastructures». Le fait est si attesté qu’on le tient pour facteur aggravant de la dépendance énergétique, déjà si prononcée par ailleurs. Mais plus que cette boulimie, ce sont les perspectives offertes à la rationalisation qui désignent les villes à être une aire remarquable d’efficacité.

En effet, il apparaît qu’en moyenne la facture d’éclairage public représente 20 à 25% du budget des agglomérations urbaines. Dans un cadre plus global, la dépendance énergétique nationale et les fluctuations du marché international des produits carbonés est si prononcée que la stratégie nationale commande de la réduire de 12% en 2020 et 15% en 2030. Au centre de cette action : la rationalisation de la consommation dans les secteurs énergivores que sont l’habitat, l’agriculture, le transport… et aussi, la promotion des énergies renouvelables.

Point de départ de cette œuvre de longue haleine : comment auditer le réseau afin d’éviter les pertes et les fuites éventuelles ? Quelles technologies et quels modes de financement pour réaliser la consommation la plus efficace ? Car cette efficacité ne peut plus souffrir d’atermoiement, puisque l’année dernière seulement, la dépendance énergétique a atteint 96% et aussi, que les besoins augmentent en moyenne annuellement de 7%, a déclaré Abderrahim El Hafidi, directeur de l’électricité et des énergies renouvelables (DEER) au ministère.

Cependant, il ne faut pas confondre célérité et précipitation, a-t-il ajouté en précisant qu’il faut veiller à installer un compromis entre rationalisation et développement durable et, entre vision cadrant le développement des énergies renouvelables et intégration dans le marché international. Il a annoncé qu’en vertu de la loi 47-09 sur l’efficacité énergétique dans les villes nouvelles, 2 grandes études sont menées à Lakhyayta (Casablanca) et à Chrafate (Tanger).
Il a également affirmé qu’un projet pilote maroco–chinois portant sur 300 lampadaires fonctionnant au solaire a été installé à Ain Baida dans la région de Fès et, que ce n’est qu’un premier pas sur la voie de la généralisation du solaire dans l’éclairage public.

Parallèlement à ces actions, a-t-il conclu, la Société d’investissements énergétiques (SIE) est en passe de réaliser avec la commune urbaine de Salé l’un des projets d’équipement en lampes LED le plus ambitieux. Les représentants de l’ADEREE ont estimé pour leur part que leur apport le plus important à la stratégie nationale est, après «la clarification des relations entre administrateurs et opérateurs», la préoccupation d’impact qui accompagne désormais les projets d’aménagement urbain. Car «si même le Maroc ne consomme que moyennement de l’énergie – son ratio per capita est l’un des plus faibles dans la région MENA- ce «peu» est cependant mal consommé».

Ils ont estimé que c’est le but des états généraux de l’efficacité énergétique qui ont eu la veille à Rabat à «évaluer la consommation pour aller en direction de l’efficacité énergétique». L’ADEREE estime que le seul fait de multiplier par 2 les 5 millions de lampes à basse consommation en usage aujourd’hui devrait permettre d’épargner 200 mégawatts lors du pic. Mais si elle tient pour essentielles la sensibilisation des consommateurs aux enjeux de l’efficacité énergétique et son information des technologies qui l’assurent, l’agence considère que la tarification est un levier déterminant sur cette voie.

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