Lettre du tourisme : Pendules à l’heure

Le rideau est tombé le 11 décembre à 19 heures sur les Assises nationales du tourisme qui ont duré exactement dix heures, déjeuner compris. Mais il faut bien reconnaître que les opérateurs privés ont pour la première fois depuis longtemps, réussi à être organisés et transparents, même s’ils n’ont pas distribué le moindre document aux participants.
Les Assises ont été certes courtes mais intenses et passionnées. Les discours et les exposés ont plaidé pour ceux qui affirment qu’il y a bel et bien des pilotes à bord. Alami Amyn, le co-concepteur et le rédacteur des accords Etat/Cgem, Kamal Bensouda, Azzelarab Kettani et Fouad Chraïbi ont tout dit sur la dynamique commerciale, jugée globalement positive, la dynamique industrielle et financière où beaucoup reste à faire et la dynamique institutionnelle sur laquelle les résultats sont en deçà des attentes. Les opérateurs ont affirmé clairement qu’ils ne peuvent pas se féliciter sans réserves d’une politique de développement touristique à travers ses segments à un moment où les bons scores sont contrariés -ou peuvent l’être- par les mauvais ou les moins bons, tirant ainsi la sonnette d’alarme avec sérieux et responsabilité. Ainsi les pendules ont été mises à l’heure.
Sur le fond le débat s’est organisé autour de deux courants ayant strictement le même objectif : le premier adhère au diagnostic établi mais juge les méthodes de mise en action insuffisantes, notamment pour ce qui est de la mobilisation politique et sociale de tous les opérateurs concernés et pas seulement les grands, en partant de la commune et des élus locaux. Le deuxième courant estime que toutes les mesures sont prises pour la réussite du contrat-programme : pour lui pas de panique, tout est maîtrisé pour atteindre les objectifs assignés : dix millions de touristes à l’horizon 2010 et même avant, quatre-vingt mille chambres nouvelles, une forte rupture avec le passé et l’ouverture du tourisme marocain sur des techniques et des horizons nouveaux qui feront du Maroc une des vingt premières destinations mondiales. Dont acte. A juste titre, des opérateurs ont mis en évidence que les résultats de la réforme et de l’harmonisation fiscales ainsi que les résultats de la formation doivent être nuancés. Quant au CRT de Casablanca, il estime que les opérateurs prennent leurs décisions d’investissement dans l’hôtellerie au vu des taux d’occupation et du montant de la recette nuitée.
A quoi le ministre répond que l’année 2004 sera l’année de tous les records pour tous les indicateurs et pas seulement le nombre des arrivées aux frontières. Pour lui, l’avenir du tourisme est assuré. Globalement, le discours du ministre était bien accueilli et l’homme était si éloquent si passionné, sûr de lui et persuasif qu’on avait envie, après l’avoir écouté durant plus d’une heure, de le supplier d’arrêter et de s’économiser et qu’on était tous avec lui et que nous sommes convaincus qu’il était le commandant de bord qu’il nous fallait et qu’il était capable avec une FNT, revue et corrigée, jeune, dynamique et rompue elle aussi au marketing d’aujourd’hui, de mener nos affaires là où il le faut et qu’il est … je ne sais pas vraiment ce que je dois ajuster et puis zut… comment faire de la peine à un homme qui cherche tant à plaire et à séduire.
Y a-t-il un hic ? On prend le temps de voir.
Probablement il y en aura ne serait-ce que parce que les agences de voyages tirent la langue et les hôteliers se plaignent de leurs résultats et du manque de visibilité. Mais il faut avouer que si hic il y a, il ne sera pas dû au manque d’enthousiasme d’un ministre qui dans tous les cas, tranche avec la longue liste sans trop de contraste de ses prédécesseurs qui n’ont pas tous démérité d’ailleurs.

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