Modèle de développement : 180 actions prônées par le CESE

Modèle de développement : 180 actions prônées par le CESE

Le Conseil a identifié neuf grands choix après des dizaines d’auditions

La contribution du CESE s’inscrit dans la dynamique suscitée par le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI appelant à repenser le modèle de développement.

Le Conseil économique, social, et environnemental (CESE) livre sa copie. En effet, le Conseil présidé par Ahmed Reda Chami vient de rendre publique sa contribution concernant le nouveau modèle de développement. «Fruit d’un large processus de concertation et établi selon une démarche participative (58 acteurs et parties auditionnés et plus de 5.800 citoyens interrogés), la contribution du Conseil économique, social et environnemental s’inscrit dans la dynamique suscitée par le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI appelant à repenser le modèle de développement pour le mettre en phase avec les évolutions que connaît notre pays», apprend-on auprès du CESE.

«Durant les deux dernières décennies, le Maroc a réalisé des avancées importantes dans la consolidation démocratique, la réconciliation avec le passé, le développement économique, le bien-être pour les citoyens et l’édification d’infrastructures modernes. Cependant, des insuffisances importantes ont été relevées en matière de croissance, d’inclusion, de solidarité, d’égalité des chances et de durabilité. Elles ont eu pour conséquence l’accentuation de la polarisation de la société et l’érosion de la confiance des citoyens envers le gouvernement, l’administration et les corps intermédiaires», ajoute la même source. Pour dépasser cette situation et remédier à ces faiblesses, les membres du Conseil proposent d’adopter de nouvelles inflexions à travers neuf grands choix à même de former le nouveau modèle de développement et permettre d’atteindre l’ambition collective selon une approche méthodique et participative.

Concrètement, le choix 1 porte sur un système d’éducation et de formation national, centré sur l’apprenant, basé sur la «capacitation», la responsabilisation et la motivation des acteurs, dans l’objectif de former un citoyen acteur du progrès économique et social. Le choix 2, selon le Conseil, se base sur une nouvelle génération de services publics performants et accessibles basés sur la responsabilisation des acteurs et tirant complètement parti de l’opportunité de la transformation digitale.

Le choix 3 est relatif à un environnement garantissant une concurrence saine et régulant les avantages, la rente de situation et les privilèges pour favoriser l’investissement productif efficient et la réduction des inégalités alors que le choix 4 porte sur une transformation structurelle de l’économie, inclusive de l’informel, portée par l’entrepreneuriat et l’innovation et visant l’émergence industrielle. Le CESE veut à travers le choix 5 aller vers des femmes autonomes, actrices de développement et exerçant leurs droits pour une pleine participation à la vie économique, sociale, politique et culturelle alors que le choix 6 veut un monde rural intégré, valorisé, attractif et connecté.

S’agissant des trois derniers choix, ils sont relatifs respectivement à une solidarité organisée visant la réduction des inégalités sociales et territoriales, apportant une protection sociale universelle et financée par une juste contribution des citoyens; un capital naturel protégé, valorisé de manière soutenable pour favoriser la croissance durable; et enfin un Etat de droit, garant de l’intérêt général, menant une action publique territorialisée basée sur la cohérence, la transparence, l’efficacité et l’évaluation systématique.

«En vue de concrétiser ces grands choix, le Conseil propose plus de 180 actions dont la mise en œuvre pourrait se faire de manière accélérée sur les 5 prochaines années en assurant les réallocations budgétaires nécessaires, et surtout en suscitant une forte mobilisation qui permettra de dépasser les résistances au changement», concluent les responsables du CESE.

Un choc entrepreneurial pour 50 MMDH

La réussite du choc entrepreneurial au Maroc nécessite un accompagnement de 50 milliards de dirhams, répartis entre contribution du budget et garanties publiques aux prêts bancaires, selon le Conseil économique, social et environnemental (CESE). «Pour réussir le choc entrepreneurial, il faudrait se donner les moyens d’atteindre rapidement près de 10 MMDH par an à engager par le budget et près de 40 MMDH sous forme de garanties publiques aux prêts bancaires», indique le CESE dans son rapport sur le nouveau modèle de développement du Maroc.

Cet accompagnement devra être destiné à tous les secteurs pour qu’ils soient en mesure de saisir l’ensemble des opportunités de création de valeur, que celles-ci soient latentes ou à créer via l’innovation, souligne le Conseil. Il est aussi judicieux d’accompagner toutes les étapes du cycle de vie de l’entreprise tant en période de création, de croissance (TPE à PME, PME à ETI), que de transmission ou de redressement, recommande-t-il, estimant que la clef pour la réussite opérationnelle sera la constitution d’un réseau de partenaires (incubateurs, investisseurs, accélérateurs…) qui vont permettre d’identifier et d’accompagner les entreprises.

Le CESE veut 30.000 PME en 5 ans

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a recommandé, dans son rapport sur le nouveau modèle de développement, rendu public jeudi, le lancement d’un programme intensif visant à faire émerger 30.000 petites et moyennes entreprises (PME) sur une durée de 5 ans. Cet objectif pourrait être atteint soit par la création directe, soit par l’accompagnement des Très petites entreprises (TPE) à potentiel de croissance via plusieurs mesures.

Il est ainsi question de mettre en place un fonds dédié au soutien en fonds propres des entrepreneurs (prêts d’honneur), d’instaurer des garanties publiques pour les prêts bancaires, de mobiliser des fonds public-privé de capital-risque dédiés aux premières phases du cycle de vie des entreprises et de créer un environnement adapté d’incubateurs et d’accélérateurs susceptibles d’accompagner les entrepreneurs.

Le conseil a préconisé aussi de mettre en œuvre un programme massif de créations de 10.000 TPE par an (soit une centaine par province en moyenne) via un soutien direct aux porteurs, des prêts bancaires garantis et un accompagnement à travers le tissu associatif, appelant à soutenir davantage les acteurs de l’économie sociale et solidaire en mettant en place un fonds dédié à la capacitation des acteurs (coopératives, mutuelles et associations) et au financement de projets.

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