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Liquidité, solvabilité, rentabilité… 5 entreprises sur 10 financièrement vulnérables

Liquidité, solvabilité, rentabilité… 5 entreprises sur 10 financièrement vulnérables

«Le degré de vulnérabilité des entreprises du secteur non financier privé est resté relativement stable sur la période allant de 2006 à 2019 quoiqu’il ait enregistré une légère hausse à partir de 2014, en lien avec l’atonie de la croissance économique».

C’est ce que l’on peut retenir d’un récent document de travail de Bank Al-Maghrib. L’idée étant d’examiner la vulnérabilité financière des entreprises du secteur non financier privé marocain à travers l’élaboration d’un indice de vulnérabilité basé sur le concept de la dette à risque. L’étude a en effet porté sur un échantillon de 1.218.011 bilans disponibles au niveau de la Centrale des informations financières des entreprises non financières (CIFEN) de Bank Al-Maghrib provenant de l’Ompic. Il est ainsi question de 82.000 entreprises non financières «personnes morales» en moyenne par an représentant en moyenne 54% de l’endettement financier des entreprises non financières privées au Maroc. En analysant la vulnérabilité, Bank Al-Maghrib indique que 5 entreprises sur 10 sont vulnérables selon au moins un critère sur la période 2006-2019. L’analyse par source de vulnérabilité révèle que ces entités sont principalement exposées aux risques de liquidité et de capacité relativement limitée à couvrir leurs charges d’intérêt, suivis des risques de solvabilité et de rentabilité.

Par ailleurs, l’analyse de la structure de la dette à risque des entreprises selon le critère du ratio de couverture des intérêts (ICR) montre que les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration ainsi que l’agriculture et la pêche demeurent fragiles. Par ailleurs, les jeunes entreprises et les TPME sont, selon l’analyse de BAM, relativement plus vulnérables que les vieilles et les grandes entreprises.

«En dépit d’une concentration élevée de l’activité bancaire sur l’axe littoral Tanger-Casa, les dettes à risque des régions Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima demeurent dans des niveaux relativement inférieurs à d’autres régions comme Marrakech-Safi, l’Oriental et certaines régions du Sud».

Parmi les constats établis dans le cadre de cette étude on note l’amortissement à partir de 2013 du processus de désendettement financier, notamment dans le secteur de l’immobilier. «Une part non négligeable de l’endettement financier a été substituée par la dette commerciale chez les petites, moyennes et grandes entreprises par la dette auprès des associés pour les TPE. Aussi, près de 31% des entreprises en moyenne sur la période 2006-2019 ont contracté une dette financière, soit un niveau proche de l’estimation de l’Observatoire marocain de la TPME (2020) et des enquêtes du Haut-commissariat au Plan (2019) et de la Banque mondiale (2019)», peut-on lire dudit document. Notons que l’apport principal de ce travail réside dans la mobilisation des données bilancielles disponibles au niveau de la CIFEN provenant de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale.

Ce choix permet, d’une part, de couvrir un spectre plus large des entreprises non financières constituant le secteur privé national, et d’autre part, de tenir compte de l’hétérogénéité des entreprises selon leur taille, âge, secteur d’activité et région. Quatre dimensions sont prises en compte, en l’occurrence la solvabilité, la liquidité, la rentabilité et la capacité de service de la dette.

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