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L’usage des eaux débattu par l’Institut CDG : 560 m3/an/habitant stockés à date d’aujourd’hui

L’usage des eaux débattu par l’Institut CDG : 560 m3/an/habitant stockés à date d’aujourd’hui

«Le ratio de stockage des eaux est passé de 155 m3/an/habitant en 1960 à 560 m3/an/habitant à date d’aujourd’hui».

Les taux sont précisés, mercredi, par le DG du bureau d’études marocain Novec, Taoufiq Marzouki Zerouali, qui leur accorde une importance particulière lors du webinaire consacré par l’Institut CDG à «la mobilisation des eaux non conventionnelles au cœur du dispositif national de sécurité hydrique». Un sujet d’actualité de par la rareté des ressources en eau de nos jours.

Diagnostic de la situation marocaine

L’intervenant, qui avance d’autres chiffres, fait un diagnostic des ressources en eau qu’il qualifie de «variables et réparties de manière inégalable». En contrepartie, il compare cette répartition à l’augmentation de la population marocaine. «Toutes les pluies qui alimentent les rivières et nappes phréatiques génèrent, en moyenne, un volume de 22 milliards de m3 par an contre 2.500 m3 auparavant», ajoute-t-il en comparant toujours ces chiffres à ceux de la population.
Parallèlement, il met en avant les différentes visions royales consacrées aux barrages qui sont, tel qu’il le détaille, «passés de 12 à 145 aujourd’hui». «D’autres barrages sont programmés à l’avenir», avance-t-il. Le DG ressort également «le taux d’accès de la population à l’eau qui est passé de 20 à 95%». «Le rural n’était qu’à 14%», précise-t-il en tenant à mettre en avant les efforts déployés pour cette alimentation.

Les compétences à mobiliser

Egalement de la partie, Rémi Bourgarel, fondateur et président de la société «Services for environment», estime que des compétences sont à mobiliser, notamment dans les secteurs «agricole et industriel ainsi qu’au niveau domestique». L’objectif ultime, à son sens, étant de «faire face à l’explosion de la demande». Aussi, les budgets consacrés à l’eau devraient, tel qu’il le poursuit, atteindre «des proportions colossales par rapport à celles d’aujourd’hui». De son côté, le président du think tank (Re)Sources, Patrice Fonlladosa, fixe les besoins au niveau du «financement». Quant à la demande, elle est, tel qu’il l’explicite, de plus en plus croissante de par «l’augmentation de la population à desservir». Le tout en revenant à la question de financement dont le besoin est, tel qu’il le précise, fixé par les Nations Unies et les observateurs à «100 milliards de dollars par an» pour répondre à cette demande. En Afrique, ces besoins sont de 25 milliards de dollars. Et ce n’est pas tout !

Des solutions à chercher en tarification juste

A propos des solutions, M. Fonlladosa, qui explique que l’eau ne peut être financiarisée mais son service l’est, met notamment l’accent sur «la politique tarifaire». Pour le président qui se soucie également de la régulation et l’harmonisation, du PPP ainsi que du cadre contractuel, cette politique doit être «acceptable au niveau sociétal». Concernant les eaux non conventionnelles, issues du dessalement par exemple, l’experte en gestion des risques d’inondation et planification des ressources en eau chez Novec, Rajaa Elkasbi, indique que «le coût du transport s’ajoute». Elle énumère également des «contraintes techniques, de régulation et le coût de mobilisation». «Les lois sont en cours d’établissement mais ne sont pas encore sorties», ajoute-t-elle. De plus, elle relève «un manque d’adhésion» chez certaines catégories socioprofessionnelles comme les agriculteurs pour cette eau. «Pour la collecte des eaux usées, il y a un besoin en incitations financières et réglementaires. Un gros travail est à faire sur l’amélioration des systèmes d’alimentation», étaie-t-elle.

La réutilisation en stratégie et techniques à adopter

Cependant, cette réutilisation n’est qu’une «alternative» aux yeux de M. Bourgarel qui s’exprime également sur les pertes. Dans ce sens, il estime que 20% à 40% de la production n’atteint pas leur destinataire. «Il existe des techniques pour diminuer les pertes et optimiser la consommation qui est aussi une question d’éducation. Il faut avoir conscience que l’utilisation des eaux non conventionnelles a des limites», avance-t-il en insistant sur la réutilisation à placer en stratégie. L’objectif étant de «maîtriser les coûts». Sur l’usage de ces eaux, il indique que c’est «un sujet de sensibilisation». Une démarche partagée unanimement par l’ensemble des orateurs.

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