L’hydrogène vert a un avenir prometteur porté par l’urgence climatique et la transition vers des énergies propres.
Émergence : Le Maroc a entamé il y a plus d’une décennie un processus remarquable en matière de transition énergétique, un choix stratégique et pionnier qui a érigé les énergies renouvelables en un véritable levier de développement socio-économique et territorial. Dans ce sens, Marrakech a abrité les 1er et 2 octobre dernier la 5ème édition du World Power to X Summit sous l’organisation de l’Iresen. Une rencontre qui a été axée sur l’hydrogène vert et les énergies durables en tant que puissants leviers pour assurer la transition énergétique.
L’approche anticipatrice du Maroc, initiée sous le leadership de SM le Roi Mohammed VI et portée par l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), s’appuie sur une stratégie nationale ambitieuse combinant vision de long terme et projets structurants aux retombées socio-économiques tangibles. Dans cette perspective, l’hydrogène vert a un avenir prometteur porté par l’urgence climatique et la transition vers des énergies propres. Désormais considéré comme un vecteur clé de la décarbonation, l’hydrogène vert s’impose comme une alternative durable, ouvrant la voie à des opportunités économiques de plus en plus importantes. Ce qui fait que plusieurs pays élaborent des stratégies ambitieuses, investissant massivement pour tirer parti de l’émergence attendue de l’hydrogène vert. Et donc, à l’heure où l’hydrogène vert devient un enjeu industriel de premier plan, le Royaume se prépare à occuper une place centrale dans la carte énergétique de demain, entend jouer un rôle de premier plan et vise à devenir un hub régional incontournable. On peut même dire que le Royaume s’impose déjà comme un pôle attractif pour les investissements étrangers dans le secteur de l’hydrogène vert et de ses dérivés. Lors de la 5ème édition du World Power to X Summit, la ministre de la transition énergétique et du développement durable a parlé de la conviction renforcée du Maroc à aller de l’avant pour accélérer la transition énergétique qui constitue avant tout une transformation du modèle économique et social marocain, en vue de créer davantage d’emplois, de favoriser le développement local, la justice sociale, et ce, de manière plus durable. Trois leviers essentiels ont été soulevés lors de cette rencontre. Le premier consiste à développer une infrastructure gazière durable, en tant que levier fondamental de cette transition énergétique et industrielle génératrice d’emplois. Le deuxième point se focalise sur la nécessité de créer un pôle d’excellence en recherche, développement et en qualification du capital humain dans le secteur des nouvelles énergies. Le troisième levier consiste à positionner le Royaume comme un corridor unique pour le commerce des minéraux et des molécules vertes, composants essentiels de la transition énergétique.
Le Maroc, un point d’entrée stratégique pour les investissements
Ceci étant, on ne peut pas parler sérieusement d’hydrogène, selon la tutelle, si l’on n’est pas crédible en matière d’infrastructure gazière. Car l’infrastructure de gaz naturel est considérée comme une condition préalable essentielle au développement de l’hydrogène. La ministre a annoncé dans ce sens le lancement d’un appel d’offres (RFP) pour une unité flottante de regazéification (FSRU) au port de Nador West Med, ainsi que pour le développement de gazoducs reliant l’offre et la demande, d’ici la fin de l’année. Il s’est avéré qu’un processus d’appel à manifestations d’intérêt (EoI) a été lancé avec 50 réponses provenant de profils et de zones géographiques variés (…), et l’objectif est de capitaliser sur cette dynamique positive. A cet égard, il ne faut pas oublier le partenariat énergétique stratégique entre le Maroc et les Émirats Arabes Unis, signé entre les deux chefs d’État en 2023 et concrétisé par un accord le 19 mai 2025, qui prévoit l’extension d’une centrale électrique au gaz doublant la consommation de gaz naturel pour l’électricité, au-delà de 2 milliards de mètres cubes par an.
Il a également été question des efforts pour la phase 1 du projet de gazoduc Afrique Atlantique. En plus, la circulaire du 11 mars 2024 a, comme l’a précisé la ministre, marqué une étape majeure dans le développement de l’hydrogène vert. Elle a permis d’offrir aux investisseurs nationaux et internationaux une visibilité claire et progressive, en définissant « les étapes opérationnelles de mise en œuvre de «l’Offre Maroc» et en précisant les ressources mobilisées par l’État pour assurer le succès de cette initiative», rappelle la ministre. Mettant en exergue les infrastructures du pays, comme Tanger Med, Nador West Med et Dakhla Atlantique, ses lignes de train à grande vitesse et son réseau routier, la responsable marocaine confirme qu’avec l’accélération de la transition énergétique, dans les énergies renouvelables et les carburants verts, le Maroc pourrait aussi jouer un rôle de pays hôte («clearing house») en matière de recherche et développement, au cœur des tensions technologiques entre les États-Unis et la Chine. Elle a rappelé qu’un acronyme a été créé pour le Maroc en tant que corridor OTC. Ainsi, Origination indique que le Maroc sera producteur et exportateur d’électrons et de molécules bas carbone compétitifs et développera une capacité renforcée d’exportation de produits finis durables et compétitifs (engrais, équipements automobiles ou aéronautiques, etc.).
Transit signifie que le Royaume propose de se positionner comme zone de transit pour des produits manufacturés ou énergétiques réexportés entre les trois zones (Afrique, Europe, Moyen-Orient) dans une logique gagnant-gagnant (par exemple, le gaz mauritanien ou l’acier vert).
Certification désigne l’engagement du Royaume en faveur du développement durable. Elle implique que les produits marocains ou ceux transitant par le Maroc bénéficieront d’une garantie de durabilité, notamment en matière de respect des normes sociales et des droits humains, par exemple dans les activités minières.
Offre Maroc
Tournant décisif. Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a reçu, jeudi à Rabat, les représentants des nouveaux investisseurs nationaux et étrangers, dont les projets ont été sélectionnés par le comité de pilotage dans le cadre de « l’Offre Maroc » en matière d’hydrogène vert, et avec lesquels il a été procédé à la signature des contrats préliminaires de réservation foncière.
Au début de cette rencontre, le Chef du gouvernement a salué les efforts entrepris en vue de traiter les nombreux projets portés par les investisseurs et leaders mondiaux dans le domaine de l’hydrogène vert, réitérant l’attachement du gouvernement à la mise en œuvre optimale de « l’Offre Maroc » qui constitue un cadre pratique et motivant englobant l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur de l’hydrogène vert au Maroc. M. Akhannouch a souligné que le pari du Royaume du Maroc, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, de développer le secteur de l’hydrogène vert, constitue aujourd’hui un tournant décisif pour la concrétisation de la souveraineté énergétique, eu égard à ses ressources naturelles riches et diversifiées, à la qualité des compétences nationales, ainsi qu’à la capacité du Maroc de construire des partenariats équilibrés et efficients.









