L’Intérieur table sur les programmes prioritaires et réalisables

L’Intérieur table sur les programmes prioritaires et réalisables

Face au coût élevé des plans de développement régionaux (PDR)

La bonne gouvernance passe d’abord par l’évaluation des politiques publiques territoriales. Un examen qu’il est nécessaire d’effectuer pour améliorer la performance des plans de développement à court et moyen termes. Pour en décrypter les grandes lignes, Policy Center for the New South, la Banque mondiale et le PNUD ont organisé vendredi dernier, en partenariat avec l’Université Moulay Ismail de Meknès, la deuxième édition des rencontres «Parlons développement» sous le thème «L’évaluation des politiques publiques territoriales». L’occasion a été de dresser le bilan de l’état d’avancement des plans de développement régionaux et de revenir sur les principaux obstacles de leur mise en œuvre. Il a également été question lors de cet échange de mettre en exergue le rôle du ministère de l’intérieur dans le processus d’accompagnement des régions pour la mise en place des Plans de développement régionaux (PDR). Par ailleurs, cette conférence a aussi mis l’accent sur le lien entre la réalisation des Objectifs de développement durable et l’évaluation des politiques publiques territoriales.

Bilan

Depuis 2015 à ce jour, 11 régions ont présenté leurs PDR (à l’exception de la région Drâa-Tafilalet). A l’issue de l’ensemble des réunions tenues entre le ministère de l’intérieur et les parties concernées, 4 schémas régionaux de l’aménagement du territoire (SRAT) ont été élaborés (Meknès-Fès, Dakhla, Laayoune-Sakia El Hamra et Beni Mellal-Khénifra). De même, trois régions transmettront prochainement leur SRAT au ministère de l’intérieur. Parmi les onze régions qui ont présenté leur plan de développement régional, trois ont signé des contrats dont la mise en application est en cours. Ils concernent les régions Fès-Meknès, Dakhla et Beni Mellal-Khénifra. Sur le plan des PDR validés, le ministère de l’intérieur a convenu avec les régions (à travers l’Association des régions du Maroc de mettre en avant un programme prioritaire avec un montant raisonnable et des projets réalistes et réalisables. Et pour cause, plusieurs dysfonctionnements ont été observés au niveau de ces documents de planification.

«Nous avions constaté qu’il y avait une inflation dans les enveloppes budgétaires pour les onze régions. Le budget alloué inscrit dans les 11 PDR avoisine les 420 milliards de dirhams», argumente Khalid Serhani, chef de service des contrats Etat-Régions à la direction de la planification et du développement territorial au ministère de l’intérieur. Dans ce processus, il faut dire que la DGCT (Direction générale des collectivités territoriales) a accompagné ces régions pour la concrétisation des PDR à travers les contrats Etat-Régions. A titre de rappel, le Maroc dispose depuis 2015 d’un nouveau cadre législatif au niveau territorial, à savoir les lois organiques relatives aux collectivités territoriales (régions, provinces, préfectures, et communes) suivies de leurs textes d’application.

Intégration des objectifs de développement durable au niveau régional

A 9 ans de l’échéance 2030 pour la réalisation des Objectifs de développement durable, l’heure du bilan s’approche. Dans son intervention Alexandra Fawzi, analyste des ODD auprès du PNUD, s’est focalisé sur la manière dont le suivi des ODD peut contribuer à l’évaluation des politiques régionales. Les défis qui s’imposent actuellement au Maroc consistent à réduire les inégalités sociales, promouvoir la croissance économique, l’emploi, notamment pour les jeunes et les femmes, ou encore la lutte contre les effets des changements climatiques. «Il est important que les recommandations des politiques publiques soient fondées sur la réalité à laquelle chaque ménage est confronté. D’où l’importance de connaître le contexte de ces citoyens et c’est là que le lien entre les ODD et les politiques publiques régionales est important», indique l’experte ajoutant que l’intégration des ODD dans les politiques publiques implique le suivi des progrès en matière d’ODD et l’évaluation des politiques publiques. «Le grand avantage de l’agenda 2030 c’est qu’il fournit un cadre d’évaluation des politiques publiques», souligne-t-elle.

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