Les études d’ingénierie pour sa nouvelle zone terminale lancées
Infrastructures : L’aéroport Casablanca Mohammed V ambitionne de s’imposer comme un hub moderne, résilient et connecté, à la hauteur des ambitions du Maroc pour les décennies à venir. L’ONDA a une vaste mission d’ingénierie pour superviser la construction d’une nouvelle zone terminale d’une capacité de 20 à 30 millions de passagers par an, étalée sur 600.000 m² en forme de «H». Le projet comprend également une nouvelle piste de 3.700 mètres, une tour de contrôle de 42 mètres, des parkings, des centrales électriques et un système automatisé de traitement des bagages. L’objectif étant de faire de Casablanca un hub aérien de référence à l’échelle africaine.
L’Office national des aéroports (ONDA) a franchi une étape décisive dans le chantier de modernisation de l’aéroport Casablanca Mohammed V. Il vient de lancer une mission d’ingénierie et d’assistance technique destinée à superviser l’un de ses projets d’infrastructure les plus ambitieux, à savoir la construction d’une nouvelle zone terminale pour cet aéroport. «Dans le cadre du projet de construction de la nouvelle zone terminale à l’aéroport Casablanca Mohammed V, l’Office national des aéroports (ONDA) souhaite s’adjoindre l’expertise d’un prestataire chargé de superviser et d’accompagner techniquement, de manière transversale et cohérente, l’ensemble des composantes du projet dans leurs phases d’études, de réalisation des travaux et de réception provisoire des travaux et équipements», indique l’Office. L’estimation des coûts des prestations établies par le maître d’ouvrage atteint 144 millions DH.
Pensée pour renforcer la vocation de Casablanca en tant que véritable hub continental, le futur terminal, dont la silhouette en «H» s’étendra sur 600.000 m², sera conçu pour accueillir jusqu’à 20 millions de passagers par an, avec une capacité extensible à 30 millions. Articulé autour d’un processeur central flanqué de deux jetées, il sera conforme aux standards internationaux les plus exigeants en matière de temps de connexion, de traitement des bagages et d’utilisation des passerelles d’embarquement. Mais le projet va bien au-delà d’un simple bâtiment. C’est une refonte complète de la plateforme aéroportuaire qui se dessine. Une nouvelle piste parallèle de 3 700 mètres viendra renforcer la capacité opérationnelle du site, accompagnée de nouvelles aires de stationnement pour les aéronefs, de parkings véhicules, d’aménagements extérieurs et d’une tour de contrôle culminant à 42 mètres de hauteur.
L’ensemble sera soutenu par une infrastructure technique de pointe dont une nouvelle centrale électrique, les réseaux haute tension, des systèmes de climatisation centralisés, sans oublier l’ensemble des réseaux d’assainissement, d’eau potable et de communication. Pour mener à bien ce chantier d’envergure, l’ONDA a structuré sa démarche autour de plusieurs missions d’expertise complémentaires. La première porte sur la mobilité et l’accessibilité du site. Il s’agira de modéliser les flux de trafic routier aux horizons 2030, 2040 et 2050, en tenant compte de l’évolution du trafic aérien, du développement urbain régional et des grands projets d’infrastructure à venir (LGV, autoroutes, lignes de bus). L’objectif est de garantir des accès fluides pour tous les usagers, qu’il s’agisse de voyageurs, de taxis, de cars ou du personnel aéroportuaire. La conception des infrastructures routières internes constitue un autre volet essentiel, avec une attention particulière portée à la sécurité, à l’éclairage, à la signalisation et à la gestion des eaux de ruissellement.
En parallèle, des missions dédiées encadreront la conception technique de la tour de contrôle et des bâtiments annexes (bâtiments administratifs, locaux techniques, centres de production d’énergie) dont la superficie totale dépassera les 8.000 m². Sur le plan énergétique, l’enjeu est de taille. La mission prévoit de dimensionner l’ensemble des installations électriques en haute et basse tension, d’assurer les systèmes de secours et de redondance, et d’explorer l’intégration d’énergies renouvelables. La continuité d’alimentation en toutes circonstances est un impératif absolu pour un équipement de cette nature. Côté piste, les études porteront sur la conception des taxiways, des aires de trafic et des systèmes de ravitaillement en carburant, dans le strict respect des normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Le balisage lumineux de haute catégorie (indispensable aux opérations par faible visibilité) et les réseaux de fibre optique complèteront le dispositif.
Par ailleurs, une mission spécifique sera consacrée au système de traitement automatisé des bagages, dont la conception devra répondre aux cadences et aux gabarits des aéronefs prévus, tout en s’interfaçant avec l’ensemble des systèmes techniques du terminal. Construit en 1951 comme base aérienne américaine, l’aéroport Mohammed V est remis à l’État marocain en 1963. Une première étape majeure est franchie en 1980 avec l’ouverture d’une nouvelle aérogare. L’année suivante, en 1981, est créé l’Office des Aéroports de Casablanca (OAC), auquel est confiée la gestion de l’aéroport de Casablanca. Entre 1985 et 1987, l’OAC voit son périmètre d’intervention s’élargir à d’autres aéroports du Royaume. En 1990, l’OAC devient l’Office national des aéroports (ONDA), désormais chargé de la gestion de l’ensemble des aéroports marocains. Dès 1991, les services de la navigation aérienne sont rattachés à l’ONDA par décision royale. La modernisation de la plateforme se poursuit avec la construction de la nouvelle zone Arrivées en 1992, puis de la deuxième piste d’envol en 2003. L’année 2004 marque un tournant avec le lancement, par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, des travaux de construction du Terminal 2. Cette même année, l’aéroport se dote d’un système d’atterrissage aux instruments (ILS) de catégorie III afin de limiter les perturbations liées au brouillard, tandis que le Maroc engage la libéralisation du transport aérien. En 2005, le contrôle d’approche radar est mis en service et l’accord Open Sky est paraphé avec l’Union européenne, ouvrant une nouvelle phase de développement du secteur aérien.
Le Terminal 2 est inauguré par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en 2007. Trois ans plus tard, en 2010, le niveau 0 du Terminal 1 est ouvert après d’importants travaux de réaménagement. En 2019, le nouveau Terminal 1 est inauguré par le Souverain, renforçant les capacités d’accueil de l’aéroport. Cette dynamique de modernisation se poursuit avec la mise en service, en 2021, d’un terminal dédié aux vols intérieurs, puis, en 2023, d’une nouvelle zone Arrivées, destinée à améliorer les conditions d’accueil et la fluidité des flux de passagers.










