MEDaysTalks : Quels enseignements tirer de la pandémie

MEDaysTalks : Quels enseignements tirer de la pandémie

Selon Eric Besson, la Covid-19 oblige tous les pays à repenser leurs politiques économiques et commerciales

La pandémie de Covid-19 a montré que les Etats devront augmenter la part du PIB consacrée à la santé, renforcer la préparation de leurs systèmes sanitaires à tout scénario de crise et avoir tous les moyens humains financiers et matériels nécessaires pour y faire face. C’est ce qu’a indiqué Eric Besson, ancien ministre français, lors de la séance inaugurale des MEDaysTalks organisée en ligne, mardi 10 novembre, sous le thème «Témoignages : Quelles leçons retenir de cette pandémie et comment être mieux préparés à la prochaine». «Peu de pays parmi les plus développés se sont révélés capables de faire face aux besoins en réanimation que cause une pathologie respiratoire de cette ampleur», a-t-il affirmé.

M. Besson a appelé les Etats à placer la santé au haut niveau de leurs priorités et chercher conseil auprès des experts scientifiques pour la modernisation de leur politique de prévention et l’évaluation de la situation en période de crise. «Le coronavirus nous oblige à repenser nos politiques économiques et commerciales», a-t-il dit, tout en appelant à revaloriser le statut social et la rémunération d’un certain nombre de métiers en première ligne, «qui sont indispensables en temps normal et qui le deviennent encore plus en période de crise, en l’occurrence les agriculteurs, les personnels hospitaliers, les éboueurs,…».
Les participants à ces MEDaysTalk sont convenus que malgré les inquiétudes affichées par tout le monde (y compris l’Organisation mondiale de la santé) pour l’Afrique au début de la Covid-19, les pays africains demeurent plus épargnés que ceux d’Europe, et ce en termes de cas de contamination et de décès des personnes atteintes de la pandémie. «Tout le monde a prédit que l’Afrique pourrait connaître une situation sanitaire désastreuse avec une surmortalité liée à la pandémie, mais elle a pu s’en sortir avec moins de cas d’infections et de décès que prévu», a affirmé Etienne Giros, président délégué du conseil des investisseurs français en Afrique.

Cette faible contamination en Afrique s’explique, selon l’intervenant, par une population jeune (dont 50% au-dessus de 20 ans) que les autres et que la plupart des pouvoirs publics africains ont réagi vite face à la pandémie à travers la fermeture de leurs frontières, l’instauration des couvre-feux ainsi que le maintien de certaines activités informelles, dont dépend le grand nombre des habitants. M. Giros a tenu, d’un autre côté, à préciser que l’économie africaine a été plus affectée en général par la baisse des prix des matières premières et celle des transferts d’argent de la diaspora vers leurs pays d’origine. «On s’attend à une récession de moins de 2 à moins 5%, mais cela peut conduire à des pertes d’une vingtaine de millions d’emplois et un basculement d’une quarantaine de millions d’Africains dans la pauvreté», a-t-il dit, tout en appelant les institutions financières et les organisations internationales à accorder plus d’aide aux économies africaines les plus touchées pour leur éviter l’aggravation de l’insécurité alimentaire et la rupture de liquidité à cause de l’arrêt depuis le début de la pandémie de certains secteurs clés tels que le tourisme, l’hôtellerie et la restauration, ainsi que le transport aérien.

Initiés par l’institut Amadeus, les travaux des MEDaysTalks se poursuivent jusqu’au 17 novembre sous le thème «Dans le sillage de la Covid-19: Ripostes, Reprise et Disruption». Et à l’instar du Forum MEDays, cet événement virtuel, qui se distingue par la participation de personnalités internationales de renom, donne la part belle aux sujets d’actualité et en rapport avec le continent africain. Les participants traiteront également des grandes problématiques géopolitiques et économiques de la communauté internationale ainsi que du monde arabe entre autres.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *