Il a fallu de longues années de travail pour que la direction de la statistique puisse aboutir à une étude détaillée sur l’évolution des conditions d’habitations des ménages marocains. Elle vient de rendre officielle sa dernière étude qui analyse cet aspect aussi bien en milieu rural qu’urbain. Les divergences étant flagrantes entre les deux espaces, les statisticiens de ce département n’ont pas manqué d’annoncer que «l ‘analyse de l’évolution des conditions d’habitations relèves de fortes disparités spatiales », lit-on dans ladite étude.
Ainsi, en milieu urbain, le statut d’occupation change en faveur d’une augmentation de la proportion des ménages propriétaires ou des gens qui ont accès à la propriété de leur logement. De 55 % en 1996, cet indice a atteint quelque 62,3 % en l’an 2000.
Parallèlement à cette évolution, une régression de la part des locataires a été enregistrée reculant à 28 % en 2000 contre 31 % en 1996. Dans la campagne par contre, 90,6 % des foyers sont propriétaires de leurs logements, la part des locataires demeure infime et ne dépasse pas 1 %. «Ce constat est sans doute en rapport avec la qualité et le faible coût des constructions rurales. Ceci étant, les conditions d’habitation des ménages ruraux sont essentiellement appréciées en termes d’accès aux éléments de confort», indique les statisticiens .
L’étude dont il s’agit ne se limite pas en effet à l’aspect de la construction proprement dite, mais s’atèle en outre à faire le suivi de l’état d’équipement des logements urbains. Ainsi, dans la pratique, durant la période allant de 1996 à 2000, une nette amélioration a été constatée, notamment au niveau de l’utilisation de l’eau potable du réseau que ce soit par le biais des branchements ou des bornes-fontaines. 93 % des ménages citadins y ont accès. Aussi, 96,8 % de cette population profitent de l’assainissement liquide, 91,3 % sont des abonnés du réseau de l’électricité et 38 % des logements ont un téléphone fixe. Ces taux d’équipement s’établissaient respectivement à 89,1 %, 92,4 %, 84,4 % et à 28,3% en 1996, indique l’étude. Concernant le monde rural, un constat s’impose. Bien que l’état d’équipement des habitations rurales soit sujet à de notables améliorations au cours de la période allant de 1996 à 2000, la situation demeure toujours sujette à des critiques. 7,8 % des ménages ruraux sont branchés au réseau d’eau potable alors qu’un peu plus du tiers (35,4 %) accèdent à l’eau salubre. Pis. Parmi les ménages ruraux qui ne sont pas branchés au réseau d’eau potable, seuls 18,3% traitent l’eau destinée à la boisson. Sur un autre registre, l’équipement des ménages urbains en biens durables fait l’objet d’une progression. La proportion des foyers qui possèdent un poste de téléviseurs et des réfrigérateurs est respectivement de l’ordre de 88,7 % et 65,9% en 2000 contre 85,5 % et 59,6 % en 1996. La proportion de ménages disposant de paraboles est, quant à elle, passée de 19,8 % à 40,1 % au cours de la même période. Bien que cela puisse paraître illusoire, en termes d’équipement en biens durables, limités par l’insuffisance de l’électrification en milieu rural, les taux de pénétration de téléviseurs, réfrigérateurs et paraboles dans les campagnes se sont améliorés en passant respectivement de 34,7 % à 45,6 %, de 1,2 % à 6,2 % et de 3,7 % à 7,8 % entre 1996 et 2000. Des chiffres qui restent cependant très modestes comparativement à d’autres pays voisins.









