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L’investissement responsable, un levier essentiel pour le développement du palmier dattier

© D.R

Un forum dédié a été organisé en marge du Sidattes 2025 à Erfoud

ADA : Placé sous le thème «L’investissement responsable pour le développement du palmier dattier et des oasis», le Forum de l’investissement a été l’occasion de mettre en avant les réalisations dans le domaine agricole, en particulier pour la filière du palmier dattier et de débattre autour des enjeux clés dans ce sens. Organisé par l’Agence pour le développement agricole (ADA) en partenariat avec le Groupe Crédit Agricole du Maroc (GCAM), l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA) et le Commissariat du Salon (ASIDMA), cet évènement a réuni un large éventail d’acteurs publics et privés engagés dans la valorisation durable des écosystèmes oasiens.

Le 30 octobre 2025 à Erfoud, en marge de la 14ème édition du Salon international des dattes au Maroc (Sidattes 2025), l’Agence pour le développement agricole (ADA) a organisé en partenariat avec le Groupe Crédit Agricole du Maroc (GCAM), l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA) et le Commissariat du Salon (ASIDMA), le Forum de l’investissement sous le thème «L’investissement responsable pour le développement du palmier dattier et des oasis».
«Ce forum se tient dans un contexte national et international marqué par une montée des défis liés à la durabilité et à la préservation des ressources naturelles. Il fait de l’investissement responsable un levier essentiel pour réaliser un développement économique et social équilibré, respectueux des spécificités environnementales et sociales des oasis et de leur sensibilité face aux changements climatiques», affirme El Mahdi Arrifi, directeur général de l’ADA, à l’ouverture de ce Forum.

Et d’ajouter: «L’investissement n’est plus seulement un moyen d’accroître la productivité et la qualité, mais il est devenu un engagement environnemental et social fondé sur l’adoption de méthodes modernes de gestion des ressources en eau, l’utilisation des énergies renouvelables, la promotion de la recherche et de l’innovation, ainsi que l’autonomisation des jeunes et des femmes afin de leur permettre de contribuer activement au développement local. Il s’agit de faire des oasis un modèle exemplaire d’investissement durable, conciliant préservation du patrimoine naturel et culturel et création de valeur économique au profit des populations locales, en cohérence avec les objectifs de la stratégie agricole Génération Green 2020-2030» rappelant par ailleurs que le palmier dattier constitue un patrimoine naturel et civilisationnel du Royaume et représente l’épine dorsale des écosystèmes oasiens. «Il couvre plus de 69.000 hectares, contribue à plus de 60% du revenu des agriculteurs et se concentre principalement dans la région Drâa-Tafilalet (plus de 80%), suivie de Souss-Massa (13%), la région de l’Oriental (4%) et Guelmim-Oued Noun (3%). La production nationale annuelle varie entre 100.000 et 145.000 tonnes», explique le responsable. Dans le même sens, il a souligné que cette dynamique s’est renforcée dans le cadre de la stratégie ambitieuse Génération Green 2020-2030, qui vise la plantation de 5 millions de jeunes plants, dont 3 millions dans les oasis traditionnelles, l’augmentation de la production à 300.000 tonnes à l’horizon 2030 et l’amélioration du taux de conditionnement et d’emballage à 50%. En plus, un nouveau contrat programme, d’un investissement global d’environ 7,5 milliards de dirhams, a été signé pour la réhabilitation des oasis, l’extension des superficies cultivées, le développement des unités de valorisation, de stockage et de transformation, ainsi que l’ouverture de nouveaux marchés d’exportation prometteurs.

