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Outsourcing : redistribution des cartes dans l’offshoring

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Des groupes et filiales opérant au Maroc changent de main dans un secteur à la croisée des chemins

Conseil client  Le secteur de l’outsourcing au Maroc fait face à des défis persistants, ce qui n’empêche pas la réalisation de plusieurs deals. Eclairages.

Après deux décennies plutôt dynamiques, l’outsoucing au Maroc se trouve à la croisée des chemins. En attendant de connaître les premiers résultats de la conjoncture actuelle marquée par l’arrivée de l’IA (intelligence artificielle) et les changements dans les marchés émetteurs, la redistribution des cartes se poursuit dans le secteur. Dans ce sens, le Conseil de la concurrence a reçu la notification d’un projet de concentration économique concernant la prise du contrôle exclusif par la société « Majorel Africa SA » de la société « Unifitel SA », à travers l’acquisition de 100% de son capital et des droits de vote associés. « Majorel Africa SA » est une société anonyme de droit marocain, au capital de 230.300.000 dirhams, dont le siège à Casablanca.

« Majorel Africa SA » est une entité holding de détention des titres. Elle appartient au groupe Teleperformance, un groupe mondial de services numériques aux entreprises qui propose des services commerciaux dans le but de rationaliser les activités de ses clients. « Unifitel SA » est une société anonyme de droit marocain dont le siège social est situé à Casablanca. « Unifitel SA » est active dans la fourniture de services d’externalisation aux entreprises, comprenant notamment des prestations de gestion de la relation client, de service après-vente, de conseil aux partenaires et de recouvrement dans le domaine des services financiers.

Crédit agricole France, Acte II
Il faut préciser que Unifitel, qui fut créée en 2007, est une filiale du Groupe français Crédit Agricole. Avant cette derrière opération notifiée au Conseil de la concurrence, le groupe avait cédé sa banque au Maroc à Holmarcom. Cette nouvelle cession ressemble donc à un acte II du retrait du groupe du Royaume. Pour rappel, les deux parties avaient signé le 27 avril 2022 un accord portant sur l’acquisition d’une participation majoritaire dans Crédit du Maroc, par le groupe Holmarcom, à travers sa holding, Holmarcom Finance Company (HFC), et sa filiale AtlantaSanad Assurance. La réalisation de cette opération avait eu lieu en deux temps : une tranche de 63,7 % (50,9 % par HFC et 12,8 % par AtlantaSanad) puis une seconde tranche portant sur les 15 % restants, dix-huit mois après la clôture de la transaction. Aujourd’hui, Crédit Agricole cède une autre filiale mais dans le secteur de la relation client cette fois-ci. Ce n’est pas la première fois que le secteur de l’outsourcing connaît de telles annonces.

Il y a quelques mois, le Conseil de la concurrence avait reçu la notification d’une opération de concentration économique qui concerne la prise du contrôle exclusif par la société «Intelcia Holding SARL » des sociétés « Intelcia Group SA », « Intelcia Portugal Inshore SA », « Coriolis Services SAS », « Intelcia Madagascar SA », « Intelcia (Maurice) Ltée », « Metos SUARL », « T3C SUARL » et « Sotem SUARL », à travers l’acquisition de 100 % du capital social et des droits de vote des cibles, détenus par le groupe Altice. « Intelcia Holding SARL » est une holding de détention sans activité opérationnelle, dont le seul objet est de détenir des participations. Les cibles sont des sociétés spécialisées dans l’externalisation (outsourcing) et actives dans le secteur des centres d’appel externalisés. Elles sont présentes dans 16 pays en Afrique (y compris le Maroc), en Europe, en Amérique latine & Caraïbes, aux Etats-Unis et dans l’océan indien.

