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L’IEF-Maroc et l’IFC dévoilent les chiffres-clés des entreprises familiales

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Captant 92,9% du tissu entrepreneurial national, 65% de l’emploi et 60% de la valeur ajoutée nationale

Entrepreneuriat : Une étude inédite de l’Institut de l’entreprise Familiale Maroc (IEF-Maroc), réalisée avec l’appui de l’IFC, vient confirmer le poids prépondérant des entreprises familiales dans l’économie marocaine. Si leur contribution au développement économique est indéniable, leur pérennité reste, toutefois, confrontée à des défis majeurs, notamment en matière de gouvernance et de transmission intergénérationnelle.

Une étude nationale a passé au crible le poids économique des entreprises familiales. Premier en son genre, ce diagnostic réalisé par l’Institut de l’entreprise familiale Maroc (IEF-Maroc) avec l’appui de la Société financière internationale IFC a mis en avant le rôle stratégique que jouent ces structures entrepreneuriales dans l’économie marocaine.

Elles représentent 92,9 % du tissu entrepreneurial, génèrent plus de 60 % de la valeur ajoutée nationale et assurent près de 65 % des emplois du Royaume, soit environ 6,3 millions de postes. «Les entreprises familiales constituent la colonne vertébrale du commerce et de l’économie marocaine. La capacité de ces entreprises à assurer leur transmission et leur continuité demeure un facteur déterminant pour le renforcement du tissu productif national», souligne dans ce sens Ryad Mezzour, ministre de l’industrie et du commerce, appelant en cette occasion les entrepreneurs marocains à renforcer leur présence sur les marchés internationaux, à développer leurs propres marques et à tirer pleinement parti des opportunités offertes par l’innovation et les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle. Du côté de l’IFC, Cheick-Oumar Sylla, directeur régional pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique, a fait savoir que les résultats de cette étude viennent confirmer, à travers des données objectives, une réalité longtemps connue de manière intuitive par les acteurs économiques marocains. «Ces résultats renforcent la pertinence des actions menées par la Banque mondiale et IFC en faveur du développement du secteur privé, de l’entrepreneuriat et de la création d’emplois», a-t-il affirmé.

L’étude, dont les résultats ont été dévoilés, récemment à Casablanca, lors d’une conférence organisée à l’occasion de la 3ème assemblée générale de l’IEF-Maroc, a révélé que près de trois entreprises familiales sur quatre sont des très petites, petites ou moyennes entreprises, confirmant leur rôle essentiel dans l’animation de l’économie locale, le développement territorial et la création d’emplois. Elle souligne leur forte intensité en capital humain ainsi que leur capacité à générer une valeur durable grâce à une vision de long terme. Sur le plan générationnel, l’âge moyen des entreprises familiales marocaines s’établit à 24,2 ans. Près de 31% d’entre elles sont dirigées par la deuxième génération, tandis que seulement 5% ont dépassé le seuil des cinquante années d’existence et atteint la troisième génération ou davantage. Ces entreprises familiales pérennes affichent toutefois des niveaux de performance supérieurs à ceux des entreprises non familiales, grâce notamment à des mécanismes de gouvernance mieux structurés et à une préparation plus efficace de la relève.

Au-delà des chiffres, cette étude a mis en avant les enjeux de transmission, de gouvernance et de pérennité auxquels sont confrontées ces entreprises. A cet égard, Kacem Bennani-Smires, président de l’IEF-Maroc, a mis en exergue le défi majeur que constitue la transmission intergénérationnelle, précisant que seules 15% des entreprises familiales parviennent à atteindre la troisième génération. «L’échec de cette étape critique dépasse largement le cadre familial, puisqu’il se traduit souvent par la disparition d’emplois, la perte de compétences stratégiques et l’érosion de savoir-faire patiemment accumulés au fil des décennies, avec des répercussions directes sur l’économie nationale», a-t-il indiqué. Ainsi, plusieurs leviers prioritaires ont été identifiés pour renforcer la durabilité de ce modèle entrepreneurial, notamment l’accompagnement de la transmission intergénérationnelle, le développement des dispositifs de préparation des successeurs, l’amélioration de l’accès au financement des PME familiales, la promotion des bonnes pratiques de gouvernance ainsi que le soutien à la croissance et à la transformation des entreprises familiales marocaines.