«Les deux parties ont évoqué de nouveau
les moyens de renforcer la coopération bilatérale entre le Royaume du Maroc et la République Populaire de Chine, notamment dans les domaines du commerce et de l’investissement».
La Chine fait les yeux doux au Royaume pour obtenir un accord. En multipliant les réunions au Maroc, les officiels chinois tentent d’obtenir une avancée majeure au point d’annuler d’une manière unilatérale les droits de douane avec toute l’Afrique et bien évidemment le Maroc. A la veille de cette décision, un va-et-vient incessant des responsables chinois au Maroc au cours des dernières semaines avait fini par attirer l’attention. Une délégation de la plus puissante entité chinoise chargée du commerce international a fait le déplacement au Royaume récemment pour rencontrer plusieurs responsables marocains, en l’occurrence le Conseil chinois pour la promotion du commerce international (CCPIT). Créée en 1952, c’est l’institution nationale la plus importante pour promouvoir le commerce extérieur, les investissements et la coopération technologique de la Chine. Il organise des expositions, offre des services juridiques, d’arbitrage et de certification et soutient l’expansion internationale des entreprises chinoises. Ainsi, le ministre de l’investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Karim Zidane, a reçu, le 4 février dernier, Ren Hongbin, président du Conseil chinois pour la promotion du commerce international, afin d’échanger sur les perspectives de renforcement de la coopération économique et de l’investissement entre le Royaume du Maroc et la République populaire de Chine. Cette rencontre s’inscrivait dans une dynamique marquée par des relations bilatérales solides et le partenariat stratégique liant les deux pays. À cette occasion, les deux parties ont réaffirmé leur engagement commun à promouvoir les investissements et à accompagner les opérateurs économiques, dans une logique de partenariat durable et mutuellement bénéfique. La même délégation a mis le cap au cours de la même visite sur le ministère de l’industrie et du commerce. Au cours de cette deuxième réunion, l’accent est de nouveau mis sur la promotion des échanges commerciaux. Dans ce sens, les deux parties ont souligné leur engagement commun à renforcer ce partenariat et à en élargir les perspectives afin de servir leurs intérêts mutuels et de répondre aux aspirations des deux nations.
La rencontre a également été l’occasion d’aborder plusieurs sujets d’intérêt commun, notamment les moyens de développer le commerce et d’encourager les investissements dans les secteurs porteurs, ainsi que de coordonner les prochains événements économiques qui renforceront les liens entre les milieux d’affaires des deux pays. Une autre réunion avait également eu lieu au siège du même ministère, cette fois-ci avec Yue Jinsong, ambassadrice de la République Populaire de Chine auprès du Royaume du Maroc, accompagnée de Zhou Zhisheng, ministre-conseiller. Les deux parties ont ainsi évoqué de nouveau les moyens de renforcer la coopération bilatérale entre le Royaume du Maroc et la Chine, notamment dans les domaines du commerce et de l’investissement, et d’échanger des points de vue sur plusieurs questions d’intérêt commun.
Echanges commerciaux
Il y a deux mois, la septième session de la Commission mixte de coopération économique, commerciale et technique entre le Royaume et la Chine a eu lieu en présence d’une importante délégation marocaine composée de représentants de plusieurs départements ministériels. La dimension africaine du partenariat sino-marocain a occupé une place de choix dans les échanges, avec des discussions approfondies sur le rôle du Maroc en tant que hub en Afrique et plateforme stratégique pour le développement des relations Chine-Afrique dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (Focac). Ainsi, les deux parties ont accordé une attention particulière à l’équilibrage des flux commerciaux bilatéraux, s’attardant sur les mécanismes susceptibles d’ouvrir davantage le marché chinois aux exportations marocaines dans un esprit de partenariat gagnant-gagnant. En marge de cette session, une rencontre avait eu lieu avec Wang Wentao, ministre du commerce chinois. M. Wang a évoqué avec satisfaction la visite qu’il a effectuée au Maroc en 2024, appelant à renforcer les échanges commerciaux et à encourager les investissements mutuels. En attendant, le déficit commercial vis-à-vis de la Chine reste important. L’Empire du Milieu arrive même en pole position dans la liste des pays avec une balance commerciale excédentaire avec le Maroc loin devant des pays qui ont noué un accord de libre-échange avec le Maroc.
Les chiffres sont édifiants. Le déficit commercial, selon les chiffres officiels, atteint la bagatelle de 86 milliards de dirhams, loin devant la Turquie avec -28 milliards de dirhams et l’Egypte -12 milliards de dirhams. Ces deux pays ont des ALE avec le Royaume. Pour les responsables marocains, il s’agit dans les négociations avec la partie chinoise de préserver les intérêts de l’industrie marocaine, notamment l’industrie automobile. A noter que la Chine a annoncé le 14 février qu’à partir du 1er mai 2026, les droits de douane seront supprimés sur les importations en provenance de 53 pays africains, soit l’ensemble de ses partenaires diplomatiques sur le continent, à l’exception de l’Eswatini. L’annonce a été faite samedi par le président chinois Xi Jinping et relayée par les médias d’État. Pékin étendra ainsi son régime de droits nuls à 53 partenaires diplomatiques africains, une décision présentée comme susceptible «d’offrir sans aucun doute de nouvelles perspectives au développement de l’Afrique», alors que les dirigeants du continent étaient réunis à Addis-Abeba pour le sommet annuel de l’Union africaine.
Cette mesure intervient dans un contexte de recomposition des échanges internationaux. En se positionnant en tant que principal partenaire commercial de l’Afrique, la Chine consolide son implantation économique sur le continent, notamment à travers son initiative des Nouvelles Routes de la Soie.
Dialogue stratégique « Partenariat »
La dernière visite du chef de la diplomatie marocaine en Chine en septembre 2025 a été marquée par la signature d’un mémorandum d’entente instituant un dialogue stratégique Maroc-Chine, mécanisme destiné à renforcer la concertation politique, et à définir de nouveaux horizons de coopération et d’interaction sur le plan diplomatique. La visite s’inscrivait dans le sillage de la dynamique soutenue qui caractérise les relations entre le Royaume du Maroc et la République Populaire de Chine, depuis le Partenariat stratégique établi par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et Xi Jinping, président de la République Populaire de Chine, à l’occasion de la Visite Royale à Pékin, en mai 2016. La visite du président chinois, Xi Jinping, à Casablanca les 21 et 22 novembre 2024, au cours de laquelle il avait été reçu par SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan, sur Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a réaffirmé, une nouvelle fois, la volonté partagée de hisser les relations bilatérales à des niveaux supérieurs. Les deux parties ont mis en exergue le rôle du Maroc comme plateforme régionale incontournable et passerelle naturelle pour la coopération sino-africaine et sino-arabe, en raison de sa position géostratégique, sa stabilité politique, ses infrastructures de qualité et ses partenariats diversifiés. Elles ont également souligné le rôle de la Chine en tant qu’acteur majeur de la coopération internationale et partenaire clé au niveau de l’Afrique et du monde arabe. Cette rencontre avait également constitué l’occasion pour un échange approfondi sur les questions d’intérêt vital ainsi que sur des thématiques d’ordre régional et international.










