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L’urbanisation durable de nos villes en dépend : Pourquoi la production d’électricité à domicile sera salutaire

Energie 
Face aux enjeux du développement durable il devient important de promouvoir la ville compacte, symbole d’économie d’espace et d’énergie.

La production d’électricité à domicile est-elle la solution pour réduire sa facture énergétique tout en contribuant à baisser l’empreinte carbone ? En tout cas, ce mode d’optimisation d’énergie permettant de devenir autonome est tout à fait réalisable. Nos métropoles consomment de plus en plus d’énergie. Une situation qui devrait s’améliorer avec une meilleure stratégie urbaine axée sur la durabilité. «La ville est par essence énergivore. Tous les espaces publics ou privés : logements, équipements, rues, avenues, sport, infrastructures, etc. ont besoin d’électricité. Jusqu’à présent nous utilisions les combustibles fossiles ou le charbon pour produire dans des centrales thermiques l’électricité dont nous avions besoin. Aujourd’hui suite aux terribles dérèglements climatiques et sanitaires produits par cette pollution, l’humanité s’achemine vers l’énergie dite propre ou verte ayant recours aux éléments naturels comme le vent, le soleil, l’eau ou même la géothermie», estime Rachid Boufous, architecte et urbaniste. Pour lui, «l’avenir urbain de l’humanité passera par l’adoption de cette énergie verte et propre».

Il faut dire que dans quelques années, le passage à l’électrique dans le secteur automobile par exemple sera la règle. Par conséquent, il est essentiel d’anticiper cette transformation. «Nous devons d’un côté réduire la facture énergétique des villes et des ménages en permettant la production intensive d’électricité par les ménages et les «entrepreneurs solaires» ou même par les collectivités et de l’autre changer nos pratiques quotidiennes en réduisant les déplacements en voiture ou en optant pour des moyens de déplacements électriques. Nous devons aussi opter dans la construction de nos bâtiments pour des techniques et des matériaux peu consommateurs d’énergie et qui contribuent aussi à en réduire la consommation», argumente l’urbaniste. S’orienter vers la production électrique serait salutaire pour de nombreuses raisons. En effet, les citoyens peuvent contribuer ainsi à la baisse de la facture énergétique de leurs pays. «Cela passe par l’investissement des ménages dans l’autoproduction de l’électricité domestique et de réorienter l’énergie destinée aux maisons vers l’industrie, les infrastructures hospitalières, l’éclairage public ou autre», indique Rachid Boufous.

Pour y parvenir, un cadre incitatif est de mise. L’autoproduction d’énergie est une solution plus répandue dans le milieu rural. «Cela est déjà le cas dans plusieurs foyers à travers le monde rural au Maroc. Pourquoi ne pourrions-nous pas le faire dans les villes ? De plus en plus de sociétés proposent aujourd’hui, dans les limites octroyées par les autorités, de ne pas dépasser 5 Kwh, d’installer dans les maisons des panneaux solaires avec batteries pour la consommation la nuit. Cela réduit de manière notable la facture d’électricité des ménages et permet de sauvegarder le pouvoir d’achat des familles, grevé lourdement par la facture énergétique. On pourrait ainsi favoriser l’éclosion de nouveaux métiers et l’émergence d’«entrepreneurs solaires». Nous réaliserons ainsi rapidement et à moindre coût notre transition énergétique à moindre coût», relève-t-il. Et de préciser : «L’expérience du Maroc dans le solaire n’est plus à démontrer, toutefois les centrales installées coûtent très cher et ne peuvent couvrir la totalité des besoins du pays en termes d’électricité. Par contre, si nous permettons la production domestique d’électricité à une vaste échelle, nous pouvons y arriver à moindre coût et revendre le surplus produit sur le réseau national ou même l’exporter vers l’Europe». Sur le plan législatif, la promulgation de la loi sur la production d’énergie est sur les rails. «On y parle d’une possibilité offerte aux auto-producteurs d’électricité d’injecter 10% de leur production annuelle d’énergie dans le réseau national en le vendant aux opérateurs, ce qui est très peu. Le gouvernement doit non seulement offrir plus de capacité de production aux auto-producteurs d’énergie mais aussi leur acheter plus d’électricité, car les investissements restent lourds et ladite loi ne prévoit pas de mesures incitatives afin de subventionner cette nouvelle industrie», relève Rachid Boufous.

Subventionner les auto-producteurs…

Et l’architecte de poursuivre : «Oui, je dirais même que c’est indispensable de le faire. Imaginez qu’on donne la possibilité aux particuliers autant qu’aux collectivités territoriales ou locales la possibilité de produire et de vendre de l’électricité produite au réseau national ou même de l’exporter. Ce serait magnifique. Nous avons des milliers d’hectares de terres impropres à la toute culture. On pourrait y installer des fermes solaires. On pourrait imposer l’installation de plaques photovoltaïques sur les toits des immeubles, supermarchés, gares, hôpitaux, écoles, lycées. Tous les bâtiments publics ou privés deviendraient autonomes en termes d’électricité, cela réduirait donc drastiquement la facture énergétique globale du pays, car une grande part de celle-ci est réservée à la production dans les centrales thermiques de l’électricité pour alimenter les logements et les équipements publics ou privés».

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Les matériaux nécessaires pour optimiser sa consommation d’énergie

Consommation 
Aujourd’hui, plusieurs options s’offrent aux particuliers pour réduire leur consommation d’énergie. Sur le plan urbanistique et architectural, des matériaux spécifiques sont adoptés.

«De plus en plus de solutions sont inventées et appliquées dans l’architecture pour diminuer les indices carbone des bâtiments. On teste de plus en plus la construction en pisé et en terre battue. On a recours à des façades filtrantes ou productrices d’électricité grâce à des panneaux solaires en façades. On a aussi recours à des procédés de construction de murs insolants ou épais pour réduire le chauffage. On a également de plus en plus recours à la géothermie pour chauffer les bâtiments en allant chercher au fond de la terre une énergie propre et naturelle», souligne l’architecte. Et ce n’est pas tout. «En urbanisme on passe en éclairage public en LED ou avec plaques solaires. On commence même à revêtir les chaussées des routes d’une peinture blanche pour réduire la température de 4 à 6 degrés, ce qui contribue fortement au rafraîchissement de l’air et réduit l’effet de serre. En Allemagne, en Chine et au Japon on teste actuellement des chaussées «productrices d’électricité» par simple frottement des roues des voitures comme le feraient des dynamos de bicyclettes. On teste même ce procédé pour recharger les batteries des voitures électriques sans s’arrêter…», ajoute-t-il.

Les séguias peuvent produire de l’électricité grâce aux turbines chinoises
L’histoire regorge d’exemples où les humains inventaient des solutions ingénieuses. «Les Egyptiens ont inventé il y a 5.000 ans ce qu’on va appeler plus tard la vis d’Archimède qui permet de soulever l’eau du Nil vers les plateaux cultivés en hauteur. La turbine chinoise marche selon le même système, avec une dérivation du coût d’eau d’une séguia vers une hélice hélicoïdale qui tourne grâce à la vitesse d’écoulement de l’eau et actionne une turbine qui produit de l’électricité juste par la force hydraulique. Ces solutions très simples et peu coûteuses peuvent aider les populations rurales ou démunies dans beaucoup de contrées montagneuses ou dans les plaines à avoir de l’électricité gratuitement. Cela peut avoir des incidences importantes sur le développement humain», conclut l’architecte et urbaniste.

 

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