Nouvelle offre Maroc
Le secteur a été marqué par l’annonce d’une nouvelle offre Maroc pour la création d’emploi et de la valeur ajoutée. Depuis plus de deux décennies, le Royaume a su capitaliser sur ses atouts structurels et développer une expertise reconnue, le plaçant parmi les destinations les plus attractives au monde. Dans un contexte mondial marqué par une forte croissance de la demande en services externalisés et une intensification de la concurrence, la destination Maroc se distingue par sa position géographique privilégiée aux portes de l’Europe et au carrefour des marchés africains, par la richesse de son capital humain multilingue et qualifié, la compétitivité de ses infrastructures technologiques et d’accueil, un climat des affaires en constante amélioration, et une stratégie d’accompagnement agile et alignée sur les standards internationaux. Pour les responsables, l’offshoring représente un gisement important de valeur ajoutée, porteur d’un fort potentiel en matière d’emploi et de diversification de l’économie nationale. Une « Offre Offshoring Maroc » renouvelée et compétitive est ainsi mise en place, articulée autour de trois piliers structurants : le développement d’un vivier de talents adapté aux exigences mondiales du numérique, des infrastructures modernes, dédiées aux métiers de l’offshoring et un cadre incitatif attractif qui s’inscrit dans la durée.

La mise en place de ces mesures incitatives attractives vise à favoriser la création d’emplois stables, durables et décents dans le secteur de l’offshoring, la mise à disposition d’infrastructures d’accueil et de télécommunication de premier ordre, au sein des plateformes intégrées dédiées à l’offshoring (P2I Offshoring), et d’une offre de formation multidimensionnelle, à même de répondre aux besoins en ressources humaines des investisseurs installés et potentiels, tant sur le plan quantitatif que qualitatif, et de prendre en considération le caractère évolutif du secteur et des métiers existants et futurs en pleine mutation, en collaboration avec toutes les parties prenantes. Il faut préciser qu’on entend par offshoring la délocalisation de certaines activités ou process d’entreprises vers le Royaume du Maroc, eu égard à la disponibilité de ressources humaines qualifiées et aux coûts compétitifs. Les activités de l’offshoring relèvent principalement de plusieurs filières, notamment la filière ITO (Information Technology Outsourcing ou externalisation des processus liés aux technologies de l’information).

Stratégie «Digital Morocco 2030

Numérique
La Stratégie nationale « Maroc Digital 2030 » (Digital Morocco 2030) avait été officiellement lancée à Rabat en septembre 2024, dans l’objectif d’impulser une dynamique à l’économie numérique à la faveur de la création de 240.000 emplois directs et la contribution au produit intérieur brut (PIB) en 2030, en plus d’ériger le Royaume en un pays numériquement productif. Cette stratégie se base sur deux axes fondamentaux, à savoir la digitalisation des services publics pour mieux servir les citoyens et les entreprises et la dynamisation de l’économie numérique pour produire des solutions numériques marocaines et créer de la valeur et de l’emploi. Parmi les objectifs de ce plan, hisser le Maroc de la 113ème place mondiale à la 50ème sur le classement EGDI des services publics. Elle vise également à créer 240.000 emplois directs et contribuer de 100 MMDH au PIB national en 2030. Dans ce schéma, la connectivité des usagers devra être améliorée avec l’objectif de couverture en 5G de la population atteignant 70% en 2030 et 25% à l’horizon 2026. Un total de 6.300 structures administratives publiques sera équipé de la fibre optique en 2026, ainsi que 5,6 millions de foyers à l’horizon 2030. A travers cette stratégie, dotée de 11 milliards de dirhams (MMDH) pour la période 2024-2026, le gouvernement vise à former chaque année 100.000 jeunes dans le domaine numérique, contre 14.000 en 2022. Afin d’insuffler une dynamique nouvelle au marché de l’emploi grâce à l’économie numérique, cette stratégie s’appuie sur plusieurs leviers et mécanismes, dont la promotion de l’outsourcing et de l’export digital, le renforcement des startups grâce à un cadre juridique à même de stimuler leur croissance à l’international et d’accompagner leur accès aux marchés publics, en plus de l’adoption de mécanismes de financement appropriés afin de soutenir les porteurs de projets tout au long du cycle de vie de l’entreprise.

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