Economie

ODEP : Un emprunt sans encombre

La première sortie de l’ODEP sur le marché de la dette privée a été une réussite. Cette émission d’un emprunt obligataire qui porte sur un montant de 700 millions de dirhams avait un caractère innovant, puisque non assortie de la garantie de l’Etat.
mettre à l’Office d’exploitation des ports de financer 29% du coût du transfert de sa caisse interne de retraite au RCAR. Pour rappel, ce transfert est effectif depuis le 31 décembre 2003.
L’ODEP a autofinancé lui-même 71% du coût global du transfert, estimé à 2,342 milliards de dirhams. Le choix du recours au marché de la dette privée s’explique, selon le directeur général de l’Office, par les conditions attractives que présente le marché de la dette privée. Dans le détail, cette émission a concerné 7 000 titres de valeur nominale respective de 100 000 dirhams, amortissables sur 5 ans, à un taux fixe de 5,20%.
La période de souscription était étalée du 25 au 27 février dernier. Mais, l’opération a été bouclée dès le premier jour, le montant objet de l’émission ayant été souscrite 3,3 fois, soit un total de 2,3 milliards de dirhams. Le coaching de la Banque centrale populaire, Wafa Trust et Wafa Bourse, a été décisif.
L’externalisation de la caisse de retraite de l’ODEP, à l’instar de ce qui s’est fait déjà à l’ONCF, et de ce qui est attendu à la Lydec, est partie suite à une étude actuarielle lancée par l’Office en 1998 et couvrant une période de 50 ans.
Les résultats ont mis en évidence les limites du régime de la caisse interne à long terme pour une grande structure dotée d’un effectif de 4 142 employés. Le ratio actifs sur retraités, a diminué de 0,7% entre 2001 et 2002, s’établissant à 1,33, soit un actif par retraité. D’un autre côté, le taux de couverture, rapport entre les cotisations et les pensions, a diminué de 1,6% sur la période considérée.
L’externalisation était donc indispensable car l’étude à révélé qu’à l’horizon 2047, l’ODEP sera confronté au problème de financement de son régime interne de retraites.
Autant d’arguments qui ont pesé dans la décision de l’ODEP qui entend désormais se recentrer sur ses activités de base.
La mission de l’Office, organisme créé par dahir le 28 décembre 1984, est le traitement, dans les meilleures conditions de délai, de coût et de sécurité, l’ensemble des navires et marchandises transitant par les ports marocains. Mais avec l’évolution du transport maritime, l’ODEP est en pleine mutation.
En effet, un projet de réforme du secteur portuaire est en cours, sous la direction du ministère de l’Equipement et du Transport. Deux entités distinctes devront ainsi prendre le relais: une agence de régulation qui assurera l’autorité portuaire et une société anonyme chargée, dans le cadre de la concurrence, des missions commerciales.
La future agence, à l’image de l’ARNT dans les télécoms, aura pour mission entre autres, la gestion des autorisations pour l’exercice des activités portuaires, du suivi et du contrôle du respect de la réglementation, ainsi que des concessions accordées dans le secteur portuaire.
Pour le moment, le projet de loi est en phase d’examen par les administrations concernées. La date de mise en oeuvre des réformes n’est pas encore connue. Bien que la libéralisation ne soit pas encore effective dans tous les couloirs de l’activité portuaire, l’ODEP partage beaucoup de marchés avec des entreprises concurrentes. Plus de 43% des activités de manipulation du trafic portuaire sont détenus par d’autres intervenants dans le cadre des autorisations octroyées par l’Etat.
La manutention représente 53% des activités de l’ODEP, suivi des péages (35%), du service aux navires (6%) et des ports de pêche (2%). Plus de 44% du chiffre d’affaires de l’ODEP est réalisé dans le port de Casablanca.
La bonne tenue de l’activité et la politique de transparence engagée sont sans doute la cause principale du succès enregistré par cette émission obligataire, dans un marché financier, peu habitué à traiter avec le secteur maritime.

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