Moody’s revoit sa note pour le Maroc : La perspective passe de stable à négative

Moody’s revoit sa note pour le Maroc : La perspective passe de stable à négative

La perspective de la notation des émetteurs du gouvernement marocain établie par Moody’s a été révisée.

Elle est ainsi passée de stable à négative, tout en confirmant la notation Ba1 des émetteurs marocains et des obligations non garanties. «L’affirmation de la notation Ba1 prend en compte l’accessibilité continue de l’encours de la dette, soutenue par l’accès à des sources de financement intérieures et extérieures à des conditions favorables affin de répondre à des besoins d’emprunts bruts plus élevés», relève-t-on de Moody’s. Autres facteurs cités par l’Agence, on note également la baisse des prix de l’énergie et le solide coussin de réserve de change. Toutefois, la dégradation de la perspective reflète selon Moody’s «l’impact à moyen terme de la pandémie sur la solidité budgétaire du Maroc, en particulier à la lumière de la reprise économique médiocre attendue compte tenu de l’exposition concentrée de l’économie aux secteurs et aux partenaires commerciaux durement touchés par la pandémie».

Par ailleurs, l’impact sur la dette publique reste jusqu’à présent conforme à celui des autres marchés émergents. «Parallèlement à l’exposition du gouvernement aux passifs conditionnels des dettes des entreprises publiques et une augmentation des garanties de crédit dans le cadre de la riposte à la pandémie, cela soulève des inquiétudes quant à la capacité du gouvernement à arrêter, et finalement à inverser, l’érosion de la solidité budgétaire», commente Moody’s à cet effet. Et de préciser que «les plafonds par pays du Maroc restent inchangés». Se référant aux données formulées par l’Agence de notation, le plafond de la monnaie locale reste à Baa1. Une notation qui reflète la forte empreinte du secteur public et un risque de vulnérabilité externe réduit.

Le plafond des devises étrangères ressort pour sa part à Baa2, reflétant ainsi l’existence de contrôles des capitaux, cohérents avec le système de taux de change indexé. S’agissant de la reprise économique du Maroc, Moody’s estime que l’exposition de l’économie marocaine aux secteurs et aux partenaires commerciaux qui continuent de souffrir des efforts durables de la pandémie risquerait d’impacter la perspective de reprise économique au pays. «L’industrie du tourisme qui représente environ 12% du PIB ainsi que le secteur industriel qui profite de l’intégration dans la chaîne de valeur mondiale des industries automobile et aéronautique et qui représentent une part similaire du PIB, font partie de la croissance clé du Maroc», fait savoir Moody’s qui estime que la reprise des principaux moteurs d’exportation à leur niveau d’avant-crise ne se confirmera qu’au cours des trois prochaines années.

Les appréhensions de Moody’s s’expliquent par le fait que 60% des exportations du Maroc sont dirigées vers la zone euro avec comme principaux partenaires l’Espagne, la France et l’Italie. Ces trois pays font partie des économies européennes les plus durement touchées par la pandémie et pour lesquelles Moody’s anticipe une reprise lente, inégale et fragile.

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