Marie Alexandra Veilleux-Laborie : «Les entreprises souhaitent se préparer le plus rapidement possible à la crise»

Marie Alexandra Veilleux-Laborie : «Les entreprises souhaitent se préparer le plus rapidement possible à la crise»

Entretien avec Marie Alexandra Veilleux-Laborie, directrice en charge du Maroc à la BERD

Comptant le Maroc parmi ses pays d’opération, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) est aujourd’hui plus engagée à soutenir le secteur privé national en ce contexte particulier. L’institution financière est mobilisée en grande échelle en vue d’apporter le soutien nécessaire à ses partenaires dans les différents pays où elle opère. Dans cet entretien, la directrice du bureau Maroc partage avec ALM la vision de la BERD face à cette crise sanitaire à lourdes répercussions économiques.

ALM: La situation pandémique actuelle, marquée par la propagation du Covid-19,  aura de lourdes répercussions sur l’économie nationale. Quel appui apporte la BERD au Royaume en ces circonstances?

Marie Alexandra Veilleux-Laborie : Je souhaite exprimer que la BERD reste encore plus engagée au Maroc. Nous comprenons la situation et nous la surveillons. Nous sommes très proches de nos clients et des autorités pour apporter tout le soutien nécessaire surtout que cette crise durerait un certain temps. Certes, il est question d’une crise sanitaire mais, également, d’une crise économique et financière qui s’ensuit. D’ailleurs, on le voit sur les marchés mondiaux Nous sommes aujourd’hui encore plus mobilisés pour y faire face, tous ensemble.

Le conseil d’administration de la BERD a approuvé vendredi dernier la constitution d’un fonds d’urgence pour faire face au Covid-19. Comment sera déployé ce fonds?

C’est un fonds de résilience et de solidarité de 1 milliard d’euros dédié pour le moment à nos clients existants. C’est une première phase pour la BERD afin de soutenir ses pays d’opération en cette crise sanitaire. Il s’agit essentiellement de lignes de liquidité «court terme», de besoin en fonds de roulement, de soutien aux échanges commerciaux  «trade finance» ou, également,  de la restructuration de dettes existantes parmi nos clients. Je tiens à préciser qu’aujourd’hui ce contrat-cadre d’un milliard d’euros est uniquement consacré au secteur privé. L’objectif étant de soutenir nos clients ayant des fondamentaux business et financiers et qui sont impactés par la crise actuelle. Nous pouvons intervenir soit de manière directe ou indirecte comme nous le faisons souvent via nos partenaires bancaires et  institutions de microfinance.

Avez-vous procédé à une répartition budgétaire pour les pays d’opération? Et quelle part sera réservée au Maroc ?

Nous ne faisons jamais de répartition budgétaire par pays puisque  cela dépend de la demande. L’objectif de la BERD est de répondre à la demande locale. Au Maroc nous sommes aujourd’hui en contact très étroit avec nos clients que celà soit les partenaires bancaires, les institutions de microfinance ou entreprises privées. Nous sommes en train de voir avec eux comment se préparer au mieux à la crise économique qui va suivre à côté de la crise sanitaire actuelle.

Quelles sont les principales conclusions que vous avez tirées de ces échanges?

Comme vous avez pu constater, la semaine dernière a été très chargée notamment avec les différentes mesures prises par le gouvernement. Je pense qu’aujourd’hui il est un peu tôt pour se prononcer mais il faut dire que les entreprises souhaitent se préparer au mieux et le plus rapidement possible pour faire face aux conséquences économiques et financières de cette crise sanitaire. Nos clients sont très focalisés sur leurs ressources humaines et sur le déploiement de moyens et procédures pour protéger leur capital humain et permettre à  l’entreprise  de faire face à cette conjoncture. Ce sont les deux conclusions préliminaires que nous avons pu relever à ce stade.

Avez-vous pensé à des pistes de sortie de crise pour les entreprises marocaines notamment celles dirigées par des femmes?

Pour l’entrepreneuriat féminin, nous avons le programme «Women in business» que nous menons en partenariat avec deux groupes bancaires de la place  et également tout un programme d’accompagnement de femmes chefs d’entreprises que cela soit en termes de coaching, de mentoring et de training. Dans le cadre de ce contrat-cadre de 1 milliard d’euros nous allons proposer d’augmenter les garanties bancaires auprès de nos banques pour qu’elles continuent de prêter à ce type d’entreprises. Aujourd’hui nous sommes vraiment au début de notre réponse. Dans les prochaines semaines de nouvelles choses vont être dévoilées.

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