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La capacité installée en énergies renouvelables a atteint 5.439 MW, en hausse de 18% sur un an, représentant près de 45% de la capacité électrique nationale.
L’Agence nationale de régulation de l’électricité (ANRE) a publié son rapport annuel 2024, mettant en lumière les avancées significatives réalisées par le Maroc dans le secteur énergétique durant ces dernières années. Cette transformation repose sur le déploiement de projets structurants, l’adoption de politiques publiques ambitieuses et la mise en place d’un cadre juridique renforcé. Le rapport souligne notamment l’apport de la loi n°40-19, modifiant la loi n°13-09 relative à la production d’électricité à partir de sources d’énergies renouvelables, ainsi que par la loi n°82-21 portant sur l’autoproduction d’énergie électrique. Sur le volet institutionnel, l’année 2024 a été marquée par le déploiement de quatre Sociétés régionales multiservices (SRM) dans les régions de Casablanca-Settat, Souss-Massa, Marrakech-Safi et l’Oriental. Les huit autres régions du Royaume ont, quant à elles, engagé leur transition vers ce nouveau modèle de gestion à partir de 2025.
La transition énergétique franchit un nouveau cap
À fin 2024, la capacité totale installée du parc national de production d’électricité s’est établie à 12.017 MW, en hausse de 5,2% par rapport à 2023. Selon le rapport de l’ANRE, cette progression est le résultat de deux dynamiques, à savoir la mise en service de nouveaux projets d’énergies renouvelables totalisant 817,3 MW, et le déclassement de la centrale thermique au fioul vapeur de Kénitra (225 MW). Parmi les nouvelles installations figurent deux projets éoliens majeurs, à savoir le parc de Jbel Lahdid (270 MW), développé dans la région d’Essaouira dans le cadre d’un contrat IPP avec l’ONEE, et le projet de repowering de Koudia Al Baida (100 MW), situé dans la région de Tétouan, porté dans le cadre d’un partenariat IPP avec Masen. Le solaire n’est pas en reste avec la mise en service d’une centrale photovoltaïque de 30 MW raccordée au réseau moyenne tension d’Amendis Tanger dans le cadre de la loi 13-09, ainsi que d’une centrale en autoproduction de 67,3 MW développée par OCP à Benguerir. À cela s’ajoute l’entrée en exploitation, en octobre 2024, de la Station de transfert d’énergie par pompage (STEP) Abdelmoumen, d’une puissance installée de 350 MW, dans la région de Taroudant.
Cette dynamique confirme les efforts soutenus du Royaume en faveur d’une intégration accrue des énergies renouvelables. À fin 2024, celles-ci représentent 45% de la capacité installée du mix électrique national, contre des niveaux nettement inférieurs avant le lancement de la stratégie énergétique nationale en 2009. L’éolien et le solaire ont particulièrement contribué à cette évolution, permettant une réduction progressive de la dépendance aux énergies fossiles. Dans cette perspective, le Maroc vise une part de plus de 52% d’énergies renouvelables à l’horizon 2030. « Cet objectif sera très probablement dépassé grâce à la dynamique en cours », souligne le même rapport.
Electricité : Une progression de 3% de la production nationale en 2024
La production nationale d’électricité repose, comme l’explique le même document, sur plusieurs segments, à savoir les centrales de l’ONEE, les producteurs privés IPP opérant dans le cadre de contrats PPA avec l’Office, les projets développés avec Masen, les opérateurs du marché libre régis par la loi 13-09, ainsi que l’autoproduction. En 2024, la production nationale a atteint 43.713 GWh, en progression de 3% par rapport à 2023, une hausse principalement tirée par l’éolien. Le mix de production demeure toutefois dominé par le charbon, qui constitue 60% de la production nationale, malgré une baisse de 4 points sur un an. L’énergie éolienne se positionne désormais comme la deuxième source avec 21% de contribution, devant le gaz naturel (10%).
Le même rapport révèle que les énergies renouvelables ont assuré 27% de la production électrique totale, en croissance de 27% sur un an. Cette performance a été réalisée malgré un recul de la production hydraulique (-9%) et une baisse de la production solaire (-25%), liée à l’indisponibilité du complexe solaire Noor Ouarzazate III. La mise en service de la STEP Abdelmoumen a constitué une étape stratégique pour le système électrique national. Lors de sa première phase d’exploitation, cette infrastructure a permis de produire environ 135 GWh par turbinage. « Au-delà de l’accroissement de la puissance disponible, cette station contribuera à la satisfaction de la demande nationale durant les heures de pointe et offrira de la flexibilité au système électrique pour une meilleure intégration des énergies renouvelables », argumente la même source.
La demande en électricité augmente de 4%
En 2024, l’énergie nette appelée s’est élevée à 45,71 TWh, en hausse d’environ 4% par rapport à 2023. « Cette augmentation s’explique principalement par la dynamique de l’activité industrielle et économique que connaît notre pays dans un contexte national marqué par une accélération du rythme de croissance dans de nombreux secteurs. La demande nationale en électricité a été satisfaite à un peu plus de 95,5% par la production électrique nationale », souligne le même rapport. Sur le long terme, la demande électrique nationale affiche une trajectoire nettement haussière, particulièrement depuis 2020, sous l’effet de l’implantation de projets industriels structurants, de l’électrification accrue des usages et de la reprise économique post-pandémie. Selon la même source, cette tendance devrait se poursuivre dans les prochaines années, portée par les gigafactories, les unités de dessalement, les projets liés à l’hydrogène vert, ainsi que les grands chantiers d’infrastructure engagés en préparation des événements sportifs internationaux. Par ailleurs, avec le déploiement progressif des quatre SRM en 2024, les distributeurs représentent près de 45% des ventes directes de l’ONEE. Les clients grands comptes en THT-HT (CGC : Clients Grands Comptes) comptent pour 12% des volumes. Pour ce qui est des échanges via l’interconnexion avec l’Espagne, ils se sont élevés à 2.539 GWh en 2024, soit 5,5% de la demande nationale.
Énergies renouvelables : L’éolien en tête
En 2024, la capacité installée en énergies renouvelables a atteint 5 439 MW, en hausse de 18% sur un an, représentant près de 45% de la capacité électrique nationale. La production renouvelable a culminé à 11.666 GWh, soit 27% de la production totale. L’éolien constitue le pilier du mix renouvelable. Sa capacité installée s’élève à 2.390 MW, soit 44% des capacités renouvelables et 20% de la capacité totale nationale. Il en ressort également que la production éolienne a atteint 9.363 GWh, représentant 21% de la production nationale et 80% de la production renouvelable, principalement assurée par les opérateurs IPP sous contrats PPA avec l’ONEE.
Le solaire affiche pour sa part une capacité installée de 928 MW (17% des renouvelables). Malgré l’entrée en service de nouvelles centrales, la production solaire a reculé à 1.617 GWh, pénalisée par l’indisponibilité de Noor III. Masen concentre près de 86% de cette production. Pour ce qui est de l’hydraulique, bien que représentant 39% de la capacité renouvelable installée, il continue de subir les effets du stress hydrique. La production hydraulique ne représente plus que 6% de la production renouvelable et 2% de la production nationale, confirmant la vulnérabilité de cette filière face aux sécheresses récurrentes.









