Economie

OMC : Ce que veut Rabat

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Le comité national du  commerce et des services a adopté vendredi, soit 24 heures après la nomination du socialiste français Pascal Lamy à la tête de l’OMC, l’offre initiale des engagements du Maroc dans le cadre des négociations du Cycle de Doha. La plate-forme marocaine présentée à la presse par le ministère du Commerce extérieur concerne plusieurs secteurs, notamment la distribution de gros et de détail, le transport maritime, le marché des capitaux, la poste, l’ingénierie, la prospection minière, à l’exclusion du phosphate et de toute activité minière de plomb, zinc et barytine dans la région de Tafilalet et de Figuig.
Du fait des engagements du Maroc vis –à-vis de l’OMC, des restrictions à l’accès au marché national concerneront les services touristiques, de télécommunications, du transport routier, de l’aérien, des services bancaires et de l’assurance. Le ministère concerné précise qu’il ne s’agit nullement pour le Maroc, d’une obligation à démanteler ses services publics, à privatiser ses entreprises nationales ou libéraliser ses services culturels.
Pourtant, ces négociations internationales, qui ont débuté à Doha en novembre 2001, englobent aussi le secteur audiovisuel, les services publics et les subventions l’accompagnant. C’est d’ailleurs l’une des raisons de la réticence de certains pays et surtout des ONG qui s’inquiètent qu’il n’y ait un marchandage entre des services sociaux (l’eau potable par exemple) et les banques (cas suisse).
 Mais comme l’a rappelé Khalid Sayah, directeur des Relations commerciales internationales au ministère du Commerce extérieur, l’offre marocaine n’a pas un caractère définitif, cela en attendant les offres des autres membres.  Signalons que l’une des raisons principales du blocage du Cycle de Doha, censé profiter aux pays en développement et réduire les entraves au commerce mondial,  concerne l’agriculture et en particulier le mode de calcul des droits de douanes. Ce n’est que début mai 2005, soit quatre ans après le premier round tenu dans la capitale du Qatar, que ce dossier a connu une avancée notable. Les grandes puissances économiques ont accepté de convertir en pourcentage, les droits de douanes agricoles, exprimés souvent en euro et en dollars par tonne.
Cette considération très technique permet de négocier les baisses des droits de douanes uniformément en termes de pourcentage. Pour le moment, ce consensus concerne une trentaine de pays, les grandes puissances agricoles (G 10) et les principaux pays importateurs nets de produits agricole comme le Japon et la Suisse. Avant d’être approuvé par l’OMC, le  compromis doit être soumis aux 148 états membres. Concernant la question sensible des subventions, l’Union européenne a accepté de revoir ce système, mais seulement en échange d’une plus grande accessibilité des marchés africains et des pays en voie de développement aux produits industriels et aux services.  L’accord intervenu à ce niveau ouvre la voie aux négociations sur les services et les produits industriels.  D’ici décembre, l’OMC devra trouver un concensus général, à Hong Kong du 13 au 18 décembre 2005. L’enjeu est d’élaborer un projet de rapport final.  Les négociations du cycle de Doha, entamées pour réduire les entraves au commerce mondiale, devaient en principe  être bouclées le 31 décembre 2004.

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