Economie

Mezouar invite le FMI à reconsidérer son approche

Toujours d’actualité, la flambée des prix, ses retombées aussi, ont préoccupé les participants aux réunions du printemps de la Banque mondiale et du FMI, qui se sont déroulées à Washington en fin de semaine dernière.
Le Maroc, pour sa part, représenté principalement par Salaheddine Mezouar, ministre de l’Economie et des Finances, a insisté sur le fait que l’appréciation des retombées de la flambée des prix des matières premières ne saurait être faite sous un angle global. En ce sens, que l’impact de cette hausse des cours, sur les différents pays, n’est pas le même. Selon M. Mezouar, cette flambée, qui revêt désormais un caractère structurel, n’est que la traduction flagrante d’une absence de régulation sur les marchés mondiaux.
Le ministre de l’Economie et des Finances a donc fait remarquer que cette conjoncture influence les pays riches sur leur pouvoir d’achat, et remet en cause les modèles de consommation adoptés.
S’agissant des pays à revenu intérmédiaire, les retombées de la flambée des cours se font ressentir sur les balances commerciales et les finances publiques, alors que pour les pays les plus pauvres, la priorité devient celle de survivre et de maintenir la stabilité pour éviter qu’elle ne se soulève contre le renchérissement de la vie.
Pour le cas du Maroc, M. Mezouar a indiqué, lors de la rencontre du groupe consulaire africain avec le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, que les subventions accordées par le FMI sur les prix, constituent à peu près 4% du PIB marocain, et que la montée en flèche des cours s’est répercutée de manière considérable sur les déficits, tant budgétaire que commercial.
Il a, par ailleurs, évoqué l’imminente refonte de la Caisse de compensation, soulignant que «le Maroc est en train d’identifier les mesures les plus appropriées en vue de rationaliser le système des subventions à travers un meilleur ciblage des populations bénéficiaires».
Sur le point des systèmes de subventions, précisément, Salaheddine Mezouar a indiqué qu’à moyen terme, la restructuration de ces systèmes deviendra nécessaire, parallèlement à des actions de fond sur les structures de production, notamment celles liées au secteur agricole.
Ainsi, la priorité, selon M. Mezouar, devra être donnée aux plus nécessiteux, soit les pays et les populations les plus défavorisés.
Le meilleur pour la fin. La préscription principale de M. Mezouar a été celle d’appeler le Fonds monétaire international à revoir les contours de son approche, notamment pour ce qui est des critères retenus pour l’appréciation des indicateurs des pays.

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