«Ces indicateurs traduisent l’importance économique et sociale de cette filière, qui crée des emplois directs et indirects pour des milliers de familles locales, contribue à la stabilisation des populations rurales et joue un rôle clé dans la lutte contre la désertification et la préservation des équilibres écologiques», relève le DG de l’ADA notant que l’investissement dans les oasis ne peut plus se poursuivre selon des méthodes traditionnelles. Il nécessite aujourd’hui, selon M. Arrifi, une approche nouvelle et responsable, fondée sur trois axes essentiels, à savoir une gestion intégrée et durable des ressources en eau, surtout dans un contexte de rareté devenue un défi structurel, le renforcement des capacités techniques et managériales des agriculteurs, des jeunes investisseurs et des femmes, afin d’assurer une véritable transition vers des systèmes de production innovants et intelligents face au climat mais aussi le renforcement du partenariat public-privé pour attirer des investissements de qualité, créateurs de valeur et garants de la durabilité.

«Dans ce cadre, le Fonds de développement agricole joue un rôle central dans la stimulation des investissements responsables, à travers son soutien financier direct à l’adoption de technologies modernes d’irrigation, à l’extension des oasis par la plantation de jeunes plants, à la construction et à l’équipement des unités de valorisation, à la promotion de projets d’agrégation agricole, ainsi qu’au soutien de l’utilisation des énergies renouvelables pour le pompage de l’eau d’irrigation. Le Fonds a accompagné ce secteur en accordant des incitations financières dépassant 180 millions de dirhams sur la période 2020-2025», souligne le responsable.

Pour ce qui est de la recherche scientifique et technique, elle a connu des avancées notables, tant dans le développement de nouvelles variétés plus résistantes que dans l’amélioration des techniques d’irrigation économes en eau, avec la production de plus de 170.000 jeunes pousses appartenant à des dizaines de variétés de palmiers dattiers. Concernant l’investissement responsable dans les zones oasiennes, le DG de l’ADA a affirmé qu’il constitue le prolongement naturel des efforts de l’agriculture solidaire, devenue aujourd’hui l’un des piliers essentiels du développement rural intégré et durable. «Ainsi, 51 projets d’agriculture solidaire ont été réalisés pour un investissement d’environ 566 millions de dirhams, au profit d’environ 32.000 agriculteurs», fait-il observer. Et de poursuivre : «L’Agence pour le développement agricole a accordé une attention particulière à la valorisation des produits locaux de ces zones, en accompagnant 74 groupements de producteurs pour leur mise à niveau et 91 groupements dans l’obtention d’autorisations ou d’agréments sanitaires». Par ailleurs, 29 groupements ont été référencés dans les grandes et moyennes surfaces et les marchés solidaires, 33 groupements sur la plateforme terroirdumaroc.gov.ma, et 111 groupements ont participé à des foires nationales et internationales.

«La réalisation d’un développement durable des oasis marocaines exige une mobilisation collective et une volonté forte de transition vers une logique d’investissement structuré et intégré. L’enjeu aujourd’hui n’est pas seulement de financer des projets, mais de construire un modèle économique durable, créateur d’opportunités réelles pour les générations présentes et futures», conclut-il. A noter que ce forum a rassemblé les principaux acteurs institutionnels et économiques du secteur oasien : les directions centrales et régionales, les établissements publics relevant du ministère de l’agriculture, le Groupe Crédit Agricole du Maroc, la Fédération interprofessionnelle des dattes, ainsi qu’un large éventail d’investisseurs et d’organisations professionnelles. Deux axes essentiels ont été abordés. Le premier concerne la gestion intégrée des ressources en eau dans les zones oasiennes et le second a porté sur les investissements responsables pour un développement inclusif des zones oasiennes. Au fil des échanges, les participants ont insisté sur la nécessité de promouvoir des modèles d’investissement résilients, capables de répondre aux défis du changement climatique tout en préservant le riche patrimoine écologique et culturel des oasis. Ils ont également mis en avant le rôle stratégique de ces territoires dans la sécurité alimentaire nationale, la création d’emplois locaux (en particulier pour les jeunes et les femmes), la stabilisation des populations rurales et la valorisation d’un héritage écologique et culturel unique au monde.